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  <title>Denis Duclos/CNRS</title>
  <description><![CDATA[Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission 40 du Comité National - Science Politique); Ses recherches portent sur
la géo-anthropologie des sociétés contemporaines, la société-monde, la conversation interculturelle.]]></description>
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   <title>Denis Duclos/CNRS</title>
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  <itunes:subtitle>Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique); Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</itunes:subtitle>
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   <title>Lettre à Frédéric Masson</title>
   <pubDate>Wed, 14 Mar 2012 18:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théorie de la pluralité/Pluralist Theory]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   A propos du problème de la reconnaissance des individus par l'institution Patientez pour le démarrage du document audio     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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   <title>Langage et subjectivité : solidarité, trahison,reconnaissance, place symbolique, poésie, les cinq aventures de la métaphore</title>
   <pubDate>Mon, 05 Mar 2012 21:15:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Origines et dynamiques des cultures / origins and dynamics of cultures]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Le langage humain ne fut sans doute pas rendu nécessaire par l'instrumentalité, mais par la solidarité élargie qu'il ouvrait aux groupes non apparentés impliquant une métaphore fondamentale : la société est aux familles ce que celles-ci sont à l'individu. Mais chaque Un a pu résister à être convaincu par cette métaphore. Y assujettir l'individu toujours en instance de trahison fut et est encore l'enjeu principal de l'élaboration du sujet. Le sujet n'a d'autre consistance que d'être un problème. La reconnaissance est le compromis qui intéresse individu et société dans la préservation d'une part indéterminée du sujet. Ce compromis est, par exemple, la métaphore de la"place", qu'incarne bien la catégorie parentale et notamment celle du père.Certes, la place ne suffit pas,et n'est jamais garantie. Elle ne vient pas à bout du doute qui nourrit la conversation et son feu d'artifices de métaphores. La langue, dont Jakobson finit par dire qu'elle était faite pour la poésie, permet au moins de laisser une petite part des discours (cours de chaque métaphore centrale) ne pas être accaparée par telle ou telle force publique ou privée. En tout cas, contrairement à des linguistiques techniciennes, il est avéré pour l'anthropologue qu'on ne peut séparer la mécanique phonatoire du langage humain et son contenu imaginaire (rassembleur et diviseur) pour faire face au réel de la guerre et de la trahison. Erratum (du document sonore) :Selon Catherine Clément (Le Monde, 9 septembre 2011), les trois derniers mots de Lacan sont :"je suis obstiné, je disparais". J'ai     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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              <br />
       Selon Catherine Clément  (Le Monde, 9 septembre 2011), les trois derniers mots de Lacan sont :&quot;je suis obstiné, je disparais&quot;. J'ai        <br />
       
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      (patientez pour le lancement du document audio).
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Assujettis à la Reconnaissance :  Hegel, Lacan... et la poursuite (pluraliste) du chemin vers la liberté</title>
   <pubDate>Sat, 25 Feb 2012 13:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Psychisme et culture]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Nous ne pouvons vivre sans être reconnus. Mais, reconnus seulement comme des signifiants, nous oscillons entre le néant de réalité qu'est le symbole et sa totalisation. Il nous faut donc une place pour trouver la paix. Mais le symbolique nous trouble par son défilement, son ambiguité, son inconsistance ou sa rigidité. Nous en restons tous névrosés (pour ceux qui n'y sont pas transfixés comme "psychotiques"). Reconnus seulement symboliquement, nous sommes aussi guettés par la constante tentative des sociétés de s'emparer de la langue et du parler. Le chemin de liberté est donc difficile, précaire, souvent invisible.Une certaine distance entre deux pôles nous permet d'éviter à la fois de sombrer dans la dialectique sociologique du maître et de l'esclave, et dans le malaise métaphysique du Tout et du Néant. Ce chemin, à peine esquissé ou repéré par Lacan après Freud, c'est celui d'une place seulement déterminée par la conjonction entre Familiarité (ancrée en nature) et Singularité du sujet du symbolique (ancrée dans l'indétermination de la place de chaque Un). Il s'agit d'une résistance de la psychanalyse au surmoi sociétal,mais aussi d'une résistance à une certaine psychanalyse comme religiosité et comme académisme.Pour le dire autrement: la métaphore paternelle -signifiant zéro des "rapports" humains qui libère des significations empiriques pour permettre la symbolisation- est paradoxale : elle ne réalise sa fonction de permettre une place reconnue à chacun qu'au prix que ce soit une place semblable pour chacun. Pris dans le sens de la mesure comptable, cette loi qui garantit les places garantit aussi la réduction des sujets à l'unité de compte.Ceci est aussi insupportable pour notre besoin de reconnaissance que la guerre entre frères pour devenir le père tout puissant. Or ce paradoxe, Freud et Lacan en détiennent chacun un morceau, sans qu'on ait vraiment depuis songé à les assembler : Freud a été obsédé par la récurrence du meurtre du père, au point de finir par constater que l'antisémitisme tueur de juifs (et l'obligeant à s'exiler en Angleterre) en était une pénultième résurgence. Lacan a été obsédé par le côté automatique (et informatique avant l'heure) de la loi symbolique des lignages, qui, à l'instar de de la chaîne de Markov, conserve une place en la déplaçant, sans se préoccuper de son contenu. Mais que cet automatisme protecteur de la métaphore paternelle soit aussi ce qui donne récurrence au meurtre du père, et ce d'autant plus que la société dissout la différence de contenus entre le Père et le Fils (ce que la tradition occidentale opère par le christianisme), voila qui semble lui avoir échappé, tout fasciné qu'il était finalement par les mathèmes.Comment continuer la métaphore paternelle pour qu'elle ne se recourbe pas en métonymie d'une domination intégrale de la totalité sur l'infime individualité ? On doit lui rendre un contenu, un corps, ou plutôt puisqu'elle n'a jamais cessé d'en avoir, lui trouver un corps adapté à l'époque. L'égalité entre les citoyens rendus abstraits ne suffit plus, pour incarner la forme moderne du père comme place de chacun, séparée par de l'attente . La pluralité des façons de vivre ensemble peut lui rendre un contenu : car cette pluralité représente (comme signifiant de base de la société-monde supportable et soutenable ) le principe même du respect de la singularité comme autonomie et comme différence. Ne nous contentons plus d'aimer notre prochain comme nous-même : aimons aussi notre lointain , notre différent, notre étranger en lui-même. Ce n'est qu'un des nombreux préceptes qui indiquent que ce qui doit désormais nous séparer du fusionnalisme psychotisant, c'est moins la lignée des pères que le père comme "autre culture".Effort considérable s'il en est, et qui, certainement, comportera un reste mortel ! Mais ici la culpabilité et son pardonpeuvent se satisfaire du fait qu'en respectant dans toute sa puissance d'existence l'autre façon d'exister.... nousagressons aussi beaucoup moins nature et culture qu'en les emportant dans un discours unique. Pour une raison simple : respecter substantiellement une façon de vivre différente implique de limiter notre croissance et de ne pas envahir le territoire de transhumance ou de convivialité de l'autre. Nous ne pouvons être limités que par la pluralité.Dans cette "solution", psychisme et environnement peuvent donc se concilier, et cela de façon politique et laïque. Sans la pluralité, au contraire, l'éco-religion risque de reprendre et de transposer simplement le mécanisme du meurtre du père et de la gestion de sa culpabilité projetée en agressivité. Patientez pour le démarrage des documents vidéo     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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   <title>Le matérialisme comme métaphysique périscientifique a-t-il survécu à la doxa marxiste ?</title>
   <pubDate>Tue, 14 Feb 2012 07:40:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[questions et choix philosophiques]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
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 -Une erreur dans la conférence : l'ouvrage cité de Platon (à propos de la Nuit du Grand Roi) n'est pas le Gorgias mais l'Apologie de Socrate : 
 δυοῖν γὰρ θάτερόν ἐστιν τὸ τεθνάναι· ἢ γὰρ οἷον μηδὲν εἶναι μηδὲ αἴσθησιν μηδεμίαν μηδενὸς ἔχειν τὸν τεθνεῶτα, ἢ κατὰ τὰ λεγόμενα μεταβολή τις τυγχάνει οὖσα καὶ μετοίκησις τῇ ψυχῇ τοῦ τόπου τοῦ ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον. καὶ εἴτε δὴ μηδεμία αἴσθησίς ἐστιν ἀλλ᾽ (40d) οἷον ὕπνος ἐπειδάν τις καθεύδων μηδ᾽ὄναρ μηδὲν ὁρᾷ, θαυμάσιον κέρδος ἂν εἴη ὁ θάνατος -- ἐγὼ γὰρ ἂν οἶμαι, εἴ τινα ἐκλεξάμενον δέοι ταύτην τὴν νύκτα ἐν ᾗ οὕτω κατέδαρθεν ὥστε μηδὲ ὄναρ ἰδεῖν, καὶ τὰς ἄλλας νύκτας τε καὶ ἡμέρας τὰς τοῦ βίου τοῦ ἑαυτοῦ ἀντιπαραθέντα ταύτῃ τῇ νυκτὶ δέοι σκεψάμενον εἰπεῖν πόσας ἄμεινον καὶ ἥδιον ἡμέρας καὶ νύκτας ταύτης τῆς νυκτὸς βεβίωκεν ἐν τῷ ἑαυτοῦ βίῳ, οἶμαι ἂν μὴ ὅτι ἰδιώτην τινά, ἀλλὰ τὸν μέγαν βασιλέα εὐαριθμήτους (40e) ἂν εὑρεῖν αὐτὸν ταύτας πρὸς τὰς ἄλλας ἡμέρας καὶ νύκτας -- εἰ οὖν τοιοῦτον ὁ θάνατός ἐστιν, κέρδος ἔγωγε λέγω· καὶ γὰρ οὐδὲν πλείων ὁ πᾶς χρόνος φαίνεται οὕτω δὴ εἶναι ἢ μία νύξ. Εἰ δ᾽ αὖ οἷον ἀποδημῆσαί ἐστιν ὁ θάνατος ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον, καὶ ἀληθῆ ἐστιν τὰ λεγόμενα, ὡς ἄρα ἐκεῖ εἰσι πάντες οἱ τεθνεῶτες, τί μεῖζον ἀγαθὸν τούτου εἴη ἄν, ὦ ἄνδρες δικασταί. 
 (Il faut de deux choses l'une, ou que la mort soit un absolu anéantissement et une privation de tout sentiment, ou, comme on dit, un passage de l'âme d'un lieu dans un autre. Si elle est la privation de tout sentiment, un paisible sommeil, qui n'est troublé par aucun songe, quel merveilleux avantage n'est-ce pas que de mourir ? car si quelqu'un, après avoir passé une nuit bien tranquille, sans aucune inquiétude, sans aucun trouble, sans le moindre songe, la comparait avec toutes les autres nuits et tous les autres jours qu'il a passés, et qu'il fût obligé de dire en conscience combien il aurait passé de jours et de nuits dans toute sa vie plus heureusement que cette nuit-là, je suis persuadé non seulement qu'un simple particulier, mais que le grand roi lui-même, en trouverait un bien petit nombre, et qu'il serait très aisé de les compter. Si la mort est quelque chose de semblable, je l'appelle justement un bien ; car le temps tout entier n'est plus alors qu'une longue nuit. Mais si la mort est un passage de ce lieu dans un autre, et que ce qu'on dit soit véritable, que là-bas est le rendez-vous de tous ceux qui ont vécu, quel plus grand bien peut-on imaginer, mes juges ?) 
  
