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Qu'est ce que la Géo-Anthropologie ? Qu'est-ce que l'anthropologie pluraliste ?


Erotique contre.... isolement pornographique de la sexualité "copulatoire" comme chemin vers l'asexualité

(Le seul sujet qui jouit dans le porno, c'est le sex toy ! C'est-à-dire le lien de masse !)



Nous ne pouvons pas faire comme si l'immense planète pornographique qui double dans le non-dit l'humanité officielle n'avait aucune influence majeure... à la fois sur la reproduction de l'espèce et sur la culture humaine.
Or, en dépit de la multiplicité des phantasmes pris en compte, la pornographie isole le moment copulatoire (ou ses environs) et, de ce simple fait, déséquilibre toute la sexualité du côté du seul désir (et du seul jouir) masculin, tout en prétendant répandre la vérité d’une pure et parfaite « égalité » entre les « partenaires ».

Dire que « le couple » réduit à la conjonction des organes est plutôt du domaine d’un fantasme masculin ne veut évidemment pas dire que les femmes n'aiment pas faire l'amour, mais qu'elles ne s'en contentent pas, y compris sur le plan physique.
Pour nombre d’entre elles, l’instant de la rencontre ne se prolonge pas seulement - réellement ou fantasmatiquement- par l’imaginaire d’autres rencontres, mais par le temps long des menstrues, de la grossesse possible et de la lactation. Pour maintes sociétés qui n’ont rien de « patriarcal », la femme porte « le temps » et l’homme « l’espace », et ces symbolismes s’appuient aussi bien sur des différences physiques que sur une distribution de la « drogue » hormonale, ce merveilleux élixir qui nous ramène, nolens volens, à l’amour. La nature « existe », que nous en soyons contents ou pas, et même si la symbolisation ne vise pas le même but, elle ne saurait s’en éloigner trop, sous peine de plonger dans un miroir de néant.
Pourtant, affirmer cela contre toutes les normes semble à notre époque grotesquement « politically incorrect », ce qui oblige une majorité de femmes jouissant de leur grossesse et de la lactation à se taire ou à se considérer anormales.

Sous le joug de cette idéologie terrorisante, des hommes vont jusqu’à opposer la mère à la femme, sans reconnaître à quel point cette césure est mutilante, quand bien même il n’est absolument pas question de préconiser un retour à la « femme pondeuse », à une criminalisation de l’avortement à la Trump, ou à quoi que ce soit de «réel » invoqué pour imposer une norme dans la sexualité.

C’est pourquoi il est nécessaire de préciser le contenu et les limites de notre prise de position.



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cliché : Renato Araujo
cliché : Renato Araujo
En premier lieu, si la maternité est indissociable des potentialités féminines, il ne faut effectivement jamais oublier que, dans le contexte de la culture parolière, le personnage de la Matrix (celle qui n’enfante jamais vraiment parce qu’elle garde ses rejetons dans son ventre) n’est justement pas une « vraie mère », puisqu’elle arrête le temps. Elle est un danger tétanisant pour les petits humains, qui font alors appel à un « être extérieur », personnage résistant à l’englobement, et qu’on appelle généralement le « père » dans nos sociétés, bien qu’il puisse ne jamais se confondre avec le géniteur.
De là à prétendre, même en riant, qu’il serait bon de « tuer les mères à la naissance en gardant les femmes », il y a de la marge. Que certains Don Juan, qui ne veulent pas s’embarrasser des suites d’une rencontre se tiennent à cet adage (dont l’effet inattendu pourra être que les femmes les plus amoureuses les quittent sans crier gare) me confirme qu’il s’agit bien d’un fantasme machiste et pas du tout d’un « respect des femmes ».

Le problème, c’est que, lorsqu’on a réussi à se convaincre que la sexualité n’était qu’une affaire de scène de lit, elle-même finalement réductible à un « climax » instantané, on est logiquement conduits à se désintéresser de la différence des fantasmes, et donc, finalement, à préférer théâtraliser cette scène au détriment de l’intensité du plaisir.

Car ce sur quoi la pornographie mondiale met le doigt, si j’ose dire, c’est la mise en scène d’un pur semblant. Car en fin de compte, la seule chose qui jouit vraiment dans la scène indéfiniment refilmée, c’est le sex toy, c’est-à-dire l’Industrie du plastique !

