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Qu'est ce que la Géo-Anthropologie ? Qu'est-ce que l'anthropologie pluraliste ?


Relire Pierre Legendre à propos de la Bureaucratie mondiale en formation

Il serait sans doute difficile de convaincre Pierre Legendre de renoncer à l'anthropologie dogmatique au profit d'une anthropologie pluraliste. Pourtant, cette dernière peut seule proposer de ne pas limiter à la résistance aux traditions, mais d'utiliser la surface de la planète et de ses beautés... pour mondialiser le dialogue entre différentes métaphores sociétales.



Pourquoi la colère de Pierre Legendre se trompe d’objet. (Les intuitions de Pierre Legendre et la théorie de la technobureaucratie)

Pourquoi la colère de Pierre Legendre se trompe d’objet.

(Les intuitions de Pierre Legendre et la théorie de la technobureaucratie)

Le livre de Pierre Legendre intitulé « Jouir du pouvoir » parut en 1976, alors que la guerre froide, ou la dualité « socialisme/libéralisme » avait encore environ 15 ans à vivre.
L’objet de l’ouvrage –la bureaucratie française- est alors à la mode, comme le montrera encore le « Mal Français » d’Alain Peyrefitte, en 1979.

Usant d’un ton hautain, narcissique, défensif, irrité, hargneux et goguenard (tel une sorte de Céline de la philosophie sociale), parfois grandiloquent sinon obscur à la façon des lacanismes de la grande époque, Legendre s’y montre néanmoins assez génial, surtout si l’on cherche à définir la technobureaucratie actuelle (2009, soit trente ans après), à prétention d’emblée mondiale.

Il est génial en ce sens que la plupart des éléments ou ingrédients caractérisant l’essence de la technobureaucratie y sont pointés par lui. Son livre mérite donc plus que jamais discussion. Mais à une condition : il faut résister farouchement au fantasme constamment passéiste de Legendre. Ce fantasme peut être décrit ainsi : face à l’empilement et l’imbrication des références organisationnelles dans l’histoire de la civilisation, on peut soit se positionner pour affirmer qu’on ne peut –ni ne doit, sous peine de débâcle- oublier les strates les plus anciennes, soit édifier la strate présente, soit prévoir comment cela pourra évoluer plus tard. Passé, présent, futur : comme le notait déjà Kant, nous avons chacun une préférence elle-même liée à notre inscription subjective. Centrés sur le passé, nous pouvons d’ailleurs soit en déplorer l’extinction (entre nostalgie et mélancolie) soit se battre pour son maintien : ce qui est la position réactionnelle dont Legendre est un des tenants, et fonde ce qu’il nomme lui-même une « histoire sédimentaire ».

Nous préférons ici adopter un point de vue tourné vers l’avenir, ce qui implique de tenir compte du sous-sol, non pas seulement comme sédimentation passive, mais comme matériau de construction. Or, de ce point de vue, le passé n’est pas menacé –même s’il est parfois menaçant de par son inertie et sa fragilité propres- : bien au contraire, nous voyons la même métaphore ayant servi de base fondamentale à la société occidentale, se transformer en suivant sa destinée spécifique. Non seulement l’athéisme y est inscrit comme suite logique d’une élaboration religieuse globale, mais au-delà de l’athéisme, la gestion apparaît comme la conséquence obligatoire et logique de tout le processus idéel à l’œuvre dans notre passé. Aussi bien Legendre se trompe-t-il quand il constate, horrifié ou terrifié (des mots qui reviennent souvent dans ses textes), que les anciennes références sont évacuées, notamment celles de la filiation. Or si elles le sont, c’est toujours dans la même progression vers la mécanicité des rapports humains, qui a été l’idéal fondateur de la cité occidentale. On peut donc dire que Legendre plaide pour une sorte d’arrêt dans l’histoire au stade scolastique, ce qui est absurde, car la scolastique ne fut qu’une préparation à la modernité. Revenons sur ce mots : absurdité, ou caractère « déraisonnable » qui scandent l’œuvre coléreuse de Legendre : comme s’il existait un moment de raison pure ou de perfection dans l’organisation sociale, comme si la folie n’était pas déjà là aux origines, mais aussi en cours de route et dans la fin du projet… Pourquoi vouloir arrêter le mouvement, puisque dès le départ (mythique, mystique et réel à la fois) ce qui est visé est proprement déraisonnable : vouloir enserrer toute la vie sociale et humaine dans le « rapport » mesurable ?