 A propos de l'hésitation du conférencier sur le fait que les oeuvres de Pierre Teilhard de Chardin aient été mises à l'index : ce fut bien le cas, de même qu'en 1962 un monitum du st Office affirmait que ses oeuvres "fourmillent de telles ambigüités et même d'erreurs si graves qu'elles offensent la doctrine catholique."     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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       -Une erreur dans la conférence : l'ouvrage cité de Platon (à propos de la Nuit du Grand Roi) n'est pas le Gorgias mais l'Apologie de Socrate :       <br />
        δυοῖν γὰρ θάτερόν ἐστιν τὸ τεθνάναι· ἢ γὰρ οἷον μηδὲν εἶναι μηδὲ αἴσθησιν μηδεμίαν μηδενὸς ἔχειν τὸν τεθνεῶτα, ἢ κατὰ τὰ λεγόμενα μεταβολή τις τυγχάνει οὖσα καὶ μετοίκησις τῇ ψυχῇ τοῦ τόπου τοῦ ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον. καὶ εἴτε δὴ μηδεμία αἴσθησίς ἐστιν ἀλλ᾽ (40d) οἷον ὕπνος ἐπειδάν τις καθεύδων μηδ᾽ὄναρ μηδὲν ὁρᾷ, θαυμάσιον κέρδος ἂν εἴη ὁ θάνατος -- ἐγὼ γὰρ ἂν οἶμαι, εἴ τινα ἐκλεξάμενον δέοι ταύτην τὴν νύκτα ἐν ᾗ οὕτω κατέδαρθεν ὥστε μηδὲ ὄναρ ἰδεῖν, καὶ τὰς ἄλλας νύκτας τε καὶ ἡμέρας τὰς τοῦ βίου τοῦ ἑαυτοῦ ἀντιπαραθέντα ταύτῃ τῇ νυκτὶ δέοι σκεψάμενον εἰπεῖν πόσας ἄμεινον καὶ ἥδιον ἡμέρας καὶ νύκτας ταύτης τῆς νυκτὸς βεβίωκεν ἐν τῷ ἑαυτοῦ βίῳ, οἶμαι ἂν μὴ ὅτι ἰδιώτην τινά, ἀλλὰ τὸν μέγαν βασιλέα εὐαριθμήτους (40e) ἂν εὑρεῖν αὐτὸν ταύτας πρὸς τὰς ἄλλας ἡμέρας καὶ νύκτας -- εἰ οὖν τοιοῦτον ὁ θάνατός ἐστιν, κέρδος ἔγωγε λέγω· καὶ γὰρ οὐδὲν πλείων ὁ πᾶς χρόνος φαίνεται οὕτω δὴ εἶναι ἢ μία νύξ. Εἰ δ᾽ αὖ οἷον ἀποδημῆσαί ἐστιν ὁ θάνατος ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον, καὶ ἀληθῆ ἐστιν τὰ λεγόμενα, ὡς ἄρα ἐκεῖ εἰσι πάντες οἱ τεθνεῶτες, τί μεῖζον ἀγαθὸν τούτου εἴη ἄν, ὦ ἄνδρες δικασταί.       <br />
       (Il faut de deux choses l'une, ou que la mort soit un absolu anéantissement et une privation de tout sentiment, ou, comme on dit, un passage de l'âme d'un lieu dans un autre. Si elle est la privation de tout sentiment, un paisible sommeil, qui n'est troublé par aucun songe, quel merveilleux avantage n'est-ce pas que de mourir ? car si quelqu'un, après avoir passé une nuit bien tranquille, sans aucune inquiétude, sans aucun trouble, sans le moindre songe, la comparait avec toutes les autres nuits et tous les autres jours qu'il a passés, et qu'il fût obligé de dire en conscience combien il aurait passé de jours et de nuits dans toute sa vie plus heureusement que cette nuit-là, je suis persuadé non seulement qu'un simple particulier, mais que le grand roi lui-même, en trouverait un bien petit nombre, et qu'il serait très aisé de les compter. Si la mort est quelque chose de semblable, je l'appelle justement un bien ; car le temps tout entier n'est plus alors qu'une longue nuit. Mais si la mort est un passage de ce lieu dans un autre, et que ce qu'on dit soit véritable, que là-bas est le rendez-vous de tous ceux qui ont vécu, quel plus grand bien peut-on imaginer, mes juges ?)       <br />
              <br />
       A propos de l'hésitation du conférencier sur le fait que les oeuvres de Pierre Teilhard de Chardin aient été mises à l'index : ce fut bien le cas, de même qu'en 1962 un monitum du st Office affirmait que ses oeuvres &quot;fourmillent de telles ambigüités et même d'erreurs si graves qu'elles offensent la doctrine catholique.&quot;
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     <div><b>Noosphère ou champ conversationnel ? (La pluralité comme nuage de points Oméga !)</b></div>
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Patientez pour le lancement du document audio. -Une erreur dans la conférence : l'ouvrage cité de Platon (à propos de la Nuit du Grand Roi) n'est pas le Gorgias mais l'Apologie de Socrate : δυοῖν γὰρ θάτερόν ἐστιν τὸ τεθνάναι· ἢ γὰρ οἷον μηδὲν εἶναι μηδὲ αἴσθησιν μηδεμίαν μηδενὸς ἔχειν τὸν τεθνεῶτα, ἢ κατὰ τὰ λεγόμενα μεταβολή τις τυγχάνει οὖσα καὶ μετοίκησις τῇ ψυχῇ τοῦ τόπου τοῦ ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον. καὶ εἴτε δὴ μηδεμία αἴσθησίς ἐστιν ἀλλ᾽ (40d) οἷον ὕπνος ἐπειδάν τις καθεύδων μηδ᾽ὄναρ μηδὲν ὁρᾷ, θαυμάσιον κέρδος ἂν εἴη ὁ θάνατος -- ἐγὼ γὰρ ἂν οἶμαι, εἴ τινα ἐκλεξάμενον δέοι ταύτην τὴν νύκτα ἐν ᾗ οὕτω κατέδαρθεν ὥστε μηδὲ ὄναρ ἰδεῖν, καὶ τὰς ἄλλας νύκτας τε καὶ ἡμέρας τὰς τοῦ βίου τοῦ ἑαυτοῦ ἀντιπαραθέντα ταύτῃ τῇ νυκτὶ δέοι σκεψάμενον εἰπεῖν πόσας ἄμεινον καὶ ἥδιον ἡμέρας καὶ νύκτας ταύτης τῆς νυκτὸς βεβίωκεν ἐν τῷ ἑαυτοῦ βίῳ, οἶμαι ἂν μὴ ὅτι ἰδιώτην τινά, ἀλλὰ τὸν μέγαν βασιλέα εὐαριθμήτους (40e) ἂν εὑρεῖν αὐτὸν ταύτας πρὸς τὰς ἄλλας ἡμέρας καὶ νύκτας -- εἰ οὖν τοιοῦτον ὁ θάνατός ἐστιν, κέρδος ἔγωγε λέγω· καὶ γὰρ οὐδὲν πλείων ὁ πᾶς χρόνος φαίνεται οὕτω δὴ εἶναι ἢ μία νύξ. Εἰ δ᾽ αὖ οἷον ἀποδημῆσαί ἐστιν ὁ θάνατος ἐνθένδε εἰς ἄλλον τόπον, καὶ ἀληθῆ ἐστιν τὰ λεγόμενα, ὡς ἄρα ἐκεῖ εἰσι πάντες οἱ τεθνεῶτες, τί μεῖζον ἀγαθὸν τούτου εἴη ἄν, ὦ ἄνδρες δικασταί. (Il faut de deux choses l'une, ou que la mort soit un absolu anéantissement et une privation de tout sentiment, ou, comme on dit, un passage de l'âme d'un lieu dans un autre. Si elle est la privation de tout sentiment, un paisible sommeil, qui n'est troublé par aucun songe, quel merveilleux avantage n'est-ce pas que de mourir ? car si quelqu'un, après avoir passé une nuit bien tranquille, sans aucune inquiétude, sans aucun trouble, sans le moindre songe, la comparait avec toutes les autres nuits et tous les autres jours qu'il a passés, et qu'il fût obligé de dire en conscience combien il aurait passé de jours et de nuits dans toute sa vie plus heureusement que cette nuit-là, je suis persuadé non seulement qu'un simple particulier, mais que le grand roi lui-même, en trouverait un bien petit nombre, et qu'il serait très aisé de les compter. Si la mort est quelque chose de semblable, je l'appelle justement un bien ; car le temps tout entier n'est plus alors qu'une longue nuit. Mais si la mort est un passage de ce lieu dans un autre, et que ce qu'on dit soit véritable, que là-bas est le rendez-vous de tous ceux qui ont vécu, quel plus grand bien peut-on imaginer, mes juges ?) A propos de l'hésitation du conférencier sur le fait que les oeuvres de Pierre Teilhard de Chardin aient été mises à l'index : ce fut bien le cas, de même qu'en 1962 un monitum du st Office affirmait que ses oeuvres "fourmillent de telles ambigüités et même d'erreurs si graves qu'elles offensent la doctrine catholique."]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Eloge de la médiocrité (la continuation de la vie quotidienne comme héroïsme non médiatique)</title>
   <pubDate>Sat, 21 Jan 2012 17:46:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[questions et choix philosophiques]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Certaines vérités ne peuvent se dire facilement parce qu' elles sont en quelque sorte oubliées dans le balancement des opinions et que les majorités sont toujours prêtes à basculer vers une nouvelle puissance, et certainement pas à honorer ceux qui restent dans l'incorrection. Ceci est bien connu des résistants et autres minoritaires. Mais ces derniers sont en proie au paradoxe : ils ne peuvent faire reconnaître leur résistance qu'une fois la majorité constituée en leur faveur ! A ce moment précis, c'est au tour de leurs ex-adversaires d'avoir à supporter l"opprobre et la honte. Nous ne discuterons pas ici du caractère juste ou injuste de ce fait, ne serait-ce que parce qu'il existe des "bonnes majorités" portant de justes jugements. En revanche, il existe presque toujours une vaste "masse" de gens qui n'ont pas pris position ni ne le feront : ce grand nombre est toujours l'objet d'un jugement négatif puisqu'il reste toujours à l'écart des engagements victorieux. S'agit-il seulement de lâcheté ? C'est sans doute vrai pour une composante de cette foule silencieuse. Mais je soutiendrai ici qu'elle comporte aussi une bonne part de personnes dont l'héroïsme -dénigrable par définition- consiste exactement à continuer la quotidienneté comme pratique de la vie civilisée. ....patienter pour le lancement de la conférence audio..... 
  
  
 Morale : éloge de la médiocrité 
  
 (l’héroïsme anonyme entre l’agent servile selon Stanley Milgram et le super-résistant selon Romain Gary) 
  
  
 Peu de gens résistaient au lavage de cerveau dans les prisons et les asiles psychiatriques soviétiques, dans les camps de rééducation vietminh ou nord-coréens. Pourquoi ?.  
 Certes, les mauvais traitements affaiblissent, le manque de sucre pousse à la confusion mentale. Les ordres répétés, la combinaison torturante de postures « affectueuses », de promesses et de « punitions », la propagande continuelle, l’isolement des détenus entre eux et la seule fréquentation des gardes et des interrogateurs, le décorum « pédagogique », la durée indéfinie et sans perspective de libération, poussent la personne maltraitée à « céder ». Pourtant, le changement d’opinion obtenu comme un aveu sous la torture n’a pas plus de substance qu’un mauvais rêve et ne tient qu’aux conditions momentanées. Il est automatiquement réversible dès qu’on en sort. 
 Ce modèle extrême démontre la relativité des postures morales tout aussi bien que les expériences de Stanley Milgram plaçant les sujets en position d’adjoints des tortionnaires, et montrant qu’une grande majorité de personnes se soumettent à une autorité injuste ou criminelle, du moment qu’ils la perçoivent légitime et impunissable. 
 En réalité, l’extrême démontre surtout que, par généralisation, dans les conditions les plus banales, les plus « normales », la plupart des gens se construisent une morale de circonstance et de convenance, compatible avec les intérêts constituant leur milieu, et sont donc prêts à en changer –à quelque temps adaptatif près- comme ils changent de chemise. 
 Mais il faut tout de même rappeler que cette sorte de philosophie sophistique appliquée a ses limites : il existe toujours des gens qui résistent, même s’ils constituent une petite (mais non infime) minorité : 10% dans le cas des expériences de Milgram, et sans compter les gens qui refusaient de participer à l’expérience. 
 Rappelons que dans la nature, la minorité résistante est souvent l’origine d’une victoire sur la majorité : à ne prendre que les virus, ce sont les ultra-minoritaires, ceux qui ont réussi –grâce aux erreurs de leur programmation- à muter au-delà des possibilités de reconnaissance du système immunitaire qui finissent par tuer l’organisme-hôte, et non pas la multitude des virions « conformes », très rapidement éliminés par les leucocytes. 
 L’exemple semble incongru : ne le négligeons pas en un temps où, touchant précisément aux mécanismes reproductifs les plus intimes, l’homme scientifico-technique apprend à intervenir sur la transcriptase réverse ou l’intégrase : ne cherchera-t-il pas un jour ou l’autre à tirer parti de la « résistance » virale ultra-minoritaire, par exemple dans une logique de guerre bactériologique ? Quelle « morale » l’arrêtera ? Celle de ceux qui ont toujours cherché à l’exterminer ? 
 Ce que nous voulons suggérer ici est aussi que, pour remarquable et athlétique qu’elle soit, la morale de référence des résistants n’est pas nécessairement meilleure que celle de ceux qui cèdent ou s’alignent. Elle pourrait même être pire dans certains cas. 
 Je citerai, à l’appui de cette thèse, les cas dont se régale Romain Gary entre « Education européenne » et « Chien blanc », et qui sont caractérisés par la cruauté non nécessaire : cruauté du Jeune résistant polonais qui exécute un aussi jeune soldat allemand désarmé, nu et à terre ; cruauté du dressage d’un chien à l’attaque des « nègres » dans un milieu de WASP américains. Cet écrivain hors-pair piège le lecteur dans une casuistique écartant toute médiocrité, et par tant, toute humanité : seule reste l’absolue nécessité de la tragédie.  
 Je ne suis pas d’accord avec la prétention paradigmatique de cette exhibition : je pense que la grande majorité des actes de résistance responsable (et en y incluant les assassinats « stratégiques ») ne se sont pas situés dans ce romantisme du désespoir, qui appelait d’ailleurs une répression encore plus féroce contre les civils. Quant au racisme ordinaire qui sévissait encore aux USA dans les années soixante, il se passait le plus souvent de chiens d’attaque. Le fait même de pousser, par la littérature, les situations à l’extrême de la cruauté ou du sadisme permet d’échapper à la fois au mal le plus grand et à sa parade la plus efficace. On peut au contraire considérer que la ligne d’action la plus digne réside dans une médiocrité véritablement héroïque en ceci qu’elle doit à la fois survivre sans déchoir à l’occupant ou au bourreau et résister… à la doxa moraliste des vainqueurs pour lesquels, a posteriori, tous ceux qui n’avaient pas pris le maquis étaient des collabos. Autre aspect de la duplicité littéraire de Gary (malgré tout un très, très grand écrivain) : faire des femmes des putains faciles au service des ennemis,mais seulement pour la bonne cause, et pour mieux les trahir. Mais la plupart des femmes n’ont pas été réduites à cette « ruse » avilissante : elles ont seulement continué à vivre et à porter la vie, en cherchant à se situer dans ce qui restait de civilité. Ne pas reconnaître ce type de dignité revient à ne jamais comprendre –autrement qu’en la méprisant implicitement- l’attitude qui conduisit les déportés dans les camps de la mort à accepter « passivement » leur sort. Certes, ils étaient totalement démunis, ne disposaient pas de la force, et s’illusionnaient sur la « correction » des Nazis. Mais dans cette illusion même, il est loisible de lire une volonté farouche de « croire » dans la civilisation, et un refus d’imaginer le degré de régression à la bestialité qu’impliquait le système de l'extermination, lente ou rapide. C’est tout l’effort auquel tend cette œuvre autrement plus sobre et plus « vécue » qu’est « l’Espèce humaine », selon Robert Antelme.  
 La survie quotidienne des « mangeurs d’épluchures » est d'abord caractérisée par la médiocrité morale au meilleur sens du terme latin de ce qui ne peut aller àl'excès :elle n’implique ni la pure déchéance pour tous ni l’altruisme autosacrificiel, même si les petits voleurs, les profiteurs et les grandes âmes y coexistent, mais est en elle-même une volonté de continuer comme groupe d’êtres humains. 
  