Or ceci a une autre conséquence venant « à terme » : à savoir que c’est l’enfant qui devient lui-même un sex toy, non pas comme « jouet » de ses parents (comme le voudrait le conte de fées de la tentation pédophilique), mais au contraire comme jalousie vis-à-vis de la seule chose qui jouirait au « bout du compte » de la sexualité !

Pourquoi, demandera-t-on, les femmes ont-elles massivement accepté cette installation du fantasme masculin dans la représentation de leur propre désir ?

Parce que les femmes, n’étant jusqu’à preuve du contraire pas plus intelligentes que les hommes (bien que souvent plus fûtées, pour ne pas dire moins connes), elles n’ont pas compris qu’il s’agissait d’un marché de dupes : rêvant depuis toujours d’avoir un pénis comme leur petit frère -dans la longue attente parfois déçue d’obtenir « deux gros nichons »-, et apprenant au fur et à mesure des pédagogies -rétrogrades ou modernistes- les plus stupides qu’être « un mec » est une sorte de privilège désirable par le seul fait des « objets sexuels » qu’on peut « se faire » sans en subir les conséquences dans le temps, elles ont le plus souvent cru qu’elles allaient gagner à la "transformation de la femme en homme".
On voit cette transformation à l’œuvre partout -notamment via l’universalisation du Jean unisexe, bousculant tous les saris et se dévoilant sous les Burkas- et c’est d’ailleurs souvent effectivement bénéfique puisque cela permet l’accès à une certaine parité des emplois et des revenus, quand cela n’aide pas au recul de l’excision panafricaine (1) .

Un autre avantage, plus lointain, plus confus, mais pourtant visé avec toute la persistance insidieuse d’un projet collectif inconscient, c’est le contrôle sociétal de la reproduction humaine : car, encore un fois, si le sex toy, cette chose industrielle qui vient s’interposer entre deux individus comme leur seul vrai sexe masculin désormais en partage, évoque l’enfant conçu en commun, il n’y a aucune raison pour que ne soit pas rêvée sa métamorphose en … enfant réel.
La visée "égalitariste" qui produit la production en masse de pénis amovibles pour les femmes (plus avantageux d’ailleurs que ceux, bêtement rétractiles des hommes) finit en effet, non par féminiser les hommes, mais plutôt par les transformer de leur côté en « femmes devenues mâles » par le miracle du postiche industriel (plug anal, godemichet, et même vagin artificiel qui se présente aussi comme un cylindre massif ).
Dans l’effet subliminal de masse porté par l’Internet du porno, il n’y a donc plus réellement… qu’une absence de sexes porteuse d’un seul sexe échangeable. Ce qui est, à l’évidence, un pas dans le mouvement qui nous conduit -technologie aidant- vers …l'asexualité, le sexe devenant seulement le pur phallus comme symbole du « pour Tous ».
L’asexualité, on ne le sait que trop avec les mauvais romans de m. Werber, est le lot des fourmis, des abeilles, voire même de certains rats-taupes d’Afrique du sud ayant décidé d’apporter leur concours de mammifères à cette orientation sociétale associée au « grand nombre ». Elle a pour contrepartie la production en série des rejetons à partir du corps d’une Matrix unique, sorte d’incarnation dans un individu monstrueux et solitaire de la logique globale, ajustant sa production aux besoins du moment.
Chez l’Humain, cela se traduira peut-être par une fabrication décentralisée en bocaux agrémentés de musique classique ou de rock trash (relire le Meilleur des mondes).
Pourtant, le but de cette mise à distance de l’enfant entre les corps naguère sexués ne sera pas dans un premier temps de spécialiser les gens par fonctions dès avant la naissance, mais tout simplement de ne plus faire dépendre « l’enfance » comme bien commun de l’humanité, de l’arbitraire erratique et conflictuel de « parents » incapables d’être correctement élevés à leur noble mission (2) .
Il faut bien dire que cela arrangera aussi l'institution d'un genre humain de dix milliards d'habitants, pour qui la sexualité « naturelle » des hommes et des femmes est bien trop turbulente pour être tolérée en l'état évolutionnaire (qui en serait resté à celui du primate).