«On n’aborde pas l’univers institutionnel avec des idées, mais avec des fantasmes » nous dit fortement Legendre (p 13). Mais les fantasmes ne sont-ils pas aussi des idées ? Ce qui m’intéresse ici c’est plutôt la façon dont une idée devient un fantasme, quitte le réalisme, s’auto-entretient éventuellement jusqu’au suicide. Mais je ne partage pas la passion de Legendre pour le dogme, parce que, tout simplement «pragmatiste », je crois (est-ce une croyance déraisonnable ?) que les sociétés, comme les individus, cherchent des solutions aux problèmes de la vie et que les métaphores encadrées par un système de symbolisation sont des repères mentaux collectifs qui passent nécessairement pour les moyens de ces solutions.
Or, s’il est parfaitement vrai que nous passons bien du temps à halluciner ces métaphores comme magiques, il ne faut pas oublier que leur but premier est de résoudre des questions vitales, épineuses, difficiles, comme le simple fait de vivre ensemble à milliers ou millions de personnes. La question devient alors : pourquoi une métaphore (qui est à la fois une proposition d’imagination, une qualification du réel, et le partage d’un outillage symbolique) tend-elle à « devenir folle » ? Autrement dit, ma question rejoint celle de Legendre, mais en la prenant par l’autre bout : il ne s’agit pas tant de se demander –depuis Platon- pourquoi une Idée bonne devient un mauvais fantasme -, mais comment dans l’idée le fantasme toujours déjà présent, progresse toujours davantage (Lévi-Strauss aurait dit de la métaphore à la métonymie), de telle façon qu’à la fin nous obtenons à la fois une idée encore plus parfaite, et une folie encore plus pure …

Une problématique legendrienne consiste à se demander comment nous résistons si fortement au dévoilement de la croyance inconsciente enfouie dans notre rapport aux institutions. Je crois qu’il a tort : la croyance fondamentale de notre civilisation, comme celle qui fonde toute civilisation, parce qu’elle a besoin de métaphores simples et claires pour rallier les multitudes à son fonctionnement, n’est ni inconsciente ni cachée, ni même voilée. Elle est posée comme évidente, partageable. Elle est là, sous nos yeux, depuis aussi longtemps que les solutions légales et techniques dans la cité antique. Elle est essentiellement pratique : il s’agit simplement de l’idée selon laquelle une société ne s’accorde minimalement qu’autour de la mesure des relations entre les gens. Si cette mesure –contrôable par tous- n’existe pas, nous avertit l’angoisse sociale, nous avons la tyrannie. Mais cette mesure est difficile à établir car il reste de l’interprétation divergente possible. C’est pourquoi, dès l’origine, nous tendons à la technoscience, qui est la réponse la plus ferme à l’objection de l’interprétabilité à l’infini, et donc de la menace permanente qui pèse sur toute démocratie.

Le fait que des pays plus modernes que d’autres (et moins muséifiés comme l’est la France) abolissent joyeusement le sous-bassement sexuel des métaphores paternelle et maternelle, induisent le renversement entre parent et enfant, ou que sais-je encore, utilisent des cadavres encore chauds comme œuvres d’art… ne relève pas de la décomposition morale, mais bien au contraire de l’avancée dans la même voie du réglage techno-scientifique de la société, comme idéal multimillénaire. Je ne suis pas personnellement favorable à ces innovations provocatrices, et je pense qu’elles présentent certainement un aspect inhumain. Mais il ne faut pas les analyser seulement avec la lunette platonicienne d’une « dégradation ». Il s’agit plutôt d’un accomplissement de la métaphore occidentale et de son très vieux rêve de réglage automatique des rapports. Ce qui transparaît alors, c’est que la folie propre à cet imaginaire… et qui tient plutôt à la volonté acharnée de « symboliser » cet imaginaire (de le maîtriser par une machine de propositions mathématisables), ne peut être compensée par un retour aux origines comme l’implique Legendre. Le grand juriste-philosophe me fait ici souvent penser à un petit enfant qui refuse d’avancer plus loin qu’une certaine limite. Or, non seulement on n’empêchera pas une multitude (que je ne refuse de nommer « troupeau », comme Legendre se prenant sans doute pour un bouvier délaissé) d’expérimenter jusqu’au bout la logique de sa propre société, de ce qui fait société entre elles, mais encore, on ne voit pas ce qui pourrait moralement l’interdire.
En revanche, et la position est toute différente, on peut se rendre compte –certes grâce à une anthropologie non pas « dogmatique », mais plutôt « comparée »- que la logique interne d’une grande métaphore sociétale comporte une faille interne ou une limite externe qui peut la rendre inapte à refléter les conditions d’une poursuite heureuse de la vie. On peut, du même coup, admettre que nous aurions collectivement intérêt à rechercher d’autres métaphores, et que celles-ci existent dans la richesse des cultures humaines, même s’il faut aussi faire œuvre de création. C’est l’orientation que je propose en m’appuyant sur le principe de pluralité. Celui-ci ne signifie qu’une chose, au fond : que des métaphores alternatives peuvent aider, dans la conversation humaine, à freiner l’emportement collectif dans une seule idée, dans une « pensée unique » comme il a été génialement montré (par Ignacio Ramonet).
Il ne s’agira donc plus, comme dans l’ironie élitaire de Legendre (« qu’ils y aillent ! Moi je n’y vais pas ») de rechercher le roc ancestral du « Bon symbolique » ou surtout du « Bon Imaginaire », mais plutôt d’accepter de considérer l’existence et la valeur pragmatique d’autres imaginaires (d’autres métaphores) voire d’autres outillages symboliques, dans un procès de décision collective patient, ouvert, prudent et circonstancié.

