De l'industrialisation des unités de production des pensées

 Jacotte
Mardi 23 Juin 2009

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Plus je pense moins je suis...
 denis
Mardi 23 Juin 2009

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Lacan disait déjà : là où je suis je ne pense pas, là où je pense je ne suis pas. Mais peut-on passer son temps à 'être' pendant que les autres, eux, pensent, et pensent très fort à ce qu'ils vont faire de vous ? Comme d'hab, il faut un peu de compromis : penser un peu, raisonner ce qu'il faut, le temps de mettre en perspective deux ou trois choses importantes qu'on n'aurait pas aperçu sans un minimum de pensée. Comme disait l'autre : penser pour vivre et pas vivre pour penser. Cela dit, n'oublions pas que les grandes institutions n'arrêtent pas de penser (ce qui explique l'état de zombies de leurs salariés), bien que leur but est tout de même de faire en sorte que tout étant devenu automatique, les humains s'arrêtent d'être... une espèce pensante.
On est donc obligés de faire un peu attention, même si le but, j'en suis d'accord, est d'être et pas de penser... DD
 jacotte
Samedi 27 Juin 2009

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Pour en revenir a la pensee en cercles v. la pensee lineaire.
Ne peut-on imaginer une pensee en spirale?
La pensee en cercle me semble trop refermee sur elle-meme (tourner en rond)
et la pensee lineaire courir vers un imprevisible infini
Alors qu'avec la pensee en spirale on continue a prendre en compte ce qui a ete
tout en s'elargissant a la rencontre des autres spirales dans un mouvement perpetuel.
 denis
Lundi 29 Juin 2009

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On peut évidemment rigoler avec la spirale et imaginer le penseur avec une queue mentale de marsupilami en forme de ressort faire de grands bonds dans la forêt des idées.. Boïng ! Mais plus sérieusement, il est vrai que la pensée 'par cercles' à laquelle songent les anthropologues concerne davantage des sociétés que Lévi Strauss nommait 'froides' parce qu'elles avaient comme but de rester elles-mêmes, de ne pas changer ou le moins possible, de sorte que leurs mythes se présentaient souvent comme des cycles où l'on revenait au point de départ, justement parce qu'il fallait stabiliser l'histoire... L'odyssée en est un exemple, et l'idée qu'Ulysse repart le lendemain de son massacre des prétendants et après une brève nuit avec Pénélope.... n'est sans doute qu'une interpolation romaine. Mais même si Ulysse revient chez lui, on ne peut nier qu'il a tout de même progressé par rapport au guerrier farouche et sanglant qu'il était en quittant les rivages de Troie. Il est devenu plus sage, encore plus rusé, a connu la femme fatale et a visité les enfers où il a dialogué avec toutes sortes de morts. Il n'est plus exactement le même, et pourtant il est rentré chez lui. Cercle ou spirale, donc, c'est très proche. Le linéaire 'droit' en revanche suit une pente qui, montante ou descendante, arrive toujours à la catastrophe. Ainsi de la pensée unique fondée sur l'idée de croissance indéfinie, celle-ci étant nécessaire pour éviter le tarissement de l'argent. Officiellement, nous vivons toujours dans cette idéologie, mais dans la vie réelle, plusieurs tournants ont déjà été pris, et la gouvernance actuelle, qui tente de gérer un énorme endettement, s'oriente à l'évidence vers un post-capitalisme, qui sera en partie un retour à des périodes moins obsédées par le mouvement. Les Chinois, qui ont toujours fait tourner le monde autour de leur moyeu pour être sûrs que les saisons reviennent, y sont probablement pour quelque chose. Il est en tout cas certain que c'est l'empire du milieu qui tient le volant décidant si les Américains (et les Européens) vont continuer à consommer comme des fous, ou devenir assez pauvres pour ne plus être aussi nuisibles.

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