Mais soyons lucides. Notre futur, dans cette direction, n'est pas orienté vers le surhomme : bien plutôt l'avenir de l'homme...est-il ici l'insecte eusocial (désormais doté d'au moins six genres, selon telle université américaine) plutôt que la femme (laquelle ne peut pas vouloir absolument et en toutes circonstances être séparée normativement de sa possibilité imaginaire… d’être mère, même si elle doit aussi détester la Matrix !).

Surveillance généralisée de la moindre intimité (et de la moindre consommation), orientation progressive de la sexualité humaine par indifférenciation et séparation via l’outil échangeable d’un sexe artificiel, et "liberté" totale du fantasme pornographique vont donc de pair, et ceci dans une visée universaliste parfaitement cohérente (et donc parfaitement folle).

Comment ne pas s'en apercevoir ? Le nouveau "contrat social" est en marche, dans une relative discrétion, mais une détermination certaine.
Ce que ne saisissent pas ceux (et surtout celles) qui s'y prêtent avec enthousiasme, c'est qu'ils (elles) y perdent au change, et dans les grandes largeurs.
lls (elles) deviennent en effet ce que les pouvoirs ont toujours attendu d'eux et d’elles : de parfaits sujets, des assujettis complets à la définition universelle d’un « être » humain. Ils (elles) sont désormais entièrement classé(e)s d'avance, quelle que soit leur croyance en une autonomie quelconque, dans une catégorie gérable, un type d'ovin -à qui l'on n'a pas même vraiment besoin de glisser une puce sous la peau- pour connaître exactement son comportement actuel et futur.
Seul(e)s échappent les moutons et brebis noir(e)s, méchant(e)s virtuel(le)s et donc réel(le)s qui parcourent les espaces du black net, via TOR ou autre, sans savoir d'ailleurs, que cela revient pratiquement au même, sauf la catégorie "suspecte" où on les range d'office.