Pour nous contenter de l’exemple crucial de la paternité, il est clair que le système qui substitue le contrôle sociétal technoscientifique à l’organisation de la parenté constitue une métaphore inacceptable pour beaucoup d’êtres humains. Pour l’ensemble hiérarchique de ceux que la « nouvelle » métaphore fascine (comme elle a fasciné les Chrétiens se débarrassant des noms de famille et de gens pour devenir purs citoyens du royaume des cieux), il ne s’agit pas de les vouer aux gémonies, de les envoyer en enfer ou de les « laisser y aller », mais plutôt de parvenir à ce qu’ils considèrent leur fantasme (et leur idée) comme une position possible parmi d’autres positions aussi légitimes. L’effort est à faire porter non pas sur le « tout ou rien » , ou sur « le passé contre le futur, mais plutôt sur le droit des gens –et des personnes- à choisir un mode d’existence sociale qui n’obéisse pas à la même logique forcée et centralisée. Il s’agit de parvenir à imposer politiquement le caractère nécessaire de la pluralité, ce qui revient à dire que le « Sociétal » doit accepter en face de lui –en non au dessous ou en lui- la présence d’alternative à son mode d’existence.

La nuance avec la position de Legendre me semble importante : je pense néanmoins qu’il serait d’accord avec la proposition pluraliste, puisque elle ouvre une simple possibilité d’existence non désespérée aux sensibilités de son genre. Elle ouvre sans doute aussi la possibilité de passer d’une colère rageuse ou ironique à une tranquillité positive, bien que se préparant à des combats sans doute éprouvants avec le fantasme du « tous en Une » qui se cache effectivement derrière la certitude qu’il faut une seule métaphore par société, ou que société et métaphore centrale s’équivalent.

Ici, se tient un point de débat essentiel avec Legendre, sur lequel va tourner maintenant la conversation que je lui propose, via le débat sur son livre de 1976 : le fantasme (de l’unité centralisée) est-il, dans l’histoire institutionnelle plus puissant que l’idée (de l’égalité entre les membres), au sens où il aurait (contrairement à l’idée égalitaire) un caractère non légitimable, non discutable ? Je voudrais soutenir ici que l’unité et l’égalité se renvoient l’une à l’autre dans une logique imparable, qu’il s’agit d’un aspect de la même métaphore fondant tout «Sociétal » s’opposant à tout « Familier ». En revanche, là encore, la thèse du caractère « insondable » , « indicible », « injustifiable », du fantasme unitaire (« patriotique, dit-il) etc. me semble erronée telle quelle : ce n’est pas parce que s’y incarne le désir d’être phallique que ce fantasme y trace son chemin vers « la perte de soi dans le Tout », mais inversement, c’est parce que la totalité enveloppant les individus et leur familier est un aspect du Réel que nous nous en défendons (pour nous y inscrire) en le métaphorisant comme « parentale » et « sexuelle ». Or ce Réel d’un enveloppement inévitable et nécessaire (pour faire face à l’ennemi collectif) ne peut être métaphorisé que comme totalité maternelle (englobante) mais dotée d’une force agressive (phallique). Autrement dit, c’est la pratique humaine de la rencontre avec l’étranger, dans les conditions où la métaphore parentale bisexuée ne peut pas fonctionner (car elle divise au lieu de rassembler) qui soutient en permanence la force du fantasme et non l’inverse. Contrairement à ce qu’avance Legendre, probablement pour des raisons personnelles, l’origine du « Matriotique » (mère phallique) n’est pas du tout insituable (ou répérable seulement dans les mystères du désir infantile figé par le langage), mais elle est réelle. On peut en déduire, à l’inverse, que si le Réel change, et si la légitimité de la Globalité comme défense vis-à-vis de l’étranger diminue du simple fait d’une mondialisation qui repousse la question de l’étranger dans les espaces intersidéraux, alors le fantasme de la totalité centralisée est en situation de se « dégonfler » progressivement.
La position de Pierre Legendre sur ce point me semble aussi claire et nette que contestable : il affirme que plus la métaphore du Père se trouve absorbée dans l’institution globale et centralisée (comme phallus postiche de la mère), plus la « déraison » envahit le monde humain. Je défendrai l’idée opposée : plus la globalité centralisée est unique, unitaire, totalement planétaire, et plus sa légitimité comme « front » s’affaiblit. On cherchera, certes, à remplacer l’ennemi extérieur par d’autres figures (comme le terroriste, l’antisocial ou le « malade », comme le prévoit génialement Legendre), mais selon moi, ces remplacements « bouche-trou » ne formeront que des emplâtres temporaires et locaux à l’inévitable effondrement de la légitimité d’une supériorité absolue du Sociétal sur le Familier ou le Personnel en contexte de « planétisation ». Ce qui ne veut pas dire que le « Rien », le chaos, doivent remplacer l’ordre totalisant comme son envers. Bien au contraire, je pense qu’il s’agit de l’occasion historique d’un partage de la culture mondiale selon des lignes de force bien plus équilibrées que par le passé. Autrement dit, en reprenant la symbolique psychanalytique, ce qui s’oppose à la « femme-toute » n’est plus le phallus agressif postiche brandi à l’extérieur, mais plutôt le fait que les sexes se différencient pour se rencontrer. Mais Legendre lui-même n’est-il pas attaché de cœur à l’idéal d’un grand Tout ? Son hystérie féconde et sympathique (bien que souvent sombre et méchante) ne lui interdit-il pas d’accepter cette castration suprême du pouvoir par son sacrifice, son partage en « positions conversationnelles ? ».