  
 Cet héroïsme banal (faisant pendant invisible à la banalité du Mal) comporte aussi ses exploits : une mère qui est capable de donner un rein à son enfant sans la moindre hésitation (alors qu’elle sait que son autre rein ne fonctionne pas bien et qu’elle risque la mort ) n’est pas un cas si rare. Un homme qui se lance à l'eau pour sauver ses enfants de la noyade ou les protéger d'une agression n'est pas exceptionnel. Là encore la nature n’est pas si loin : le côté quasi « absolu » (dans nombre de cas) de l’altruisme maternel ou du courage masculin est bien ancré dans l’instinctuel : avant tout la vie se préserve dans ce qui lui permet de se continuer au-delà de chaque génération.  
  
 Cependant, arguera dès lors le Sophiste, dans ces deux cas de résistance à l’adaptation de l’individu « rationnel » (ou tenu pour tel dans la fiction imposée par les gens d’argent), il est toujours loisible d'affirmer que les lois naturelles,même ancrées psychologiquement dans le cas humain, ne peuvent valoir pour une morale, puisqu’elles sont, précisément, au-delà du choix d’un sujet libre, seul auteur logique d’une morale. 
 Est-il possible de sortir de ce débat interminable ?  
 Nous le tenterons de la manière suivante. 
 Il est parfaitement vrai que les êtres humains doivent naviguer entre deux réseaux de contraintes,l’un absolu (la nature), l’autre quasi-absolu (l’environnement culturel). Mais d’une part, il existe souvent des chemins multiples dans la nature, et d’autre part, la culture est aussi une production de la personne. Elle y participe et peut toujours proposer son propre modèle de référence, même s’il est long et difficile à constituer, c’est-à-dire le plus souvent réservé à une minorité, la majorité se trouvant non pas plus « immorale », mais prise par surprise, placée malgré elle en état d’infériorité éthique. Du point de vue non sophistique qui est (j'espère) le mien, l’expérience de Milgram démontre seulement que, dans l’hypothèse où l’expérimentateur lui-même ne céderait pas à son propre genre d’expérience, c’est qu’il a seulement pris le temps de constituer une position éthique, ce que son sujet n’a pas eu le loisir de réaliser, soit qu’il soit trop jeune, soit qu’il soit trop aliéné par une vie de travail dépendant. Bref, ce n’est pas tant la soumission à l’autorité dont Milgram démontre la pregnance (le passage...     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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       Peu de gens résistaient au lavage de cerveau dans les prisons et les asiles psychiatriques soviétiques, dans les camps de rééducation vietminh ou nord-coréens. Pourquoi ?.        <br />
       Certes, les mauvais traitements affaiblissent, le manque de sucre pousse à la confusion mentale. Les ordres répétés, la combinaison torturante de postures « affectueuses », de promesses et de « punitions », la propagande continuelle, l’isolement des détenus entre eux et la seule fréquentation des gardes et des interrogateurs, le décorum « pédagogique », la durée indéfinie et sans perspective de libération,  poussent la personne maltraitée à « céder ».  Pourtant, le changement d’opinion obtenu comme un aveu sous la torture n’a pas plus  de substance qu’un mauvais rêve et ne tient qu’aux conditions momentanées. Il est automatiquement réversible dès qu’on en sort.       <br />
       Ce modèle extrême démontre la relativité des postures morales tout aussi bien que les expériences de  Stanley Milgram  plaçant les sujets en position d’adjoints des tortionnaires, et montrant qu’une grande majorité de personnes se soumettent à une autorité injuste ou criminelle, du moment qu’ils la perçoivent légitime et impunissable.       <br />
       En réalité, l’extrême démontre surtout que, par généralisation, dans les conditions les plus banales, les plus « normales », la plupart des gens se construisent une morale de circonstance et de convenance, compatible avec les intérêts constituant leur milieu, et sont donc prêts à en changer –à quelque temps adaptatif près- comme ils changent de chemise.       <br />
       Mais  il faut tout de même rappeler que cette sorte de philosophie sophistique appliquée a ses limites : il existe toujours des gens qui résistent, même s’ils constituent une petite (mais non infime) minorité : 10% dans le cas des expériences de Milgram, et sans compter les gens qui refusaient de participer à l’expérience.       <br />
       Rappelons que dans la nature, la minorité résistante est souvent l’origine d’une victoire sur la majorité : à ne prendre que les virus, ce sont les ultra-minoritaires, ceux qui ont réussi –grâce aux erreurs de leur programmation- à muter au-delà des possibilités de reconnaissance du système immunitaire qui finissent par tuer l’organisme-hôte, et non pas la multitude des virions « conformes », très rapidement éliminés par les leucocytes.       <br />
       L’exemple semble incongru : ne le négligeons pas en un temps où, touchant précisément aux mécanismes reproductifs les plus intimes, l’homme scientifico-technique apprend à intervenir sur la transcriptase réverse ou l’intégrase : ne cherchera-t-il pas un jour ou l’autre à tirer parti de la « résistance » virale ultra-minoritaire, par exemple dans une logique de guerre bactériologique ? Quelle « morale » l’arrêtera ? Celle de ceux qui ont toujours cherché à l’exterminer ?       <br />
       Ce que nous voulons suggérer ici est aussi que, pour remarquable et athlétique qu’elle soit, la morale de référence des résistants n’est pas nécessairement meilleure que celle de ceux qui cèdent ou s’alignent. Elle pourrait même être pire dans certains cas.       <br />
       Je citerai, à l’appui de cette thèse, les cas dont se régale Romain Gary entre « Education européenne » et « Chien blanc », et qui sont caractérisés par la cruauté non nécessaire : cruauté du Jeune résistant polonais qui exécute un aussi jeune soldat allemand désarmé, nu et à terre ; cruauté du dressage d’un chien à l’attaque des « nègres » dans un milieu de WASP américains. Cet écrivain hors-pair piège le lecteur dans une casuistique écartant toute médiocrité, et par tant, toute humanité : seule reste l’absolue nécessité de la tragédie.        <br />
       Je ne suis pas d’accord avec la prétention paradigmatique de cette exhibition : je pense que la grande majorité des actes de résistance responsable (et en y incluant les assassinats « stratégiques ») ne se sont pas situés dans ce romantisme du désespoir, qui appelait d’ailleurs une répression encore plus féroce contre les civils.  Quant au racisme ordinaire qui sévissait encore aux USA dans les années soixante, il se passait le plus souvent de chiens d’attaque. Le fait même de pousser, par la littérature, les situations à l’extrême de la cruauté ou du sadisme permet d’échapper à la fois au mal le plus grand et à sa parade la plus efficace. On peut au contraire considérer que la ligne d’action la plus digne réside dans une médiocrité véritablement héroïque en ceci qu’elle doit à la fois<b> survivre sans déchoir à l’occupant ou au bourreau et résister… à la doxa moraliste des vainqueurs</b> pour lesquels, a posteriori, tous ceux qui n’avaient pas pris le maquis étaient des collabos. Autre aspect de la duplicité littéraire de Gary (malgré tout un très, très grand écrivain) : faire des femmes des putains faciles au service des ennemis,mais seulement pour la bonne cause, et pour mieux les trahir. Mais la plupart des femmes n’ont pas été réduites à cette « ruse » avilissante : elles ont seulement continué à vivre et à porter la vie, en cherchant à se situer dans ce qui restait de civilité. Ne pas reconnaître ce type de dignité revient à ne jamais comprendre –autrement qu’en la méprisant implicitement-  l’attitude qui conduisit les déportés dans les camps de la mort à accepter « passivement » leur sort. Certes, ils étaient totalement démunis, ne disposaient pas de la force, et s’illusionnaient sur la « correction » des Nazis. Mais dans cette illusion même, il est loisible de lire une volonté farouche de « croire » dans la civilisation,  et un refus d’imaginer le degré de régression à la bestialité qu’impliquait le système de l'extermination, lente ou rapide. C’est tout l’effort auquel tend cette œuvre autrement plus sobre et plus « vécue » qu’est « l’Espèce humaine », selon Robert Antelme.        <br />
       La survie quotidienne des  « mangeurs d’épluchures » est d'abord caractérisée par la médiocrité morale au meilleur sens du terme latin de ce qui ne peut aller àl'excès  :elle n’implique ni la pure déchéance pour tous ni l’altruisme autosacrificiel, même si les petits voleurs, les profiteurs  et les grandes âmes y coexistent, mais est en elle-même une volonté de continuer<b> comme groupe d’êtres humains.</b>       <br />
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       Cet héroïsme banal (faisant pendant invisible à la banalité du Mal) comporte  aussi ses exploits : une mère qui est capable de donner un rein à son enfant sans la moindre hésitation (alors qu’elle sait que son autre rein ne fonctionne pas bien et qu’elle risque la mort ) n’est pas un cas si rare. Un homme qui se lance à l'eau pour sauver ses enfants de la noyade ou les protéger d'une agression n'est pas exceptionnel.  Là encore la nature n’est pas si loin : le côté quasi « absolu »  (dans nombre de cas) de l’altruisme maternel ou du courage masculin  est bien ancré dans l’instinctuel : avant tout la vie se préserve dans ce qui lui permet de se continuer au-delà de chaque génération.        <br />
              <br />
       Cependant, arguera dès lors le Sophiste, dans ces deux cas de résistance à l’adaptation de l’individu « rationnel » (ou tenu pour tel dans la fiction imposée par les gens d’argent), il est toujours loisible d'affirmer que les lois naturelles,même ancrées psychologiquement dans le cas humain, ne peuvent valoir pour une morale, puisqu’elles sont, précisément, au-delà du choix d’un sujet libre, seul auteur logique d’une morale.       <br />
       Est-il possible de sortir de ce débat interminable ?        <br />
       Nous le tenterons de la manière suivante.       <br />
       Il est parfaitement vrai que les êtres humains doivent naviguer entre deux réseaux de contraintes,l’un absolu (la nature), l’autre quasi-absolu (l’environnement culturel). Mais d’une part, il existe souvent des chemins multiples dans la nature, et d’autre part, la culture est aussi une production de la personne. Elle y participe et peut toujours proposer son propre modèle de référence, même s’il est long et difficile à constituer, c’est-à-dire le plus souvent réservé à une minorité, la majorité se trouvant non pas plus « immorale », mais prise par surprise, placée malgré elle en état d’infériorité éthique. Du point de vue non sophistique qui est (j'espère) le mien, l’expérience de Milgram démontre seulement que, dans l’hypothèse où l’expérimentateur lui-même ne céderait pas à son propre genre d’expérience, c’est qu’il a seulement pris le temps de constituer une position éthique, ce que son sujet n’a pas eu le loisir de réaliser, soit qu’il soit trop jeune, soit qu’il soit trop aliéné par une vie de travail dépendant. Bref, ce n’est pas tant la soumission à l’autorité dont Milgram démontre la pregnance (le passage de l’individu à l’état « agentique »,  « d’agent exécutif d'une volonté étrangère »), mais plutôt la tendance à rallier un modèle cohérent permettant une décision sans hésitation : modèle implicite qui est attribué à l’expérimentateur, mais dans une nervosité grandissante.       <br />
       Une morale personnelle résistante aux injonctions du Sociétal ou du Groupe<span class="u"> ne s’improvise pas</span>. Nous avons vu qu’elle n’est pas naturelle, et elle se construit difficilement. Pour ce qui concerne les expériences de Milgram (et pour toutes celles qui ont confirmé la même tendance par la suite), il n’est pas tenu compte du remords et de l’éventuelle inversion d’attitude consécutive à ce qui a pu rester un traumatisme pour le sujet (même si on l’a rassuré après coup sur l’absence de courant électrique et sur le jeu du « compère » faisant semblant de souffrir.) A notre avis, une fois l’expérience subie, le sujet ne peut y revenir dans les mêmes  dispositions :d’une part, évidemment, parce qu’il sait qu’il n’y a pas électrocution ni de soi disant patient, et d’autre part, parce que l’explication même du sens de l’expérience ne peut qu’induire une défense morale : s’est-on demandé si les sujets de Milgram n’étaient pas devenus des sujets moraux particulièrement réticents à l’autorité ? Apparemment non, et pourtant cela irait dans le sens d’une définition de la morale comme acquisition d’expérience… à moins que cela prouve seulement que les gens s’alignent sur la morale milgramienne ! Mais pour le coup, nous serions plutôt dans le cas d’une pathologie de la fusion avec celui qui parle en dernier, comme dans tel film de Woody Allen. Ici,le sophiste perd parce qu’il devient ridicule : la majorité des gens n’en sont pas à ce point là.       <br />
       Le problème d’une morale réellement personnelle, c’est d’abord qu’elle rencontre la réprobation de ceux à qui elle ne convient pas, et au pire, pour ceux qui sont trop crédules, la menace de l’enfer.       <br />
       Il est extrêmement difficile et long de se débarrasser de la peur d’un enfer consécutif à un soi-disant crime, celui-ci ayant son modèle dans le meurtre imaginaire du père, dont pratiquement tous les enfants et surtout les garçons se sentent coupables. Ce travail peut être aidé par des rites initiatiques –dont la psychanalyse est une forme modernisée-, mais il peut s’avérer interminable. Par ailleurs, rares les sociétés qui ne cherchent pas à jouer sur le sentiment infantile de culpabilité pour obtenir de l’ordre.       <br />
       Imaginons que la personne y parvienne néanmoins. La voila enfin à pied d’œuvre pour décider du Bien et du Mal selon ses propres critères réfléchis et assumés. Ses difficultés ne sont pas pour autant aplanies. Pour vivre sans trop de malheur, elle doit tenir compte des intérêts des autres, même si elle récuse leur système de valeurs ad hoc. Cette morale « stoïcienne » ou épicurienne n’est pas facile à tenir sans se sustenter d’une croyance,  d’une fiction rassurante, éventuellement partagée par les proches. Elle peut aussi  muter en cynisme du sujet en position dominante et d’autorité, ce qui signe aussi son autodestruction (dialectique du Maître et de l’Esclave) ;ou encore se dégrader en grave compromission par peur de perdre une situation avantageuse.  Il faut donc encore longtemps pour l’assurer dans une authenticité stable.       <br />
       Un autre problème de la morale, c’est qu’elle tend à envahir toute la vie, et à dénier à celle-ci le droit à exister, même sur des détails, de manière « amorale », un peu comme la loi et la réglementation tendent à infester tout le champ social sans  rien laisser à la spontanéité. Ce phénomène est probablement une conséquence de la présence inconsciente d’une culpabilité jamais éteinte. Il est fort dangereux, car il a pour contrepartie presque irrémédiable la montée d’une haine contre soi,cherchant désespérément à trouver un exutoire et un bouc émissaire.       <br />
       Malgré ces difficultés multiples,une sagesse est possible qui se contente de ramener des moyens à des buts, ces buts eux-mêmes étant soigneusement définis, soupesés, et assumés enfin, en déterminant ce que l’on nomme une « ligne de conduite ». Les buts ultimes sont presque toujours très difficiles à fixer de manière non arbitraire, et ils restent dépendants d’argumentations et de modes d’expression nécessairement imparfaits.        <br />
       Néanmoins, je crois qu’il existe des buts moins contestables que d’autres. Par exemple, la récusation d’une participation à la destruction du milieu de vie terrestre par une espèce humaine rendue surpuissante, me semble difficilement contestable,même s’il demeure difficile de discerner les comportements qui favorisent cette destruction et ceux qui s’y opposent,en demeurant à la portée des personnes, et sans contredire des valeurs morales immédiates, comme celle  de sauvegarder la vie et la santé des membres de ma  famllle , puis de celle des prochains ou de toute personne le devenant par effet de situation et de rencontre.       <br />
       Mais, même dans le cas de ce &quot;mal absolu&quot;, l'attaque moraliste de la &quot;morale banale&quot;, de celle qui tient pour essentiel de &quot;continuer à vivre et à faire vivre ses proches&quot; ne me semblerait pas juste : il semblerait plus approprié de réduire la contradiction entre la nuisance sociétale et le &quot;devoir vivre&quot; personnel en laissant plus d'autonomie à ce dernier plutôt qu'en l'asservissant au sein d'une nouvelle horde morale. Est-ce possible ? En principe oui : face à la nuisance liée à la dépendance des gens au système, ou bien on aggrave cette dépendance en rendant le système moins nuisant, ou bien on défait cette immense machine au profit des &quot;proches&quot;, et du même coup on satisfait  la morale de base, tout en diminuant la nuisance systémique !       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Certaines vérités ne peuvent se dire facilement parce qu' elles sont en quelque sorte oubliées dans le balancement des opinions et que les majorités sont toujours prêtes à basculer vers une nouvelle puissance, et certainement pas à honorer ceux qu...]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[....patienter pour le lancement de la conférence audio.....  Morale : éloge de la médiocrité (l’héroïsme anonyme entre l’agent servile selon Stanley Milgram et le super-résistant selon Romain Gary)  Peu de gens résistaient au lavage de cerveau dans les prisons et les asiles psychiatriques soviétiques, dans les camps de rééducation vietminh ou nord-coréens. Pourquoi ?. Certes, les mauvais traitements affaiblissent, le manque de sucre pousse à la confusion mentale. Les ordres répétés, la combinaison torturante de postures « affectueuses », de promesses et de « punitions », la propagande continuelle, l’isolement des détenus entre eux et la seule fréquentation des gardes et des interrogateurs, le décorum « pédagogique », la durée indéfinie et sans perspective de libération, poussent la personne maltraitée à « céder ». Pourtant, le changement d’opinion obtenu comme un aveu sous la torture n’a pas plus de substance qu’un mauvais rêve et ne tient qu’aux conditions momentanées. Il est automatiquement réversible dès qu’on en sort. Ce modèle extrême démontre la relativité des postures morales tout aussi bien que les expériences de Stanley Milgram plaçant les sujets en position d’adjoints des tortionnaires, et montrant qu’une grande majorité de personnes se soumettent à une autorité injuste ou criminelle, du moment qu’ils la perçoivent légitime et impunissable. En réalité, l’extrême démontre surtout que, par généralisation, dans les conditions les plus banales, les plus « normales », la plupart des gens se construisent une morale de circonstance et de convenance, compatible avec les intérêts constituant leur milieu, et sont donc prêts à en changer –à quelque temps adaptatif près- comme ils changent de chemise. Mais il faut tout de même rappeler que cette sorte de philosophie sophistique appliquée a ses limites : il existe toujours des gens qui résistent, même s’ils constituent une petite (mais non infime) minorité : 10% dans le cas des expériences de Milgram, et sans compter les gens qui refusaient de participer à l’expérience. Rappelons que dans la nature, la minorité résistante est souvent l’origine d’une victoire sur la majorité : à ne prendre que les virus, ce sont les ultra-minoritaires, ceux qui ont réussi –grâce aux erreurs de leur programmation- à muter au-delà des possibilités de reconnaissance du système immunitaire qui finissent par tuer l’organisme-hôte, et non pas la multitude des virions « conformes », très rapidement éliminés par les leucocytes. L’exemple semble incongru : ne le négligeons pas en un temps où, touchant précisément aux mécanismes reproductifs les plus intimes, l’homme scientifico-technique apprend à intervenir sur la transcriptase réverse ou l’intégrase : ne cherchera-t-il pas un jour ou l’autre à tirer parti de la « résistance » virale ultra-minoritaire, par exemple dans une logique de guerre bactériologique ? Quelle « morale » l’arrêtera ? Celle de ceux qui ont toujours cherché à l’exterminer ? Ce que nous voulons suggérer ici est aussi que, pour remarquable et athlétique qu’elle soit, la morale de référence des résistants n’est pas nécessairement meilleure que celle de ceux qui cèdent ou s’alignent. Elle pourrait même être pire dans certains cas. Je citerai, à l’appui de cette thèse, les cas dont se régale Romain Gary entre « Education européenne » et « Chien blanc », et qui sont caractérisés par la cruauté non nécessaire : cruauté du Jeune résistant polonais qui exécute un aussi jeune soldat allemand désarmé, nu et à terre ; cruauté du dressage d’un chien à l’attaque des « nègres » dans un milieu de WASP américains. Cet écrivain hors-pair piège le lecteur dans une casuistique écartant toute médiocrité, et par tant, toute humanité : seule reste l’absolue nécessité de la tragédie. Je ne suis pas d’accord avec la prétention paradigmatique de cette exhibition : je pense que la grande majorité des actes de résistance responsable (et en y incluant les assassinats « stratégiques ») ne se sont pas situé...]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
   <link>http://www.geo-anthropology.com/Eloge-de-la-mediocrite-la-continuation-de-la-vie-quotidienne-comme-heroisme-non-mediatique_a196.html</link>
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   <title>COMMENTAIRE II  (géopolitique,géoéconomique)...</title>
   <pubDate>Sat, 17 Dec 2011 00:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Géopolitique et géostratégie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette rubrique, nous avons classé ceux de nos commentaires de réflexion consacrés aux aspects géostratégiques de la réalité géoanthropologique Actualité géostratégique en décembre 2011... vue de Jérusalem : une induration des effets des effets de structure agonistique; plus de difficultés à dénouer des possibilités d'enchaînements peu réversibles, pourtant sans volonté affirmée de guerre par aucun des grands acteurs de la scène.  
  