Sous cette technodictature en progression, ce techinterna-tional-socialisme mou, toute référence solide aux droits des gens s'abandonne lentement. C'est le royaume mondial d'une censure silencieuse, et encore davantage, le lieu de déploiement d'une idéologie qui se pense triomphante à terme. Selon celle-ci, aussi bien portée par la gauche technophilique que par la droite répressive, la seule réalité de demain est l'interface entre l'individu pur, dépouillé de toute asymétrie, et d'abord sexuelle, et la société-monde, unique fondement de toute légitimité « pour tous ».
L'incarnation de cette société parfaite (et donc de cette abomination impossible (3)) est une articulation informatique de marché et d'Etat. Son moyen est le progrès constant des technologies invasives se substituant aux Humains pour mieux "reconstruire" ceux-ci. Ainsi, cette idéologie, notamment rêvée par les illuminés de la Silicon Valley, réconcilie-t-elle dans sa même démence de puissance intégrale gens de pouvoir, gens de technique et gens d'argent !
Elle fluctue librement… entre les trois pôles passionnels les plus dangereux. Dans ce POUTECHAR (amalgame autoréférentiel monstrueux de Pouvoir, de Technique, et d'Argent (4) ), on ne peut plus incriminer seulement le profit ou la volonté de pouvoir. On ne peut non plus isoler la folie technoscientifique. Tout cela est déjà convergent, que dis-je, littéralement fondu dans une unité nouvelle s'imposant au monde par les défaillances et les consentements des Etats, des Peuples, des Classes.
Or, la pornographie, pourtant majoritairement gratuite, est le fer de lance du POUTECHAR.... Pourquoi ? Comment ? C'est simple : elle place la sexualité au centre même de la logique consumériste généralisée comme nouvel être du Sujet. Observons sa gratuité : celle-ci correspond à la tendance générale aux bas prix de la quotidienneté, d’une part soutenus par l’extraordinaire baisse du coût marginal permise par Internet, et d’autre part subventionnés par les dépenses publiques empêchant au monde déferlant des chômeurs de tomber dans la famine mortelle. Autrement dit, ces prix s'annulent, au moins pour un temps, dans la productivité technologique et dans les subventions.
Observons ensuite l'apparente diversité infinie des désirs (dirait le sexologue, pardon, l'économiste Daniel Cohen (5) ) telle qu'elle est exposée dans le net du sexe, et qui semble pulvériser la richesse de tous les super et hypermarchés : elle est devenue symbole de l'avant-garde du fonctionnement sociétal tel qu'il est envisagé comme ordre mondial d’un lendemain de surabondance. Elle nous dépouille de toute réminiscence de sentimentalité dépassée, de sacralisation désuète des institutions de la parenté et du sexe.
Emule de Jean François Lyotard, elle nous fait découvrir dans tous les replis des corps, leurs fluides et leurs mouvements contraints par le plaisir, une sorte d'universalité de la caresse et du frottement des dermes; Par tant, ladite caresse (surtout soigneusement épargnée par la grossesse -sauf fantasme spécialisé-, devient une espèce d'unité de compte dont l'accumulation visuelle dans les quatre dimensions vaudrait pour libération de l'âme.
Et l'on compte tout de même sur la productivité hormonale (éventuellement aidée de viagras masculins et féminins) pour éviter la prolongation de... l'ennui mortel. Lequel pourrait bien, sans cela, et sans les effets de mode où le plug anal et le strapon ont remplacé la réunion Tupperware, s'étendre tel un virus aviaire, à la vitesse même de l'extension planétaire de la porno "publique".
A-t-on remarqué, d'ailleurs, que l'exhibition des organes s'accouplant selon les catégories nourries par les fantasmes recensés (ou inversement), est contemporaine de l'obligation (en France) de découvrir son visage en vue de l'identification ? Ou que la nudité préférentielle des pubis s'accorde bien avec le crâne rasé de mâles -par ailleurs tatoués pour l'amour sur des surfaces de plus en plus larges de leurs musculatures- que l'on retrouve aisément chez les gardiens de malls ? Du mâle au mall, du tatouage au tapis marchandé, la distance est-elle si grande désormais, pour ce qui concerne une consommation lissée, un flux de badauds décoratifs et lubrifiés ?
« Tous esclaves », semblent proclamer ces orgasmes clean ou crades, ces piscines bleues, ces fessiers roses et surimprimés, ces ébats infiniment répétitifs ou identiques dans leur variation prévisible -du seul fait d'être regardés de la même façon, et de n'être simplement pas filmés (juste vidéotés, dans l'ordre prescrit, entre fellation et enculage).
Admettons qu’atteindre enfin la banalité du geste (comme dormir, manger, se gratter, bailler) soit une conquête de l'humain contre une dangereuse idéalisation du sexe, contre la honte idiote, le refoulement malsain, voire la perversion ainsi nettement distinguée de l'érotisme automatique. Admettons qu'ainsi la pornographie devienne le repère même de la morale moderne, désinhibée, copulatrice comme on dirait masticatrice, normale, naturelle, libre, nudiste, animale au sens de l'animal familier, civilisée au sens d’une liberté « politically correct », il reste qu’ainsi elle devient, en entraînant les pratiques réelles d’une immense majorité d’Humains, l’équivalent d’un véritable « contrat social » de sexualité, lequel, constitué sur une liberté quasi-absolue du fantasme légalisé, autorise alors la transparence complète de l’intimité :
puisqu’aucun fantasme n’est plus honteux, pour quoi défendre encore ce concept « ringard » de l’intimité ?

Il faut évidemment contrebalancer ce point de vue. Bien entendu, le processus de la sexualité est distincte de l’érotique, vécue par des sujets humains. D’une part, comme le disait ce fou d’Althusser (un autre agrégé déjanté), tout n’est que processus sans sujet ni fin, sinon la reproduction infinie du processus lui-même. Et il est clair que, dans ce processus, la femme (comme la femelle mammifère en général) occupe une séquence de temps bien plus importante que le mâle. Encore heureux, chez l’Humain, qu'elle n’en bouffe pas la tête à l’issue de la copulation. Nous l’avons échappé belle ! (Quoique, des fois, l’on se demande si…)
Donc, de ce point de vue là, la femme n’est jamais où nous (mâles) croyons la rencontrer. C’est ce que je veux rappeler ici, sans penser d’ailleurs au processus « réel », mais plutôt à l’imaginaire féminin… tel que je l’imagine selon mon droit imprescriptible à l’imagination. Il faut dire aussi que je ne déteste pas la nature et que le processus dont nous sommes partie prenante n'a pas à être dénigré car il est... merveilleux !
Mais d’autre part, il est évident que si rencontre doit advenir entre deux personnes qu’on appelle homme et femme, ce ne peut pas être à un autre moment que celui qui constitue ce couple toujours fugace (et moins tenace que celui de ma voiture)! C'est seulement là que l'une des plus essentielles expériences de la culture humaine comme "faille" dans le processus, peut être faite, paradigme de tout lien de reconnaissance mutuelle, en introduisant justement un "gap" dans la continuité inexorable du génétique. Pourtant, même et surtout sur la plan érotique, il y a dissymétrie entre homme et femme.