Nous laisserons la question (méchante) en suspens, et nous nous concentrerons plutôt sur les points de rencontre avec l’intuition legendrienne. (à suivre)

Discussion entre Nicolas Stoffel et Denis Duclos sur le texte précédent sur Legendre. Juin 2009.

NS : Cher Denis,
Je regrette de ne pas t’avoir répondu plus tôt.
La discussion est passionnante, je souhaiterais m’y plonger mais je ne m’en sens pas la disponibilité, je me borne donc à questionner certaines de tes formulations en me demandant si elles rendent bien compte du projet legendrien.

"la plupart des éléments ou ingrédients caractérisant l’essence de la technobureaucratie y sont pointés par lui"

C’est dommage de ne pas détailler et de ne pas souligner les convergences de vue

DD:Je suis absolument d’accord. C’est juste une amorce, je dirai tout le bien que j’en pense au fur et à mesure du déploiement du texte. J’ai plein de choses en réserve qui montrent le génie intuitif de Legendre .

NS : "l’empilement des métaphores". La notion de sédimentation me semble plutôt mettre l’accent sur la transmission, la continuité, des métaphores civilisatrices par les institutions au cours de l’Histoire, là où celle d’empilement évoque plutôt la succession des episteme au sens de Foucault.

DD : Tu as raison, et c’est un aspect du problème : la continuité à tout prix peut empêcher les inventions nécessaires et les « sauts quantiques » correspondant à des situations entièrement nouvelles et imposées massivement. C’est le côté indubitablement « réac » de Legendre, qui transparaît pat exemple dans certains interviews à f. culture Je ne dis pas qu’il a tort, (je trouve absurde le fait que les homos "mariés" se redivisent pour faire un père et une mère à un adopté… ) Mais je n’utiliserais pas la même argumentation…

NS : "nous avons chacun une préférence elle-même liée à notre inscription subjective"

L’anthropologie de Legendre se situe plus avant dans le temps du sujet, elle se pose la question de la condition de possibilité du sujet, avant la question des « positions subjectives ».

DD : Admettons, mais alors que devient ce que tu disais dans ton livre sur le fait que j’avais indiqué, en travaillant sur l’origine du langage liée à la guerre, la « pathologie sociale » propre au phénomène culturel (destinée immédiate de la métaphore vers sa propre suppression métonymique) ? Les positions subjectives ne sont pas postérieures au sujet : elles viennent en même temps que la métaphorisation car on n’adresse celle-ci que d’une position ; positions subjectives et acte de métaphore sont exactement les deux faces de la même médaille. Je veux dire que l’énigme de la métaphore, son tremblement de sens résulte du fait qu’elle est toujours fragile sur au moins quatre de ses facettes : le référé (ce qu(‘on veut dire), le référent (ce qui nous sert d’appui dans un réel imaginaire passé), l’outillage symbolique (au sens non pas lacanien mais précis de système de signifiants à tous les niveaux de la langue), et enfin l’implication même du « sujet » de la métaphore, son engagement dans la parole. Or ces facettes sont la base même du déploiement de la métaphore sous forme de conversation entre sujets : intra subjectif et intersubjectif est rigoureusement la même chose. Par ailleurs, on sent tout de même chez Legendre comme chez pas mal de Lacaniens la peur de la "désubjectivation", comme si c'était le mal suprême. Or l'entrée en métaphore n'est pas en soi un bien suprême, c'est une nécessité, une obligation faite aux membres de l'espèce, et en cela ni bonne ni mauvaise, traçant seulement notre destinée. Par ailleurs la dégradation interne de la métaphore lui est sans doute consubstantielle. Je veux dire qu'il ne suffit pas de respecter les formations métaphoriques traditionnelles, car celles-ci sont vouées à se métamorphoser en "blocs d'impensable". Pour revenir à la "normalité" de la métaphore (son côté vivant, mobile, ouvert, adaptable, etc.) il faut constamment la reconstruire sur de nouvelles bases. C'est ce côté "travail politique" de constante renaissance que je ne sens pas chez Legendre. Mais peut-être me trompai-je.