  
 Un erreur à rectifier dans l'archive sonore : la Chine n'a pas deux milliards d'habitants, mais elle comptait 1 338 299 500 personnes en 2010 selon la banque mondiale, et le vieillissement de sa population s'accroît rapidement du fait de la politique de limite drastique de la fécondité menée depuis la fin des années soixante (accentuée avec "l'enfant unique" depuis 1979"). 
 Rapportée aux 9 millions et demi de kilomètres carrés du territoire chinois, la densité est de 136 habitants au km 2 , certes supérieure à celle de l'Europe (au sens géographique incluant la Russie à l'ouest des monts Oural) : 75 habitants au km 2 sur 10 millions de km2 . Mais est-ce le bon terme de comparaison ? En réalité, si l'on prend les zones côtières peuplées d'Europe occidentale et de Chine, leurs densités sont plus proches. 
 Pour la Chine: Sangdong, Jiangsu, Zheijiang, Fujian, Guandong, Guangxi : 465 habitants/km2 en moyenne 
 Pour l'Europe : Pologne, Allemagne, Bénélux, France, Grande Bretagne, Espagne, Italie : 219 hab/km2 en moyenne. Le contraste est beaucoup moins grand, et avec 247 hab au km2, la Grande Bretagne se compare à la densité moyenne du Guangxi ou du Fujian. Celle de la Hollande (395 hab au km2) se compare à celle du Zheijiang.     <div><b>Etat des lieux fin 2011  : la question de la possibilité de la troisième guerre mondiale</b></div>
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     <div>
      Actualité géostratégique en décembre 2011... vue de Jérusalem : une induration des effets des effets de structure agonistique; plus de difficultés à dénouer des possibilités d'enchaînements peu réversibles, pourtant sans volonté affirmée de guerre par aucun des grands acteurs de la scène.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Un erreur à rectifier dans l'archive sonore </b>: la Chine n'a pas deux milliards d'habitants, mais elle comptait 1 338 299 500 personnes en 2010 selon la banque mondiale, et le vieillissement de sa population s'accroît rapidement du fait de la politique de limite drastique de la fécondité menée depuis la fin des années soixante (accentuée avec &quot;l'enfant unique&quot; depuis 1979&quot;).       <br />
       Rapportée aux 9 millions et demi de kilomètres carrés du territoire chinois, la densité est de 136 habitants au km 2 , certes supérieure à celle de l'Europe (au sens géographique incluant la Russie à l'ouest des monts Oural) :  75 habitants au km 2 sur 10 millions de km2 . Mais est-ce le bon terme de comparaison ?  En réalité, si l'on prend les zones côtières peuplées d'Europe occidentale et de Chine, leurs densités sont plus proches.       <br />
       Pour la Chine: Sangdong, Jiangsu, Zheijiang, Fujian, Guandong, Guangxi : 465 habitants/km2 en moyenne       <br />
       Pour l'Europe :  Pologne, Allemagne, Bénélux,  France, Grande Bretagne, Espagne, Italie : 219 hab/km2 en moyenne. Le contraste est beaucoup moins grand, et avec 247 hab au km2, la Grande Bretagne se compare à la densité moyenne du Guangxi ou du Fujian. Celle de la Hollande (395 hab au km2) se compare à celle du Zheijiang.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>GEOPOLITIQUE DU "BIEN"</b></div>
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     </div>
     <div>
      En dépit des relativités et contingences historiques qui obscurcissent les enjeux pour leurs protagonistes, le &quot;Bien&quot; peut être grossièrement discerné (sinon formalisé et  calculé) : il consiste à ne pas détruire la planète porteuse de vie, et pour l'être humain, à ne pas le massacrer, le faire souffrir ni le déformer trop par rapport aux données de l'espèce. Discerner cela n'empêche pas de séparer ce Bien comme idéal du constat de fait sur la tendance humaine à la turbulence guerrière et destructrice, et sur ses résultats : l'histoire comme suite de victoires d'ordres sur des désordres, mais d'ordres constitués de traits du désordre, tel la domination, la violence. La question fondamentale de toute science politique semble celle-ci : comment l'ordre peut-il rejoindre le &quot;Bien&quot; et s'y stabiliser ?  Les théories hobbesiennes ou rousseauistes du contrat social, les thèse machiavéliennes du &quot;Bon Prince&quot;,celles, hégeliennes de la &quot;ruse de l'histoire&quot;, tentent toutes d'établir un compromis entre ces deux pôles -le fait du pouvoir et le fait du &quot;Bien&quot; comme horizon des aspirations humaines.        <br />
       Je ne crois pas que ces idées puissent répondre à la situation actuelle d'une menace sur la nature et sur l'humain. Mais, d'un autre côté, les théories ad hoc, construites pour rendre compte de cette situation (Hans Jonas,  Gorgescu-Roegen, etc.) n'y parviennent pas en termes de théorie politique. Les avancées s'essayant à une &quot;idéologie politique&quot; comme le &quot;convivialisme&quot; reconnaissent le caractère agonistique de l'Humain, ce qui leur pose un problème insurmontable, puisque &quot;l'état stationnaire&quot; seul compatible avec le maintien d'une planète vivable, et la reconnaissance mutuelle des cultures, seule compatible avec une paix perpétuelle, sont rendus impossibles par cette virulence inhérente.       <br />
       J'amorce ici un début de réflexion pour défricher une piste dépassant ces blocages aporétiques : il s'agirait de construire la fiction des idéaux du Bien (nécessairement infinis à leur façon) pour qu'ils soient plus aisément reconnaissables, &quot;adhérables&quot; et partageables.       <br />
       J'esquisserai leur affirmation : le Bien se divise en deux aspects complémentaires, la préservation de la vie non humaine et la liberté humaine. Ces deux idéaux peuvent-ils permettre de &quot;mourir pour eux&quot; (comme on meurt aujourd'hui pour devenir riche) ? Probablement.       <br />
       De plus, ils se confondent aujourd'hui car les grands systèmes qui exploitent le monde et le saignent à blanc sont aussi des systèmes de contrainte,d'industrialisation de l'homme lui-même. Il est plausible que les luttes politiques et géopolitiques en cours ne puissent en rien conduire à poser clairement cette question du &quot;Bien&quot; de façon réaliste, ne serait- ce que parce que les guerres froides ou les paix chaudes actuelles consistent  à opposer liberté et harmonie, et que chaque grand protagoniste détruit de l'intérieur son propre idéal : le camp de la liberté installe celle des multimilliardaires dominant une masse prolétarisée (comme le rappelait Michel Freitag, la liberté devient un &quot;gouffre&quot;); celui de l'harmonie pollue la planète à un degré inégalé.       <br />
       Cependant l'expérience de pensée permettant seule de poser l'objet &quot;Bien politique&quot; exige d'imaginer réalisable une situation où les Humains pourront à la fois respecter la nature et se respecter eux-mêmes. Les utopies ou uchronies -utilisées par les philosophes du siècle des lumières pour penser le mouvement vers la démocratie) peuvent être utiles ici pour pouvoir nous représenter ces nécessaires &quot;oxymores&quot;. (A suivre).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Actualité géostratégique en décembre 2011... vue de Jérusalem : une induration des effets des effets de structure agonistique; plus de difficultés à dénouer des possibilités d'enchaînements peu réversibles, pourtant sans volonté affirmée de guerre par aucun des grands acteurs de la scène.  Un erreur à rectifier dans l'archive sonore : la Chine n'a pas deux milliards d'habitants, mais elle comptait 1 338 299 500 personnes en 2010 selon la banque mondiale, et le vieillissement de sa population s'accroît rapidement du fait de la politique de limite drastique de la fécondité menée depuis la fin des années soixante (accentuée avec "l'enfant unique" depuis 1979"). Rapportée aux 9 millions et demi de kilomètres carrés du territoire chinois, la densité est de 136 habitants au km 2 , certes supérieure à celle de l'Europe (au sens géographique incluant la Russie à l'ouest des monts Oural) : 75 habitants au km 2 sur 10 millions de km2 . Mais est-ce le bon terme de comparaison ? En réalité, si l'on prend les zones côtières peuplées d'Europe occidentale et de Chine, leurs densités sont plus proches. Pour la Chine: Sangdong, Jiangsu, Zheijiang, Fujian, Guandong, Guangxi : 465 habitants/km2 en moyenne Pour l'Europe : Pologne, Allemagne, Bénélux, France, Grande Bretagne, Espagne, Italie : 219 hab/km2 en moyenne. Le contraste est beaucoup moins grand, et avec 247 hab au km2, la Grande Bretagne se compare à la densité moyenne du Guangxi ou du Fujian. Celle de la Hollande (395 hab au km2) se compare à celle du Zheijiang.]]></itunes:summary>
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   <title>COMMENTAIRE   (journal d'un chercheur.... intellectuel)</title>
   <pubDate>Fri, 16 Dec 2011 22:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Papers, réflexions, interventions, réactions, propositions... / papers, reflections, reactions, interventions, proposals]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Dans cette rubrique, le chercheur donne à écouter sa méditation quotidienne. 
 En espérant que cela puisse servir à d'autres personnes, ne serait-ce qu'en partageant des réactions sur la condition contemporaine. Et peut-être aussi que, comme archive sonore, cela témoigne d'une époque et d'un milieu. 
 La collection de ces commentaires est classée par thèmes (ce qui permet aussi de saisir une évolution dans le temps). 
 Devant l'abondance des séquences, l'auditeur peut s'imaginer qu'il a allumé un poste par erreur : France-Duclos au lieu de France-Culture !!! Il n'est pas obligé d'écouter tout à la suite. 
 D.D 
 PS:patientez un peu au démarrage des documents sonores... Les intellectuels "de crise" : pourquoi, malgré leur marginalité relative, ils restent "satellisés" par le système et notamment fascinés par la logique de l'industrialisation de l'université.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      Les intellectuels &quot;de crise&quot; : pourquoi, malgré leur marginalité relative, ils restent &quot;satellisés&quot; par le système et notamment fascinés par la logique de l'industrialisation de l'université.
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      Les intellectuels de crise II.
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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   <title>Qu''en est-il de la société-monde?</title>
   <pubDate>Thu, 15 Dec 2011 14:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Séminaire "Société-monde" de Comberouger]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Archives sonores intégrales du Séminaire de Comberouger : La société-monde est elle possible? 
 (voir aussi les "brêves" sur le séminaire) Intervention de Denis Duclos en introduction :plaidoyer pour le concept de pluralité comme contenu d'une société-monde supportable. Il s'agit de la pluralité entre grands types de socialité, qui ne sont pas considérés comme des niveaux, des "échelles du "faire-société", mais comme des tramages en concurrence pour la sociétalité : ainsi le Familier, le Vicinal, le villageois, le citadin, le Naturel, le Nomade,etc, ne sont pas pensés dans une logique d'emboîtement (du plus petit au plus grand), mais comme des façons d'être humains en compétition politique pour l'existence, et peut-être les ultimes ressorts de l'agonicité humaine, anthropologique en ce qu'elle est aussi intérieure à chaque être humain. Au delà des guerres monstrueuses entre religions, civilisations et nations, cette conflictualité irréductible, structure des structures, peut et doit être pensée dès aujourd'hui,même si elle ne sera vraiment concevable et praticable que demain. Si la clef de voûte installée en fin d'ouvrage n'est pas pensée dès le début, la construction ne tient pas :la métaphore vaut sans doute pour l'oeuvre que ne saurait manquer d'être une société-monde.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      Intervention  de Denis Duclos en introduction :plaidoyer pour le concept de pluralité comme contenu d'une société-monde supportable. Il s'agit de la pluralité entre grands types de socialité, qui ne sont pas considérés comme des niveaux, des &quot;échelles du &quot;faire-société&quot;, mais comme des tramages en concurrence pour la sociétalité : ainsi le Familier, le Vicinal, le villageois, le citadin, le Naturel, le Nomade,etc, ne sont pas pensés  dans une logique d'emboîtement (du plus petit au plus grand), mais comme des façons d'être humains en compétition politique pour l'existence, et peut-être les ultimes ressorts de l'agonicité humaine, anthropologique en ce qu'elle est aussi intérieure à chaque être humain. Au delà des guerres monstrueuses entre religions, civilisations et nations, cette conflictualité irréductible, structure des structures, peut et doit être pensée dès aujourd'hui,même si elle ne sera vraiment concevable et praticable que demain. Si la clef de voûte installée en fin d'ouvrage n'est pas pensée dès le début, la construction ne tient pas :la métaphore vaut sans doute pour l'oeuvre que ne saurait manquer d'être une société-monde.
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      intervention d'Alain Caillé : le convivialisme comme idéologie politique &quot;quasi-religieuse&quot; ?)  pour un temps d'arrêt de la croissance.       <br />
              <br />
       Le convivialisme c'est à la fois  la question anthropologique par excellence -comment vivre ensemble sans se massacrer ?, et celle de la plus grande actualité.       <br />
       Cette question ne trouve plus sa réponse dans la &quot;boucle émissaire&quot; qu'est  la croissance.  Il faut d'une part penser la &quot;prospérité sans croissance&quot;, et repartir du fait que, au delà d'un certain seuil la croissance devenue essentiellement financière ne rend pas heureux, pas plus que celle qui détruit la nature (comme le prévoyait déjà explicitement Stuart Mill, inspiré de Malthus, pour soutenir l'idée d'état stationnaire, et que reprendra Illich). Mais pourrait-on vivre dans le monde avec la moitié du revenu monétaire des décennies passées ? Peut-être, si l'Etat stationnaire &quot;monétaire&quot; reste dynamique, et permet une invention permanente de nouvelles valeurs d'usage.; et si par ailleurs,les structures collectives évitent d'avoir recours à l'argent.       <br />
        Il faut sans doute revenir aux fondamentaux de l'anthropologie : comment réaliser le bon mélange entre nos quatre mobiles contraires : l'intérêt pour soi/ l'intérêt pour autrui; l'obligation/ la liberté.        <br />
       Il faut aussi résoudre la grande difficulté : la chasse à l'infini de la reconnaissance (qui est aussi la question de Durkheim critiquant l'utilitarisme:quelle est l'instance morale qui permet la limitation des désirs ?). Mais aujourd'hui le désir infini, qui correspond au pouvoir est une nébuleuse qui circule partout. En face,une nébuleuse également: celle qui veut préserver la planète, reconnaître et respecter l'altérité, éviter l'hubris des démesures au nom d'une &quot;common decency&quot;, et promouvoir l'état stationnaire dynamique (nouveau progressisme). La décroissance au sens étroit  se tire une balle dans le pied : nous ne pouvons pas nous débarrasser de l'idéal du progrès civilisationnel.       <br />
       Quel serait le programme minimal d'une telle idéologie politique &quot;quasi-religieuse&quot; ?       <br />
       Quatre points : une justice sociale minimale  : notamment un eréduction de l'écart entre revenu minimum et revenu maximum.   L'extension de la politique  au delà de l'Etat-Nation (sortir de l'inhumanité des bureaucrates de l'Etat mondial-procédural, sauver des logiques d'enracinement (tout être humain a le droit d'être enraciné et de se déraciner : il faut des nomades et des sédentaires).  IIl faut assurer la reconnaissance  mutuelle, dialogique,des cultures autres, sur la base de leur contingence, et sans possibilité de déconstruire une tradition d'accueil.        <br />
              <br />
       