Comment peut-on s’en sortir ? Soit, logiquement, on considère que tout est ramené du côté de la seule expérience masculine du sexe qu’est la copulation, en oblitérant l’imaginaire féminin possiblement « plus vaste » ; soit que le moment de rencontre lui-même est pour ainsi dire lui-même un « contenant » du couple, ce qui revient à le « sublimer » comme lieu d’un jeu humain avec les sexes.
Ce qui pourrait aussi faire suspecter que l’idéologie du couple… idéalisation de la seule copulation entifiée en statut… est surtout un fantasme masculin !

En tout cas, ce qui doit être dénoncé dans l’industrie du Sex Toy qui surfe sur la prise de vue pornographique, et donc sur ce qu’il y aurait à voir « objectivement » dans un événement, une scène, c’est qu’elle revient à faire de la femme ce qu’elle croit être un homme et à faire des deux des pantins asexués consommant « en couple » du phallus portable industriel en réduisant l’acte « qui-fait-jouir » à une séquence processuelle reconnue et « admise » comme l’un de multiples modes de l’identification… comme membres !

En reconnaissant cette destinée d’innocence certifiée-marchande ou non- du geste « sexuel », il ne faut pas pour autant ignorer du même coup la chance extraordinaire que nous, Humains, avons, de transformer un élément du processus en rupture ludique, en occasion presque unique (il y en a d’autres) d’interrompre la fatalité dudit processus (sans même parler de la grossesse non voulue).
Occasion presque unique de se « parler » par l’acte même, et de faire de la parole un acte.
Au fond, il ne faudrait pas en la critiquant, devenir soi-même un agent qui s’ignore de l’idéologie pornographique, laquelle nie radicalement cette possibilité. Car elle ne la nie pas en offrant des spectacles « dégoûtants », mais au contraire en moralisant les rencontres comme si elles appartenaient à la « normalité » la plus incontestable.
Comme si, aussi loin que nous imaginions la transgression perverse, nous ne pouvions plus jamais échapper au regard bienveillant de la force de l’ordre établie au milieu de nos ébats, et y jouissant à notre place pour notre compte, pour « notre confort et notre sécurité ».

(1)Rappelons en passant que cette pratique concernant encore une majorité de Maghrebines, de Sahéliennes et d’Egyptiennes, attaque tout ce qui pourrait « ressembler » à un organe masculin chez la femme : clitoris et grands lèvres faisant penser ( honni soit !) à un pénis et des testicules.

(2)Le moment où un diplôme de parentalité sera obligatoire est plus proche que l’on pense. De même que sa garantie sous forme d’une information contenue dans une puce sous la peau ! (Puisqu’il s’agit de se faire peur, allons-y franchement ! Quelque effort d’imagination que nous puissions déployer, nous n’approcherons jamais assez de la réalisation plausible !

(3)C’est en ce sens, très précisément, qu’il faut entendre la formule de Lacan -libertaire avant tout- selon laquelle le Réel est ce qui est impossible… au sens d’intenable. Ce qui ne veut pas dire que ces connards d’Humains n’essaient pas constamment d’y parvenir en le réalisant ! (Et hélas, j’en suis un aussi !)

(4)Ce qui m’incline à ce néologisme assez affreux, et tout vibrant de sa propre démence !