NS : "comme si la folie n’était pas déjà là aux origines"
Mais Legendre ne cesse de le répéter ; et elle l’est pour lui sur deux plans, celui de la monade psychique (et il me paraît très proche de Castoriadis sur ce point) ; et celui des Mythes fondateurs, nécessairement aporétiques voire fous en leurs récits (et il me paraît proche de ce que racontait Roger un de ces jours sur le besoin de placer aux Origines des histoires à dormir debout, nécessairement incroyables).

DD : C’est vrai, mais la folie dont je parle ne tient pas au contenu du mythe, mais au fait que métaphoriser pour rassembler, obnubiler par les effets de signifiants quels qu’ils soient, c’est se rendre incapables en même temps de résister à l’attraction fascinatrice, incapables de produire d’autres métaphores alternatives, incapables de vivre le réel paisiblement. Ce qui est en cause n’est pas l’incroyabilité du récit pour qu’autre chose tienne, mais le caractère immédiatement halluciné et presque « dément » de l’entrée dans la métaphore (façon de dire la machine imaginaire/symbolique.réel). Au sens où il est possible que les primates humains perdent en parlant des qualités intellectuelles acquises avant.

NS : "vouloir enserrer toute la vie sociale et humaine dans le « rapport » mesurable ?"
ça c’est ton intuition, que je trouve très intéressante, mais qui me semble étrangère aux réflexions de Legendre sur la gestion qui, comme la grenouille qui se prendrait pour un bœuf, est un discours d’essence binaire venant à la place de la ternarité du mythe (intuition reprise ou rejointe par DR Dufour et qui demeure au cœur de sa thèse).

DD : Oui, d’ailleurs il y a maldonne, je ne reproche pas à Legendre de vouloir enserrer la vie sociale dans le rapport mesurable, et je suis d’accord avec lui là-dessus. Là où le suis en désaccord et ce que signifie le segment de phrase que tu isoles, c’est qu’il n’a pas vu que même le « bon symbolique » des origines contient déjà inexorablement le projet de quadrillage mécanique. Et c’est seulement par des « contre mythes » que cette folie fondamentale, cette pathologie propre au symbolique en soi, est écartée temporairement à l’échelle de l’histoire humaine.
Le binaire, c’est déjà de la pluralité (avec la notion de symétrie) que tue le ternaire en plaçant l’un des trois en position d’arbitre. Si le binaire est insuffisant c’est parce qu’il est une agonicité trop violente qu’il faut tout de suite adoucir par les médiations de l’autre vers l’unet de l’un vers l’autre. Donc quatre : quatre est la première figure de la « soutenabilité » de l’Autre. pas trois.

NS : "les sociétés, comme les individus, cherchent des solutions aux problèmes de la vie"
Pour Legendre l’humain, l’imaginaire, s’articule à la vie de manière complexe et ambivalente,
C’est une strate de réalité irréductible « aux problèmes de la vie ».
Bien sûr ces propositions suscitent foule de malentendus et appellent autant de sarcasmes.

DD : C’est irréductible parce que la métaphore comme acte fondamental humain a ses propres règles de structures qui résistent à telle ou telle situation empirique. Mais il ne faut pas en même temps oublier –sous peine de tomber dans un antidarwinisme cultivé ou même de gauche,- que le singe quasi-parlant, les 300 gusses dont nous descendons d’un coin très précis d’Afrique n’ont pas inventé le langage pour s’amuser : il y a des réalités effrayantes qui ont l’ont produit comme la compression tectonique a produit le diamant. Et la fonction de survie du culturel a continué après cette invention, même si on ne peut jamais la réduire à savoir comment je vais bouffer. La question empirique essentielle est « qui sommes-nous » ? parce que si je ne le sais pas, je ne peux pas défendre efficacement ma petite famille contre « les autres ».

NS : "Métaphores encadrées par un système de symbolisation sont des repères mentaux collectifs"
Legendre entend par symbolique, avec ou sans majuscule, quelque chose de différent de Lacan, d’où le malentendu sur le Bon Symbolique et tu as raison de proposer plutôt « le Bon Imaginaire », mais un Imaginaire qui est une proposition poétique, aporétique, aussi logique que folle, et là on retrouve peut-être des intuitions partagées sur « la faille du symbolique » mais Legendre se situe plutôt sur le plan du sens, du jaillissement poétique et de l’Enigme.
Il est fasciné par le Sphinx.