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Intervention de Denis Duclos en introduction :plaidoyer pour le concept de pluralité comme contenu d'une société-monde supportable. Il s'agit de la pluralité entre grands types de socialité, qui ne sont pas considérés comme des niveaux, des "échelles du "faire-société", mais comme des tramages en concurrence pour la sociétalité : ainsi le Familier, le Vicinal, le villageois, le citadin, le Naturel, le Nomade,etc, ne sont pas pensés dans une logique d'emboîtement (du plus petit au plus grand), mais comme des façons d'être humains en compétition politique pour l'existence, et peut-être les ultimes ressorts de l'agonicité humaine, anthropologique en ce qu'elle est aussi intérieure à chaque être humain. Au delà des guerres monstrueuses entre religions, civilisations et nations, cette conflictualité irréductible, structure des structures, peut et doit être pensée dès aujourd'hui,même si elle ne sera vraiment concevable et praticable que demain. Si la clef de voûte installée en fin d'ouvrage n'est pas pensée dès le début, la construction ne tient pas :la métaphore vaut sans doute pour l'oeuvre que ne saurait manquer d'être une société-monde.]]></itunes:summary>
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   <title>une "société-monde" est-elle vouée à la catastrophe ?</title>
   <pubDate>Sat, 16 Apr 2011 11:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Thèmes spécifiques (ecologie, risque) / Specific  subjects (ecology, risk)]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Trois tendances désastreuses chronicisées sont en train de s'engrener ensemble : la démesure technologique, l'endettement financier astronomique, l'autoritarisme politique. Elles s'expliquent sans doute par une même cause, située en amont aussi bien de la puissance technique, du goût du profit ou de la passion du pouvoir. Quelle est cette cause? Est si c'était simplement la dérive nécessaire impliquée par de trop grands corps spécialisés supposés fonctionner au service d'une immense et trop complexe sociétalité planétaire ? Et si ces corps (technologique, financier,politique)ne pouvaient absolument pas fonctionner autrement qu'en déformant la vie collective à partir de leur fonction? Et si, par conséquent, la solution vivable à terme -au delà des expédients et réparations d'urgence- était à construire dans des communautés plus petites, suffisamment autonomes, et seulement contraintes mutuellement par la conversation libre ? Et si le futur "ordre mondial" -contrastant réellement avec le vaste "désordre mondial" qui vient- n'était pas à rechercher -non dans une organicité artificielle et pathogène par essence de type "titanic"- mais dans une libération des collectifs de dimension supportable ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Culture et violence/ Culture and Violence</title>
   <pubDate>Wed, 02 Feb 2011 07:56:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les conversations entre cultures / conversations between cultures]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Faut-il tenter de contrôler ou de transformer la "nature humaine" pour limiter la violence, ou plutôt travailler la culture en ce sens ? En refusant un quelconque eugénisme, on optera plutôt pour la seconde solution qui revient à reconnaître aussi que la violence est autant et plus un effet de culture qu'un trait inné lié à l'espèce.Car la culture, jusqu'ici, -et contrairement à l'idéal proposé par Norbert Elias- a plutôt déplacé et amplifié la violence qu'elle était chargée de diminuer. 
 Comment sortir de ce paradoxe ? Probablement en comprenant mieux le mécanisme culturel lui-même, dont la science est partie intégrante comme tentative de "grammaticaliser" (de formaliser) la métaphore. 
 Une conclusion provisoire sera que, plutôt que de faire verser toute la culture dans la technoscience comme moyen privilégié de contrôler la violence, il vaut peut-être mieux contrôler la tendance de la culture à s'emporter sous la dictature d'une seule de ses dimensions inhérentes. 
 Dans un deuxième temps, on analyse ce que signifie le passage à une culture "réflexive" (ou circonvolutive). 
  
