Abdesselam Cheddadi
Samedi 24 Mars

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Je reviens vers vous pour vous soumettre quelques réflexions à propos de votre texte.

Je ne parlerai pas de tendance à l’unité, mais de conscience originelle et permanente, toujours présente-absente, de l’unité en dépit des singularités, conscience d’une unité originelle et permanente qui s’exprime nécessairement en actes et en paroles de singularité. En fait il n’y a pas de paradoxe, mais une logique de déploiement incessant et infini, ni l’unité ni les singularités (la pluralité) ne pouvant être épuisées. L’histoire a été jusqu’ici celle de la pluralité, des singularités armées, parfois agressives, par nécessité vitale. Peut-être sommes-nous en train de passer (Combien durera la transition ? Personne ne peut le savoir) à une expression libre et pacifique des singularités, mais jamais à leur abandon et à leur effacement dans l’unité. C’est pour cela que toutes les expériences des humains passées présentes et à venir sont fondamentales et égales en dignité, et doivent être préservées comme telles. Mais être l’humanité « par excellence », qui est une revendication universelle nécessaire, a été souvent quelque chose de mal compris, de défiguré, de perverti, bien que les plus grandes sagesses en aient saisi la signification profonde et la portée. Nous pouvons aussi bien passer à de nouvelles formes de défiguration et de perversion.

La parole pour qui, comment, pour quoi faire ? La parole, expression des singularités, n’est là que pour dire qu’on est l’humanité « par excellence ». La culture n’est que cela : une prétention à le dire et à le faire. Mais malgré tout, nous subissons des contraintes, hier comme aujourd’hui. Celles d’aujourd’hui sont immenses, incommensurables. Parmi ces contraintes : le nombre des humains et leur extrême diversité. Saurons-nous, chacun et tous, prétendre être l’humanité « par excellence » tout en nous respectant mutuellement, c’est-à-dire en respectant en chacun et en nous tous la conscience de l’unité originelle, toujours présente-absente ? Ce qui nous manque peut-être cruellement, c’est la modestie ? La modestie de l’être, la modestie d’être.


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