(5) Je retrouve ici, dans cette petite blague, tout le sérieux de l’ouvrage de Jean François Lyotard paru en 1974 sur « l’économie libidinale ». En même temps, nous établissons le lien entre économie et désir dans le sens exactement opposé à celui que proposait ce philosophe (tout en étant finalement bien plus libertaire que lui !) Il est en effet clair que le désir sexuel est complètement absorbé dans le « désir d’être en-semble » qui fonde la parole, et non l’inverse.
Cet « ensemble », Lyotard le décrit en première page dans ce texte délirant et plus répugnant que poétique, qui préfigure très précisément « l’hommelette » concoctée par le Porno mondial : « Ouvrez le prétendu corps et déployez toutes ses surfaces : non seulement la peau avec chacun de ses plis, rides, cicatrices, avec ses grands plans veloutés, et contigus à elle le cuir et sa toison de cheveux, la tendre fourrure pubienne, les mamelons, les ongles, les cornes transparentes sous le talon, la légère friperie, entée de cils, des paupières, mais ouvrez et étalez, explicitez les grandes lèvres, les petites lèvres avec leur réseau bleu et baignées de mucus, dilatez le diaphragme du sphincter anal, coupez longitudinalement et mettez à plat le noir conduit du rectum, puis du côlon, puis du caecum , désormais bandeau à surface toute striée et polluée de merde, avec vos ciseaux de couturière ouvrant la jambe d’un vieux pantalon, allez, donnez jour au prétendu intérieur de l’intestin grêle, au jéjunum, à l’iléon, au duodénum, ou bien à l’autre bout, débridez la bouche aux commissures, déplantez la langue jusqu’à sa lointaine racine et fendez la, étalez les ailes de chauve-souris du palais et de ses sous-sols humides »….etc.
(Tout çà pour se déprendre du personnage paternel en « défendant l’athéisme de la bande libidinale » ! Ouaou, quelle débandade offre ce regard rassembleur de la dissection!)

sexualite.3gpp sexualité.3gpp  (3.76 Mo)

(Suite de la réflexion...)

L e porno comme « problème » n’a rien à voir avec le choix du fantasme ni l’incapacitation du fantasme : le fantasme peut s’arrêter au fétiche fixe, ou utiliser la variété et le déplacement comme fétiche ; et le fantasme n’est jamais rejoint comme réel, ceci dans le porno comme dans toute l’existence humaine. Le réel n’est pas rejoint car la parole qui fait le sujet humain en créant son fantasme se reforme toujours comme proposition de quelque chose qui n’est pas là, et, de cette façon, est irréalisable, bien qu’à réaliser. L’Achose.
Ce n’est donc pas du tout la frustration qui pose problème dans le Porno, bien au contraire, car cette frustration amplifiée à l’échelle de la bibliothèque pornographique infinie ne fait qu’enregistrer au plan médiatique la condition humaine de l’indestructibilité du désir. Cela peut même rendre l’humanité plus réfléchie !
Non, ce qui pose problème dans le Porno… c’est par exemple son commentaire digne et « tolérant » sur France-Cul (ture, ou culte de la Bonne Conscience). C’est-à-dire son enveloppe idéologique moraliste socialisable. C’est, plus largement, sa valeur de mesure et de décret implicite de l’acceptable et de l’inacceptable, bref sa qualité de filet massif de requalification et de labélisation des comportements individuels et intimes.

Ce qui est monstrueux dans le Porno exactement comme dans la production mondiale déferlante de voitures ou de codes de conduite, d’éoliennes géantes ou de centrales nucléaires, de cadres moyens ou de crapules politiciennes, de minuscules djihadistes ou de pâles consommateurs de salades bio, c’est la production d’une norme de masse qui nous noie tous ensemble dans l’ensemble de tous les ensembles ! Celui-ci « valant » pour repère de nos réciprocités et juridiction de nos solidarités. Bref, ce qui est monstrueux dans le Porninternet, c’est la politically correctness qui y prolifère avec sa morale de dame patronnesse ou de prof d’autoécole étendue à la compétence à la fellation et à la sodomie, voire aux deux à la fois, pour votre créativité, votre sécurité et votre confort.
Ce qui est ignoble, c’est le rapport textuel banalisable et robotisable entre les Humains, celui dont l’infraction dans le Réel conduit immédiatement à l’accusation aboyante de harcèlement par les meutes médiatiques, ces nouveaux ordres religieux aux ordres de la masse et de la matrix. L’immonde, qui déjà révulsait Voltaire, et révoltait Rousseau ! L’immonde, qui toujours s’habille de neuf pour mieux jouer en tartuffe du plus vertueux moralisme, ce sommet indépassable de toute perversion, nourriture fraîche de tout sadisme actualisé ! Répugnante propension de la horde lâche des bonnes consciences à s’aligner sur le crachat collectif dépolluant et la lapidation de bon aloi !
Pour s’en faire une idée quotidienne, pas la peine de prononcer le mot « sexe » sur votre portable : il suffit d’écouter les leçons salvatrices indignées de s bonnes âmes de France Cul sur à peu près tous les sujets !