 Culture and Violence 
  
 Should we try to control or transform the "human nature" in order to limit violence, or should we rather work through our culture in this sense? By refusing any eugenics, we will opt for the second solution : namely, we will recognize that violence is much more an effect of an inborn cultural trait than of a natural one. For culture, -contrary to the ideal proposed by Norbert Elias- has often shifted and amplified the violence it was itself built up to amend or reduce. 
 How to get out of this paradox? Probably by understanding the cultural mechanism itself.  
 if we admit that the human act par excellence is metaphor, we can see that it is composite: it includes a goal to share, a reference to recognize, a logical and grammatical rule and a performative impetus which seduces people and pushes them to agree. Moreover, the metaphor is imbedded in sociality : it is built in a conversation where proposals, questions and answers come at fonctional poles in it. Finally, we generally prefer to invest ourselves in a position rather than the other: we work primarily on the goal, on the referee, on the rule, or, on the subjective-artistic-religious involvement. 
  
 But in the course of the conversation that produces this metaphor and tends to "wrap" it, inequalities occur : each position can become dominant, thereby inducing an imbalance. Our hypothesis is that human history reflects successive imbalances as major factors of violence, although violence is different depending on the polarity driving it. We have thus suffered specific violences related with religious style, style of pure power, or that of family feuds. More recently, the predominant metaphor has turned to science as an attempt to formalize and technicize the way we try to get control over violence. But this choice among others cultural styles is itself driving all of us to a mechanistic type of world and lifestyle. Beyond its apparent efficiency, disadvantages arise, which could be, on the long term, worse than traditional ones (unhumanity in the name of rationaliy, accidents due to techno-scientific control of nature, etc..) 
 A tentative conclusion is that, rather than to translate any culture in technoscience terms as the preferred means of controlling violence, it is perhaps better to get some control over the very tendency of Culture to comply to the dictatorship of only one of its inherent dimensions, whether it is power, knowledge, identity or private solidarities . 
  
 In a second step, we will analyze what it means to achieve a transition to a"reflexive" 
 (or convoluted) Culture, which, according to our views, is not only to be defined by a “good” philosophy, but must be understood as a plurality confronting positions even more intractable that they each embody a necessary moment of every metaphor, that is : of any human act.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Du pouvoir dans les sciences humaines et de sa solution</title>
   <pubDate>Thu, 13 Jan 2011 16:28:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[L'actualité dans les sciences de l'homme et de la société / updates on human and social sciences]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nous chercherons à résoudre un problème en usant d’une métaphore thérapeutique : le pouvoir y sera considéré comme un fait social purement pathologique, l’état normal étant ce que nous nommerons « l’état zététique », c’est-à-dire la libre et amicale conversation pour le bien commun (et pour ce qui concerne les sciences humaines : la recherche volontaire de la vérité .)  
 Nous écarterons aussi le « traitement du mal par le mal », voie ordinairement choisie, le pouvoir (supérieur) semblant la seule force capable de traiter du pouvoir (inférieur), ce qui conduit alors, malgré les apparences, à aggraver la chose et à conduire au pouvoir absolu, c’est-à-dire à se rapprocher du mal absolu, notamment sous l’apparence de la démocratie (comme forme de pouvoir plus « total » encore que la monarchie, lorsqu’il n’est pas constitué comme tension entre différences). 
 Par ailleurs, nous utiliserons le domaine des sciences humaines comme terrain d’expérience extrême. Non que les « savants humains » ou « sociaux » (pour paraphraser l’amusant « social scientists ») aillent trouver leurs terrains de prédilection aux pôles ou en plein désert, mais parce que nous pouvons définir ce domaine comme générateur exceptionnel de « problèmes de pouvoir insolubles ». 
 Nous recourrons donc au cas des sciences humaines pour contribuer au traitement d’une pathologie plus générale, voire quasi-universelle, et inversement, en définissant mieux celle-ci, pour permettre enfin quelques avancées décisives dans ce champ de mines intellectuel. 
  
 Commençons donc par ceci : en quoi les sciences humaines sont-elles caractéristiques du pouvoir comme forme pathologique et pathogène ? 
 D’emblée, avouons que nous n’userons pas ici d’un modèle de relations mathématisables, de théorie des jeux ou d’un formalisme quelconque (peut-être parce que nous ne briguons aucun prix Nobel en la matière). Il est bien possible qu’une de ces personnalités prolifiques y reconnaisse néanmoins ses petits, mais ce serait alors pure coïncidence comme on dit pour les romans. 
  
 Pourquoi la bataille pour le pouvoir atteint-elle un bord extrême en sciences humaines ? 
  
  
  
 Le champ de « jeu » des sciences humaines ressemble à celui de n’importe quelle discipline ou groupe de disciplines scientifiques ; ce n’est pas étonnant puisqu’il a été calqué sur ce qui existait dans les sciences de la nature, et que, de toutes façons, il appartient au champ plus large des matières d’enseignement et de recherche académique dans le monde. 
 On peut définir en ce sens un champ des sciences humaines « virtuel » organisé et empli par des structures et des objets exactement semblables à ceux qui existent dans d’autres groupes de disciplines. Mais on peut ensuite comparer ce champ virtuel au champ réel et observer dans quelle mesure structures et objets réels correspondent à ce qui est attendu d’eux dans le champ virtuel. Nous allons voir qu’il se manifeste alors une telle déformation, de telles régressions à l’infini, qu’en réalité, il n’existe aucune commensurabilité entre les deux. Les sciences humaines fonctionnent comme des évocations théâtrales ou scénographiques projetées sur une grille qui les concerne pas, et plus on les critique, plus elles tentent de mimer leur adéquation, contribuant à se changer en une assez grotesque mascarade. Elles témoignent alors d’un dédoublement de pathologies : d’une part elles reproduisent celles qui sont liées au pouvoir dans la cité scientifique, et d’autre part elles y adjoignent celles découlant de leur contrainte absurde au mimétisme. 
  
 En général, le champ scientifique normalisé comporte un objet légitime (entité, relation) ou un ensemble d’objets et surtout un mode d’action sur cet objet ou cet ensemble tel que les deux sont reconnus par un public d’arbitrage, qui, aussi spécialisé soit-il, finit par communiquer son jugement de reconnaissance et d’évaluation au grand public. Par exemple, les experts qui évaluent la valeur d’un article pour la revue Nature communiquent en fait leur jugement au grand public. Celui-ci reste jury final, car il est implicitement certifié par le jury spécialisé que l’article rend compte d’une découverte ou d’une vérification expérimentale telles que l’objet ou/et sa manipulation, certifiés comme tels, sont utiles à l’humanité en général. Un peu comme l’arbitre d’une partie publique de football a la confiance de (presque) tous pour avoir perçu une faute et décidé une sanction, sans pour autant que la compétence générale du grand public à apprécier une partie soit déniée. 
 Autrement dit, la science normale part de l’utilité présumée pour le grand public, remonte aux objets certifiés dans leur existence et leur utilité potentielle par des spécialistes, et contrôle le retour du processus d’effectuation de ce potentiel vers le même grand public. Une équipe célèbre, qui finit par atteindre le prix Nobel, décrit un parcours analogue à celui d’un team de football ou de basket.  
 Entièrement réécrite sur ce mode de « visibilité » (un terme absurde mais favori des évaluateurs), la recherche perd toute spontanéité, toute valeur de véridicité. Elle abandonne les secteurs et domaines réellement inconnus ou mystérieux pour « compter les points » dans les champs entièrement quadrillés par un dispositif de mise en scène « sportif ». Finis les longs détours, les décennies de travail ingrat, à l’abri des caméras. Désormais, la vie du chercheur est scandée comme par un métronome : programme « rentable » et « visible », subvention, démonstration ad hoc, publication, récompense et… recommencement du cycle. L’idée que tout ce processus contrôlé, d’où toute aventure est bannie, devient parfaitement étranger à la notion même de recherche est totalement écartée, du doctorat à la retraite (et au-delà avec l’éméritat). 
 Dans les sciences de la nature, ce dispositif fonctionne, non pas parce qu’il est heuristique (car son taux de productivité réel en termes de découvertes est très faible par m2 de laboratoire !), mais parce qu’il organise le jeu social de la science. Je prétends qu’il devrait être remplacé par une logique totalement différente impliquant une large déconnexion vis-à-vis des contrôles par le grand public passif –sans compétence particulière pour juger de la science comme de l’art, qui dépendent plutôt de la partie d’un peuple active dans ces domaines -, mais en attendant, il est clair qu’il autorise un « fonctionnement », c’est-à-dire par exemple une mise en ordre des énergies individuelles et de groupe par des activités socialisées autour d’objets et d’équipements légitimes.  
 C’est sans doute pour cela, qu’il sert de référence constante aux sciences humaines, dans lesquelles aucun autre fonctionnement n’est atteint que l’éparpillement des énergies dans des « cellules » de travail et d’enseignement isolées ou purement concurrentes. 
  
 Tout d’abord, en sciences humaines, il ne peut être produit d’objet présentable longtemps au grand public. Par exemple, aussi chatoyante soit-elle, une théorie psychopédagogique se retourne généralement au bout de quelques années contre ses promoteurs en tant que manipulation. Une théorie économique parvient au mieux à paraphraser ce que vivent les gens (endettement, inégalité,inflation, etc.) et au pire à pousser les gens à suivre les spéculateurs les plus téméraires. Une théorie sociologique donne des armes pour régenter les familles, les catégories de revenus et les classes d’âge, et plaît d’autant moins aux segments d’un peuple qu’elle se révèle utile à une branche du pouvoir administratif. 
 Mais il y a beaucoup plus grave que la contestabilité de l’utilité de l‘objet (à laquelle, d’ailleurs, est aussi sujette parfois la discipline scientifique) : c’est l’impossibilité de construire un processus social d’objectivation et de contrôle du jeu des scientifiques par des publics (sauf pour des disciplines-limites comme l’archéologie,qui peut montrer les trous et les objets qu’on en a retiré). En gros, 1) il n’existe pas d’objet stable autour duquel les disciplines de sciences humaines puissent s’organiser comme dans un champ de jeu identifiable (pas d’équivalent du « ballon » pour le sport). 2) il n’existe pas de règle stable du jeu : on ne sait pas ce que c’est que « gagner », ni a fortiori ce qu’est une équipe « gagnante » dans les sciences humaines. 3) il n’existe pas de publics stables et délimités, et par conséquent pas d’articulation de publics par certifications successives. 
 Cette situation, exaspérante pour les pouvoirs et douloureuse pour les chercheurs, est en même temps une chance pour la vérité. Alors que celle-ci est depuis longtemps occultée sous l’opérationalisme hiérarchique dans les sciences dites de la nature, conduisant à la catastrophe technoscientifique que l’on sait (même si l'on n’en veut rien savoir), le caractère amorphe des sciences humaines préserve une sorte d’inquiétude ouverte, de disponibilité précaire aux questions, plutôt que de soumission au roulement mécanique des réponses. 
 Hélas, cette faille bénéfique, source de vraies questions, tend à être suturée par chacun dans un fonctionnement minimal des « spécialités », éliminant au maximum les confrontations et la circulation des idées, ainsi qu’elle est diluée par une transdisciplinarité formelle, superficielle et idéologique autorisant le cornaquage administratif le plus débile qui soit. De sorte que le champ des sciences humaines, loin d’échapper au pouvoir comme pathologie, concentre et combine au contraire deux de ses excès ordinaires : il est tissé d’une continuelle guerre de tous contre tous –par absence de cristallisation des conflits autour d’objets communs- ; il laisse de facto le pouvoir dans les domaines relevant de lui à des montages quantitativistes et statistiques qui n’ont rien à voir avec des problématisations autonomes, mais sont de simples applications de programmes administratifs et techniques. 
  