DD : Très bon, parce que çà me fait effectivement comprendre que Legendre résiste au « signifiantisme » des lacaniens, et c’est probablement pourquoi ceux-ci le haïssent. Il reste que l’imaginaire est d’abord une nécessité urgente de survie et pas un « cadre de raisonnabilité ».

NS : "Elle [la métaphore] est posée comme évidente, partageable."
Pour Legendre elle est énigmatique et non partageable.

DD : Qu’elle soit toujours énigmatique tient à son caractère poétique, mais même mathématisée elle reste non décidable. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas partager cette ambiguité, ce jeu de langage. Si la métaphore n’est pas partageable entre énonciateurs qui ne savent pas plus les uns que les autres ce qu’ils disent exactement, alors rien n’est partageable entre hommes. Ce qui est tout à fait absurde. Au contraire, c’est cette énigme même qui est ce qui est de plus partageable, et de plus effectif pour le bien ou le mal : rien ne mobilise plus dans le même sens qu’une métaphore.
C’est que Legendre se situe sur le plan de l’intra-subjectivité, et non celui de l’inter-subjectivité, et qu’il n’a pas pris le soin d’établir, comme l’a fait Hegel et à sa suite Lacan, de rapport entre les deux.
Ce n’est pas un rapport : c’est rigoureusement la même chose.

NS :"La rencontre avec l’Autre", chez lui, c’est toujours la rencontre de deux mondes culturels, unifiés, consistants, mais aussi éventuellement pluriels (sauf que cette pluralité est logiquement articulée, elle n’est pas contingente).

DD: Admettons, je n’ai pas assez lu legendre en général. J’y retournerai. Mais d’après ce que tu dis, je crois qu’il n’a pas pigé une chose : le caractère fractal de tout champ culturel : la consistance existe, mais toujours de l’extérieur, et inversement une rencontre entre consistances forme une consistance de niveau supérieur, où se trouve reportée la contradiction plus intime…

NS : Il y a une pensée de la pluralité, du moins de la complexité, chez Legendre.
Par exemple il pense l’articulation d’une logique du droit romain et d’une logique canonique comme à la fois hétérogènes et articulées, l’ensemble, avec son principe de traduction de l’une à l’autre, fonctionnant comme matrice pour la rencontre de la société occidentale avec les sociétés non occidentales, la pluralité intrinsèque de la culture romano-canonique, apparaissant comme le moteur de la poussée hégémonique ou impérialiste de l’Occident.

DD : Ce qui obsède Legendre c’est la forme canonique du droit. Mais justement, au fond de cette forme il y a la notion de mesure entre les entités. C’est pourquoi même l’empire romain le plus standardisé construit des simulacres de cités démocratiques partout ; ce n’est pas de l’aporétique, sauf à penser qu’au bout du compte la forme impériale finit par détruire son propre droit civil, ce qui arriva effectivement.

NS : "accomplissement de la métaphore occidentale"
Sa nature aporétique chez Legendre rend difficile de parler d’accomplissement.

DD : : S’il a vait lu lévi strauss, il aurait été aussi inquiété par la destinée autophagique de la métaphore, finissant toujours en amalgame.

NS : "il faut une seule métaphore par société"
centralisation et unification oui, mais pas unicité de la métaphore.

DD :Je crois que Legendre, dans le livre sur la bureaucratie affronte cette folie de l’unicité et de l’unité, certes à l’échelle seulement française, mais il ébauche un cadre pour comprendre cette psychose collective. La métaphore n’est pas unaire ni unicitaire, ni unitaire :elle devient une boule de tout cela en se dénaturant en métonymie, celle selon laquelle « la » patrie par exemple doit tuer deux millions de ses enfants, ou ne pas faire naître les filles…

NS : Plutôt Monumentalité : unification et montage, construction, articulation

"c’est la pratique humaine de la rencontre avec l’étranger, dans les conditions où la métaphore parentale bisexuée ne peut pas fonctionner (car elle divise au lieu de rassembler) qui soutient en permanence la force du fantasme et non l’inverse"
Là effectivement vos conceptions sont inverses : le fantasme est la matière première de l’humain chez Legendre, les pratiques ne semblent même pas l’intéresser, la rencontre reste problématique dans sa pensée.

DD: Non non, je me situe au niveau non pas des pratiques mais d 'une métaphore alternative à la métaphore « asexuée » qui, selon Legendre… engendre la bureaucratie. (il reste la très proche du Freud du lien de masse) ;

NS : "Plus la globalité centralisée est unique, unitaire, totalement planétaire, et plus sa légitimité comme « front » s’affaiblit."
Que veux-tu dire ?