Samedi 31 Janvier 2015 - 15:17
Lundi 16 Mai 2016 - 09:52
Denis Duclos
Lu 656 fois


1.Posté par Debbie le 18/03/2015 21:51

Je vais lire le document intégralement, mais je répond à ton résumé, ci dessus, avant de le faire.
Il est bien difficile de prédire ce qu'il en sera du rapport entre les sexes, je trouve.
Je pense que ce rapport découle d'une opposition binaire, d'une polarisation entre les mots "homme/femme", "masculin/féminin".
Force est de constater qu'il y a des oppositions... binaires, et celle-ci est fondamentalement binaire, et incontournable.
Ça fait longtemps que la civilisation occidentale hait le sexe, comme elle hait le corps, le séparant de manière commode, pour créer une opposition binaire "corps/esprit" qui a pâti de l'effondrement de l'"âme" comme mot de notre vocabulaire assez courant.
Le désir sexuel, que ce soit celui de l'homme ou de la femme, est vécu comme une humiliation, un assujettissement qui atteint la... liberté du sujet.
(Bon, tu dois savoir le peu de prix que j'attache aux gargarismes sur la liberté en ce moment...)
Tu te souviendras que Sigmund a fait du désir sexuel un phénomène.. phallique.
Autrement dit, Sigmund percevait dans le désir sexuel, chez l'homme, et chez la femme, un caractère masculin.
Cela ne me choque pas plus que ça, et je souscris à sa vision du sexe.
On pourrait dire que chez la femme... le désir d'être pénétrée est phallique, et actif. Je dis bien... le désir...
Par contre, dans la réalisation de l'acte sexuel, celle/celui ? qui est pénétrée, celle/celui qui REÇOIT le...pénis ? la langue, etc est dans une position féminine. Ce qui est féminin est aussi... dessous... (c'est piquant d'imaginer une femme juchée sur son homme, hein ? ;-), voilà une bête à deux dos hautement paradoxale). Le sexe fait de nous des êtres sens dessus dessous. On ne peut pas faire correspondre à 100% "homme/masculin" et "femme/féminin". Ça ne marche pas comme ça...
L'enjeu de la pornographie est d'attaquer le fantasme comme représentation projetée sur l'écran virtuel mais INVISIBLE qu'est la psyché.
Et on est confronté au problème du visible/invisible, et sa signification dans notre capacité de croire sur parole, par exemple...
"Seeing is.. BELIEVING" est un maxime fondateur pour l'Occident en ce moment.
Au fur et à mesure qu'on continue à saturer le monde d'images, représenter devient de plus en plus difficile pour M et Mme Tout le Monde. (Oui, je sais que ce discours a une dette envers la culture monothéïste, mais je ne suis pas.. hostile à cette culture. Elle préserve des noyaux de sagesse qui m'importent au plus haut point tout de même.)
Pour la domination idéologique du.. phallique chez les deux sexes, je me demande si, tôt ou tard, les hommes ne vont pas prendre le chemin de la maison, ayant compris qu'à la maison... on peut être plus ? aussi ? libres que dans la sphère.. publique. Au moins avoir autant de pouvoir...(après tout, un être ayant un peu branché ses neurones sait que le pouvoir est un phénomène relatif et contextuel...)
Et je ne sais pas si l'asexuel est tant à redouter que cela...
Et si les femmes prenaient le pouvoir (public....) ? Si l'égalité était un smokescreen, une méconnaissance d'une rivalité intraspécifique (à comprendre dans le sens de Konrad Lorenz, comme compétition au sein de l'espèce) ?
...
Notre incapacité de penser le féminin est une vraie pierre d'achoppement en ce moment. (Perso, je vote pour.. celle ? celui ? qui parvient à réhabiliter le féminin...)
Et il est encore plus triste que tant de femmes elles-mêmes pensent si... mâle le féminin..
Ce n'est pas parce qu'on est en dessous qu'on est inférieur, ou qu'on doit se penser.. inférieur..(Songe que Jésus, dans St. Jean, lavait les pieds de ses disciples, en esclave, avant son dernier repas avec eux...je doute fort qu'il se pensait inférieur à ce moment là...)
Ahhh, ces fichus mots, ils continuent à être si traîtres...
Et "on" ne va pas y échapper....

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