 Nous nous poserons donc la question de savoir comment les...     <div>
      Nous chercherons à résoudre un problème en usant d’une métaphore thérapeutique : le pouvoir y sera considéré comme un fait social <span style="font-style:italic">purement pathologique</span>, l’état normal étant ce que nous nommerons « l’état zététique », c’est-à-dire la libre et amicale  conversation pour le bien  commun (et pour ce qui concerne les sciences humaines : la recherche volontaire de la vérité .)        <br />
        Nous écarterons aussi le « traitement du mal par le mal », voie ordinairement choisie, le pouvoir (supérieur) semblant la seule force capable de traiter du pouvoir (inférieur), ce qui conduit alors, malgré les apparences, à aggraver la chose et à conduire au pouvoir absolu, c’est-à-dire à se rapprocher du mal absolu, notamment sous l’apparence de la démocratie (comme forme de pouvoir plus « total » encore que la monarchie,<span style="font-style:italic"> lorsqu’il n’est pas constitué comme tension entre différences</span>).       <br />
       Par ailleurs, nous utiliserons le domaine des sciences humaines comme terrain d’expérience extrême. Non que les « savants humains »  ou « sociaux » (pour paraphraser l’amusant « social scientists ») aillent trouver leurs terrains de prédilection aux pôles ou en plein désert, mais parce que nous pouvons définir ce domaine comme générateur exceptionnel de « problèmes de pouvoir insolubles ».       <br />
       Nous recourrons donc au cas des sciences humaines pour contribuer au traitement d’une pathologie plus générale, voire quasi-universelle, et inversement, en définissant mieux celle-ci, pour permettre enfin quelques avancées décisives dans ce champ de mines intellectuel.       <br />
              <br />
       Commençons donc par ceci : en quoi les sciences humaines sont-elles caractéristiques du pouvoir comme forme pathologique et pathogène ?       <br />
       D’emblée, avouons que nous n’userons pas ici d’un modèle de relations mathématisables, de théorie des jeux ou d’un formalisme quelconque (peut-être parce que nous ne briguons aucun prix Nobel en la matière). Il est bien possible qu’une de ces personnalités prolifiques y reconnaisse néanmoins ses petits, mais ce serait alors pure coïncidence comme on dit pour les romans.       <br />
              <br />
       Pourquoi la bataille pour le pouvoir atteint-elle un bord extrême en sciences humaines ?       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Le champ de « jeu » des sciences humaines ressemble à celui de n’importe quelle discipline ou groupe de disciplines scientifiques ; ce n’est pas étonnant puisqu’il a été calqué sur ce qui existait dans les sciences de la nature, et que, de toutes façons, il appartient au champ plus large des matières d’enseignement et de recherche académique dans le monde.       <br />
       On peut définir en ce sens un champ des sciences humaines « virtuel » organisé et empli par des structures et des objets exactement semblables à ceux qui existent dans d’autres groupes de disciplines. Mais on peut ensuite comparer ce champ virtuel au champ réel et observer dans quelle mesure structures et objets réels correspondent à ce qui est attendu d’eux dans le champ virtuel. Nous allons voir qu’il se manifeste alors une telle déformation, de telles régressions à l’infini, qu’en réalité, il n’existe aucune commensurabilité entre les deux. Les sciences humaines fonctionnent comme des évocations théâtrales ou scénographiques  projetées sur une grille qui les concerne pas, et plus on les critique, plus elles tentent de mimer leur adéquation, contribuant à se changer en une assez grotesque mascarade. Elles témoignent alors d’un dédoublement de pathologies : d’une part elles reproduisent celles qui sont liées au pouvoir dans la cité scientifique, et d’autre part elles y adjoignent celles découlant de leur contrainte absurde au mimétisme.       <br />
              <br />
       En général, le champ scientifique normalisé comporte un objet légitime (entité, relation) ou un ensemble d’objets et surtout un mode d’action sur cet objet ou cet ensemble tel que les deux sont reconnus par un public d’arbitrage, qui, aussi spécialisé soit-il, finit par communiquer son jugement de reconnaissance et d’évaluation au grand public. Par exemple, les experts qui évaluent la valeur d’un article pour la revue <span style="font-style:italic">Nature</span> communiquent en fait leur jugement au grand public. Celui-ci reste jury final, car il est implicitement certifié par le jury spécialisé que l’article rend compte d’une découverte ou d’une vérification expérimentale telles que l’objet ou/et sa manipulation, certifiés comme tels,  sont utiles à l’humanité en général. Un peu comme l’arbitre d’une partie publique de football a la confiance de (presque) tous pour avoir perçu une faute et décidé une sanction, sans pour autant que la compétence générale du grand public à apprécier une partie soit déniée.       <br />
       Autrement dit, la science normale part de l’utilité  présumée pour le grand public, remonte aux objets certifiés dans leur existence et leur utilité potentielle par des spécialistes, et contrôle le retour du processus d’effectuation de ce potentiel vers le même grand public.  Une équipe célèbre, qui finit par atteindre le prix Nobel, décrit un parcours analogue à celui d’un team de football ou de basket.        <br />
       Entièrement réécrite sur ce mode de « visibilité » (un terme absurde mais  favori des évaluateurs), la recherche perd toute spontanéité, toute valeur de véridicité. Elle abandonne les secteurs et domaines réellement inconnus ou mystérieux pour « compter les points » dans les champs entièrement quadrillés par un dispositif de mise en scène « sportif ». Finis les longs détours, les décennies de travail ingrat, à l’abri des caméras. Désormais, la vie du chercheur est scandée comme par un métronome : programme « rentable » et « visible », subvention, démonstration ad hoc, publication, récompense et… recommencement du cycle. L’idée que tout ce processus contrôlé, d’où toute aventure est bannie, devient parfaitement étranger à la notion même de recherche est totalement écartée, du doctorat à la retraite (et au-delà avec l’éméritat).       <br />
       Dans les sciences de la nature, ce dispositif fonctionne, non pas parce qu’il est heuristique (car son taux de productivité réel en termes de découvertes est très faible par m2  de laboratoire !), mais parce qu’il organise le jeu social de la science. Je prétends qu’il devrait être remplacé par une logique totalement différente impliquant une large déconnexion vis-à-vis des contrôles par le grand public  passif –sans compétence particulière pour juger de la science comme de l’art, qui dépendent plutôt de la partie d’un peuple active dans ces domaines -, mais en attendant, il est clair qu’il autorise un « fonctionnement », c’est-à-dire par exemple une mise en  ordre des énergies individuelles et de groupe par des activités socialisées autour d’objets et d’équipements légitimes.        <br />
       C’est sans doute pour cela, qu’il sert de référence constante aux sciences humaines, dans lesquelles aucun autre fonctionnement n’est atteint que l’éparpillement des énergies dans des « cellules » de travail  et d’enseignement isolées ou purement concurrentes.       <br />
              <br />
       Tout d’abord, en sciences humaines, il ne peut être produit d’objet présentable longtemps au grand public. Par exemple, aussi chatoyante soit-elle, une théorie psychopédagogique se retourne généralement au bout de quelques années contre ses promoteurs en tant que manipulation. Une théorie économique parvient au mieux à paraphraser ce que vivent les gens (endettement, inégalité,inflation, etc.) et au pire à pousser les gens à suivre les spéculateurs les plus téméraires. Une théorie sociologique donne des armes pour régenter les familles, les catégories de revenus et les classes d’âge, et plaît d’autant moins aux segments d’un peuple qu’elle se révèle utile à une branche du pouvoir administratif.       <br />
       Mais il y a beaucoup plus grave que la contestabilité de l’utilité de l‘objet (à laquelle, d’ailleurs, est aussi sujette parfois la discipline scientifique) : c’est l’impossibilité de construire un processus social d’objectivation et de contrôle du jeu des scientifiques par des publics (sauf pour des disciplines-limites comme l’archéologie,qui peut montrer les trous et les objets qu’on en a retiré). En gros, 1) il n’existe pas d’objet stable autour duquel les disciplines de sciences humaines puissent s’organiser comme dans un champ de jeu identifiable  (pas d’équivalent du « ballon » pour le sport). 2) il n’existe pas de règle stable du jeu : on ne sait pas ce que c’est que « gagner », ni a fortiori ce qu’est une équipe « gagnante » dans les sciences humaines. 3) il n’existe pas de publics stables et délimités, et par conséquent pas d’articulation de publics par certifications successives.       <br />
       Cette situation, exaspérante pour les pouvoirs et douloureuse pour les chercheurs, est en même temps une chance pour la vérité. Alors que celle-ci est depuis longtemps occultée sous l’opérationalisme hiérarchique dans les sciences dites de la nature, conduisant à la catastrophe technoscientifique que l’on sait (même si l'on n’en veut rien savoir), le caractère amorphe des sciences humaines préserve une sorte d’inquiétude ouverte, de disponibilité précaire aux questions, plutôt que de soumission au roulement mécanique des réponses.       <br />
       Hélas, cette faille bénéfique, source de vraies questions, tend à être suturée par chacun  dans un fonctionnement minimal des « spécialités », éliminant au maximum les confrontations et la circulation des idées, ainsi qu’elle est diluée par une transdisciplinarité formelle, superficielle et idéologique autorisant le cornaquage administratif le plus débile qui soit. De sorte que le champ des sciences humaines, loin d’échapper au pouvoir comme pathologie, concentre et combine au contraire deux de ses excès ordinaires : il est tissé d’une continuelle guerre de tous contre tous –par absence de cristallisation des conflits autour d’objets communs- ; il laisse de facto le pouvoir dans les domaines relevant de lui à des montages quantitativistes et statistiques qui n’ont rien à voir avec des problématisations autonomes, mais sont de simples applications de programmes administratifs et techniques.       <br />
              <br />
       Nous nous poserons donc la question de savoir comment les sciences humaines pourraient donner lieu à un jeu social au prix d’un minimum de dénaturation de leurs enjeux propres.       <br />
              <br />
       La construction des intérêts scientifiques en sciences humaines : quelques hypothèses       <br />
              <br />
       Pour le moment, il n’existe aucun système d’intérêts en sciences humaines qui relève soit  de l’intérêt purement scientifique, soit d’intérêts sociaux partiels qui ne retombent pas dans ceux de l’administration ou de la gestion des personnes et des groupes par les puissances.       <br />
       Nous proposons donc de réfléchir à la construction possible de  ces deux genres de systèmes d’intérêts  et de leur interaction, si possible de leur combinaison.       <br />
              <br />
       Ce que l’on peut appeler « intérêt scientifique en soi » ne signifie pas ce qui relève de l’institution universitaire plus ou moins mondialisée, organe de contrôle et de garderie  culturels de plus en plus totalitaire au service d’un assemblage d’Etats-Nations comme forme actuelle et future du pouvoir, pathologie suprême.       <br />
       L’intérêt scientifique ne sera pas non plus défini comme intérêt purement individuel ou corporatiste d’un groupe de gens s’établissant par cooptation (doctorat ou autre) comme seuls compétents sur un domaine. Il est déterminé comme objet permettant la survie autonome d’un « lieu » de rencontre entre étudiants, professeurs et chercheurs. Afin d’être articulé étroitement avec des intérêts sociaux partiels, nous pourrons le définir comme soif de savoir… quelque chose qui renforce la capacité de vivre selon le désir de grands groupes distincts.  Par exemple, quoi qu’on dise, les gens qui voudraient vivre d’avantage « en nature » n’ont pas les mêmes intérêts scientifiques que ceux qui rêvent de science fiction pour tous. Nature et gadgets technologiques sont  des objets passionnels opposés, de même que le sont par exemple, la passion pour les minutieux agencements de la règle,de la loi ou de la norme, (si caractéristiques de la société occidentale) et la passion de l’évocation, de la métaphore, du sentiment au sens hégelien du terme.       <br />
              <br />
       Pour qu’un tel lieu de rencontre  autour d’une passion de savoir existe et perdure, il faut que soient remplies cinq conditions :       <br />
       1.	Une contribution personnelle de chaque membre à l’autonomie vivrière du site, limitant les effets « d’activité parasitaire » en concurrence promotionnelle. Une grande satisfaction découlerait de ce retour à l’ancestralité de la communauté « située ». L’énergie agressive mutuelle serait  en large partie épongée par l’intense collaboration entre les membres pour s’aider à « vivre », à bâtir, à entretenir, à se nourrir. Notons que des ébauches de ce phénomène existent déjà  dans des communautés artistiques ayant restauré des groupes d’habitats, ou dans des coopératives étudiantes gérant la vie quotidienne de grandes universités nord-américaines, mais il s’agirait d’aller plus loin pour limiter considérablement la dépendance vis-à-vis de ressources en argent.       <br />