DD : Comme front vis-à-vis de ce qui ne serait pas elle-même, ce qui serait de l’autre, de l’autrui, même hostile.

NS : "effondrement de la légitimité d’une supériorité absolue du Sociétal sur le Familier ou le Personnel en contexte de « planétisation »"
Legendre n’oppose pas le Sociétal et le Familier, il les articule dans un rapport homothétique (plutôt les plans du culturel et de la famille), le plan familial ayant la charge de signifier, de transmettre l’énigme du Mythe à destination du sujet.

DD : C’est là le problème : Legendre ne voit pas que ce qu’il propose est au fondement même du phénomène bureaucratique engloutissant et halluciné qu’il analyse admirablement : je ne parle d’ailleurs pas du Familial, qui n’est qu’une formation idéologico pratique du Sociétal, ni de deux plans fonctionnels, mais bien de deux types de sociétés en contradiction, l’une s’étendant aux périphéries jusqu’aux confins, et l’autre concernant le proche. Mais le proche n’est pas dans le lointain ou dessous, ou en articulation fonctionnelle avec lui : il est plutôt en négociation permanente pour orienter les productions imaginaires et symboliques en provenance de l’un et de l’autre.

NS : En fait le plan du Sociétal est étranger à la pensée legendrienne, d’où peut-être son hostilité à l’égard des sociologues.

DD : Que legendre soit hostile au sociétal, c’est là où je le rejoins en résistance, y compris contre les sociologues qui sont par essence des totalitaires. Mais je crois savoir mieux que lui pourquoi je suis hostile au Sociétal dans les circonstances présentes et à ma place.

NS : "ce qui s’oppose à la « femme-toute » n’est plus le phallus agressif postiche brandi à l’extérieur, mais plutôt le fait que les sexes se différencient pour se rencontrer"

L’anthropologie plurielle comme joyeuse rencontre sexuelle ?

DD : Sexuel, c’est sûr. Quoique le sexuel soit l’enjeu de bagarres entre des différences qu’il ne recoupe pas entièrement, par exemple civilité et nature… Joyeux : Pas sûr bien que le sociétal fascine surtout les hommes et qu’on ne peut pas parler de danger démographique avec des femmes. Essaie un peu. Une partie de l’ énigme est donc factice. C’est seulement ce que nous savons devoir nous interdire de dire à l’autre…

NS : Mais qui sont donc les 4 protagonistes alors ? dans la vraie vie ?

DD: Lis donc mon opus magnum disponible sur mon site… Je passe 800 pages à détailler la réponse.

NS (Il ne faut pas m’en vouloir de cette interprétation sauvage qui ne parle que de moi).

DD ! C’est quand on parle de soi qu’on parle le mieux de l’autre
Bises,
Nicolas
DD: ouais. De toute façon , ce sont des courtes notations, un peu emportées (en subissant l'influence du style de Legendre, particulièrement dans ce livre presque pamphlétaire), mais tes commentaires me sont très utiles pour redresser la barre et mieux préciser. Bien que l'objet en restera la bureaucratie, et pas Legendre qui est effectivement un assez vaste monument.


Vendredi 5 Juin 2009 - 17:26
Samedi 11 Juillet 2009 - 14:40
Denis Duclos
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1.Posté par Debra le 08/12/2012 15:50

J'ai tout lu... do I get brownie points ? ;-)
Je n'ai pas lu Legendre ; je ne le connais que par oui dire.
Quelques commentaires générales sur l'article, comme d'hab.
Je peux comprendre l'irritation de Legendre face au... déploiement toujours plus en avant de la combinatoire qui finit TOUJOURS par nous paraître fou. A un moment ou un autre, aux moins à quelques uns (et ils sont logiquement plus âgés que d'autres...), il devient évident que le mieux est l'ennemi du bien, ce qui est une évidence pour les sages de toutes les civilisations, pas seulement la nôtre, même si elle est devenue très envahissante à l'heure actuelle.
Je pense qu'il serait intéressant ici de regarder l'approche freudienne d'"Oedipe Roi", pour la différencier de ce que certains spychanalystes (dont moi...) disent de la configuration oedipienne.
Une telle approche permet de mettre en évidence, (lol lol lol) un aspect du problème qui n'apparaît pas plus haut, je crois.
Le grand public rabat le complexe d'Oedipe à une structure fantasmatique : fiston aime maman, et veut tuer le père pour pouvoir coucher avec sa maman.
A première.. vue, ce que dit l'histoire d'Oedipe peut être réduit à un contenu, un scénario avec des acteurs.
Freud lui-même voyait, et ne négligeait pas cet aspect de l'histoire d'Oedipe.
Mais... derrière cette structure fantasmatique, se profile une autre structure que Freud, peut-être ne voyait pas si bien.
Derrière se profile le squelette symbolique de la filiation, les places "père" "fils" "mère", comme éléments d'un combinatoire sujet à permutations.
Alors, on peut se demander pourquoi... NOUS, nous pouvons voir la combinatoire, et Freud ne la voyait pas ?
Une certaine.. hubris pourrait nous faire croire que nous avons.. progressé, n'est-ce pas ?
Sur ce point, on pourrait même dire que Legendre a progressé, non ?
Mais...
On peut également penser que la capacité de dissocier le composant fantasme de la structure symbolique qui le sous tend est un symptôme majeur de désintrication. (Comme vous, je n'aime pas parler de pathologies, cela n'a pas de sens pour moi.)
La désintrication est-elle.. une bonne chose ?...
Ne tendrait-elle pas à rejeter encore plus l'homme moderne dans un vécu de solitude, d'aliénation ?
Ne tendrait-elle pas même à lui faire apparaître le langage comme lui étant extérieur ? encore plus mécanique ? insensé ? fonctionnant pour son propre compte ?
Ce processus correspond peut-être à ce que vous appelez la transformation de la métaphore en métonymie, dans la logique de "la corruption du meilleur engendre le pire", avec, à la base, une cosmogonie logocentrique ?
Il me semble qu'un des (je tiens à "un des" pour des raisons.. évidentes) postulats fondamentaux de notre civilisation est que le langage créé le monde, par opposition à une cosmogonie qui glorifierait le rapport sexuel à l'origine du monde.
Or, même si notre civilisation promeut une vision très utilitariste du langage outil, elle est encore basée sur... le logos, A SON INSU. (i.e. la lettre volée de Poe)
Sinon... nous n'aurions tout simplement pas le mot.. "technologie" ("technology" in English).
Il y aurait.. un autre mot. Sans "logos" dedans.. (Simple, très simple comme raisonnement, certes, mais pas simpliste, je crois...)
En réfléchissant ce matin, je me demande si la cosmogonie logocentrique ne s'oppose pas à la cosmogonie du rapport sexuel entre acteurs différenciés selon leur sexe d'une manière qu'"Oedipe Roi" met.. en lumière.
Voici... mes fantasmes... sur ce sujet.
La pièce d'"Oedipe Roi" met en scène une enquête. C'est un énorme... policier.
Il y a un énigme. Quelque chose de caché, secret. Oedipe va chercher à... faire la lumière sur ce qui est caché, faire la lumière sur... ses origines. On peut dire qu'il veut SAVOIR à tout prix, et surtout ne pas.. croire.
A différentes reprises de la pièce, des acteurs vont arriver sur la scène pour lui dire de laisser tomber... qu'il ne faut pas chercher à SAVOIR. (chouette, le français, hein ? il y a le mot "voir" dans le mot "savoir". C'est tellement évident qu'on pourrait passer à côté. Alors que le mot.. "connaître" ? en anglais, et en français, les sens plus.. anciens vont de pair avec le rapport.. sexuel.)
Qu'est-ce qu'il ne faut pas chercher à savoir ?
Sur quoi ne faut-il pas... BRAQUER LES PROJECTEURS ??
L'origine...
L'origine réelle, comme étant non pas le rapport sexuel lui-même entre mère et père, ET le LIEU de l'origine, le lieu caché, la matrice de la mère.
Tout simplement pour pouvoir continuer à.. FERMER LES YEUX ( et non pas fermer les yeux sur...).
Le rapport avec le précédant ?
Nous avons besoin de pouvoir fermer les yeux... (to sleep, perchance, to DREAM)
Un monde où nous devons garder les yeux ouverts 24h/24, baignant dans les néons est un monde profondément.. paranoïaque, n'est-ce pas ?
On peut postuler que le rôle du... refoulement ? est de nous permettre de fermer les yeux...
Tout cela se répercute au niveau même de notre conscience individuelle.
Le rôle du refoulement originaire, c'est d'instaurer un lieu... caché, secret, qui échappe aux yeux du sujet.
Cela lui permet de fermer les yeux (sur...) et de dormir, en ouvrant ses yeux dans un autre lieu.
Il y en a qui parlent de "division" du sujet. Je n'aime pas bien car "division" pour moi implique de découper un grand TOUT en parts égales (sauf s'il y a un reste, bien entendu). Ce qui me gène c'est le découpage d'un grand tout préalablement constitué dans la division (me semble-t-il).
La métaphore "lumière" structure notre civilisation aussi.
Une métaphore ou.. un complexe ?
Ce que j'écris est assez brut pour l'instant et demanderait à être affiné...

2.Posté par Debra le 08/12/2012 15:53

Oops, corriger "l'origine comme étant à la fois le rapport sexuel ET le lieu de la matrice".

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