       2.	Une cohérence thématique –tout à fait le contraire de la logique de conglomérat pluridisciplinaire présidant à l’actuelle dénomination de « campus universitaire »-. Bien  maîtrisée par la majorité des membres,  cette cohérence serait fondée sur une adéquation entre le thème prédominant et un intérêt fort rencontré dans la société (et non pas intérêt  « de » la société, cette abstraction de pouvoir), comme dimension en tension avec d’autres.       <br />
       3.	Une construction collective de la « positionnalité » du site, radicalement inverse de la guerre de tous (les spécialistes) contre tous. L’enjeu intellectuel central du site ne réside pas dans sa spécialisation,mais dans le poids qu’il tente de représenter dans  l’ensemble des savoirs stratégiques, si l’on appelle ainsi ceux qui intéressent chacun l’une des grandes dimensions, passions ou traditions anthropologiques partageant l’être humain sans qu’il  puisse s’y soustraire.  Dans cette perspective, chaque membre doit « normalement » avoir envie  d’imposer la conception  globalement la plus satisfaisante pour « son »domaine (qui est aussi celui de nombreux camarades). Ce qui n’incite pas à l’extrême spécialisation, mais plutôt à la collaboration bénévole.        <br />
       4.	Une nette indépendance de l’activité culturelle en question par rapport à des professionnalismes techniques (éventuellement associés). Le site consacre la valeur de la culture en soi et pour soi, comme but des êtres humains et non comme moyen d’une utilité toujours extérieure. Il ne « forme pas » des professionnels spécialisés, qui peuvent l’être dans des écoles ad hoc. Il n’expulse d’ailleurs pas les personnes souhaitant continuer leur collaboration, au nom de la fin d’un prétendu « cursus ». Cette résistance à l’utilitarisme s’oppose à la fusion actuelle entre universités et écoles techniques prenant finalement presque toujours le pouvoir en elles.       <br />
       5.	Une ouverture aux fonctions pédagogiques et de recherche les plus variées : du « primaire »  au postdoctoral,  sans spécialisation par âges ou niveaux, l’excellence se manifestant par la seule liberté de former des « clubs » de taille variable à l’intérieur du lieu, entre individus « passionnés », qu’ils soient petits génies précoces ou  vieux sages. Ce qui s’oppose à la fonction « garderie » par strates générationnelles et à toute idée de notation et de diplôme négociable.       <br />
              <br />
       Revenons sur quelques-uns de ces points, en commençant par les plus problématiques (2, 4 et 3),puis 1, 5 et 6.       <br />
              <br />
       La cohérence thématique d’un site n’a rien à voir avec l’actuelle tentative artificielle de « mettre ensemble » des disciplines différentes soit-disant « convergentes ». Elle s’établit seulement comme effet spontané d’une problématique générale engageant des populations. En reprenant l’exemple de la « nature » que veut respecter un « peuple écologiste », la chose s’éclaire : le site qui s’y consacre regroupe des militants passionnés.  Ainsi, supposons qu’un grand site de savoir rassemble tous les passionnés de la nature, au sens d ’une valeur à défendre –et pas seulement d’une réalité « objective », il est évident que l’organisation  des pratiques de connaissance et de transmission ne correspondrait en rien à celle qui prévaut dans le cadre universitaire actuel. On dira que le thème est trop vaste, mais rien n’interdit, sous cette égide générale très motivante, de créer un site « Océan », ou un site « Forêt »,  ou encore un site « Montagne », ou bien encore de construire des sites synthétiques « Nature » par régions. L’essentiel est d’induire un regroupement de gens décidés à promouvoir le savoir pour permettre une façon de vivre.       <br />
       De même, des militants convaincus de la Ville (comme distincte des monstruosités tentaculaires de dizaines de millions d’habitants smogués) peuvent se rassembler pour promouvoir de  vraies villes, dans des sites qui y sont consacrés . Le même raisonnement peut être proposé pour les gens qui préfèrent protéger la vie familière à l’écart des immenses mobilisations : ils peuvent être motivés pour étudier l’être humain sous l’angle de petites communautés. L’expérience accumulée sur les sociétés « ethnologiques » peut trouver ici  un « topos » idéal, qui ne sera pas noyé dans la masse. Inversement, des personnes passionnées par les grands systèmes géopolitiques peuvent se rencontrer dans un ou des sites qui leur seraient dédiés.        <br />
       En bref, s’il se crée quelques sites mondiaux sur le Sociétal, le Familier, la Règle, la Culture, la technochrématistique, la Nature, la Religion, la Ville, l’Art, la Singularité,etc.), chacune de ces dimensions peut à son tour donner lieu à des sites régionaux en relativement petit nombre, et eux-mêmes en lien privilégié avec un « nœud de tension » particulier entre dimensions. Ainsi encore, si  des gens s’associaient pour défendre le système techno-économique dans un contexte où celui-ci deviendrait un  simple »secteur » de la société humaine, on peut imaginer qu’ils devraient faire preuve de plus d’imagination créatrice que  dans la situation où l’argent règne en maître absolu.Ou bien, si l’on imagine un site de rencontre sur les religiosités en compétition, l’ardeur pour sauver la croyance dans le débat  serait sans doute plus forte que celle mise à l’intolérance mutuelle.         <br />
              <br />
       On peut objecter que les passions classiques purement universitaires nommées « disciplines »  (philosophie, histoire, anthropologie, économie, psychologie, etc. ) ne trouveraient pas leur place dans ce dispositif, sinon sous forme éclatée. Notons qu’elles le sont déjà. Par ailleurs, certaines thématiques « dimensionnelles » sont davantage affines à certaines disciplines qu’à d’autres :  rien n’empêche que l’économie soit associée davantage à un pôle « technologique », tandis que l’histoire se trouve plus liée à la dimension « sociétale », ou l’anthropologie à une thématique plus « familière », bien que ce ne soit pas obligatoire. La philosophie comporte des liens solides avec la question du singulier et avec celle des religions. Ces polarités fortes n’empêchent pas,de toutes manières, un fonctionnement par discipline mais celui-ci ne subit plus la tendance classique à la subdivision bureaucratique par sous-départements et sections, qui se trouve dès lors contenue à l’intérieur des  sites « passionnels » plus puissants. En quelque sorte, nous proposons de parachever la crise disciplinaire en déniant que le jugement ultime sur un travail doive être exercé par des historiens, par exemple, alors que l’histoire dont il s’agirait serait celle de l’écologisme. L’historien académique doit être là pour garantir une méthode objective, mais n’a rien à dire de spécial sur un domaine, dont, en revanche, les partie-prenante sont hautement intéressés à la promotion intellectuelle.  Et il vaut mieux,nous semble-t-il, un discours passionné –mais modéré par la discipline- qu’un froid discours de discipline péniblement réchauffé par une passion extérieure. La discipline  académique –qui est aussi une passion spécifique- doit s’incliner devant la « vérité » de l’intérêt vital,même si elle ne doit pas être gommée ni déformée. La véritable garantie d’équilibre et de raison ne réside pas de la frigorification de la pensée hors de ses enjeux –ce qui est la pure illusion universitaire par excellence-, mais par  la tension jamais réduite entre les enjeux. Par exemple, on obtient finalement une meilleure objectivation en opposant une histoire écologiste à une histoire technologiste ou à une histoire géopolitiste qu’en prétendant  réconcilier les trois  dans la forme supposée « supérieure »de l’Histoire comme discours en soi (ce qui est, de toutes façons, biaisé et largement faux dans tous les cas de figure).        <br />
       De même, « atterrés » ou non, des économistes ne produiront aucune économie alternative réelle s’ils ne s’affilient pas eux-mêmes à des dimensions de vie dépassant leur passion de l’échangisme quantitatif, qui, le veulent-ils ou non, relève d’un technologisme. Là encore un écologiste convaincu ne pourra jamais réduire son discours à un pur économisme ; de même un chaud partisan de la civilité urbaine, et c’est dans cette impossibilité que l’économie trouvera des occasions de créativité réelle.       <br />
              <br />
       Observons que la tendance à « casser » les unités disciplinaires et leurs formes propres de hiérarchies  n’est pas nouvelle : mais la force qui s’exerce surtout contre elles aujourd’hui n’a rien de sympathique pour la pensée. Il s’agit d’un forçage technocratique qui veut contraindre l’université à l’utilité, comme si la culture n’avait aucune valeur en soi.  On comprend donc la résistance des universitaires, mais cette résistance prendrait un sens beaucoup plus fort si, au lieu de se porter en défense de corporatismes sans autre consistance que leur soit-disant compétence méthodologique, ou leur (fausse) objectivité (lourdement biaisée par les rapports de force internes, eux-mêmes indexés sur l’appui extérieur),  elle cherchait à s’appuyer sur des forces légitimes alternatives à la seule puissance technochrématistique.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Peurs et désirs eschatologiques actuels : fin de l'histoire ou fin d'un monde ?</title>
   <pubDate>Mon, 01 Feb 2010 03:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
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   <![CDATA[
   Le complexe de Cassandre face à la "crise" mondiale     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     <div><b>Des catastrophismes </b></div>
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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   <title>Pluralité des cultures : la leçon des psychiatries exotiques</title>
   <pubDate>Wed, 11 Nov 2009 18:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les conversations entre cultures / conversations between cultures]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   L'intérêt des psychiatries exotiques (coloniale, tropicale, psychiatrie des expatriations et des voyages travaillée par Régis Airault, etc) c'est de nous montrer les limites de la nosologie occidentale des pathologies psychiques. C'est donc aussi de nous indiquer, par contraste, que certains de nos dogmes universalisants, -tel la notion de "chronicité", ou celle de "psychose"- sont plutôt les symptômes de la folie de notre propre culture. Ce qui ne veut pas dire que les autres cultures n'ont pas leur part de folie : mais elle est souvent différente ou peut être interprétée différemment. La pluralité des pathologies renvoie à la pluralité des cultures comme positions dans la vie. Dans une conférence "embarquée" (sur les routes de Bourgogne) sur la psychiatrie tropicale (voir deuxième document audio), le dr Régis Airault nous dit notamment que les malades non occidentaux ne se prennent jamais pour Dieu (même s'ils peuvent se prendre pour le prophète). Si cela était avéré, ce serait un intéressant indice contribuant à étayer la théorie selon laquelle la culture occidentale est bien fondée encore, qu'elle le sache ou non, sur un socle "théologique" pour lequel Dieu est un sujet quasi-humain, dont la supériorité se trouve dans sa capacité de jugement suprême, mais qui peut aussi être amené à partager le sort de ses créatures : autrement dit, puisqu'en Occident, Dieu peut se prendre pour un homme, il n'est pas très étonnant que l'inverse soit possible. En revanche, dans les philosophies orientales qui développent le thème d'un Divin coïncident avec tout le Réel, ce type de positionnement délirant trouve peu d'appui. 
 Roger Bastide remarquait déjà il y a quarante ans que le "démon de l'exotisme" pouvait pousser médecins et ethnologues à se précipiter sur les cas spectaculaires comme l'hystérie arctique,le latah (imitations convulsives du monde environnant) ou l'amok. Il constatait les contradictions entre psychiatres affirmant qu'il n'existait ni schizophrénie ni paranoia en Afrique, et ceux qui les redécouvrent ds les rituels religieux. Devereux appelait à distinguer normalité naturelle et normalité culturelle, et Bastide lui-même distinguait les hallucinations normales rituelles des Indiens des plaines de celles de la constitution morbide d'un individu.Ruth Benedict traitait les Kwakiutl de culture paranoïaque. Le latah ne frappe que les femmes, l'amok '"spreee killing") que les hommes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      Dans une conférence &quot;embarquée&quot; (sur les routes de Bourgogne) sur la psychiatrie tropicale (voir deuxième document audio), le dr Régis Airault nous dit notamment que les malades non occidentaux ne se prennent jamais pour Dieu (même s'ils peuvent se prendre pour le prophète). Si cela était avéré, ce serait un intéressant indice contribuant à étayer la théorie selon laquelle la culture occidentale est bien fondée encore, qu'elle le sache ou non, sur un socle &quot;théologique&quot; pour lequel Dieu est un sujet quasi-humain, dont la supériorité se trouve dans sa capacité de jugement suprême, mais qui peut aussi être amené à partager le sort de ses créatures : autrement dit, puisqu'en Occident, Dieu peut se prendre pour un homme, il n'est pas très étonnant que l'inverse soit possible. En revanche, dans les philosophies orientales qui développent le thème d'un Divin coïncident avec tout le Réel, ce type de positionnement délirant trouve peu d'appui.       <br />
        Roger Bastide remarquait déjà il y a quarante ans que le &quot;démon de l'exotisme&quot; pouvait pousser médecins et ethnologues à se précipiter sur les cas spectaculaires comme l'hystérie arctique,le latah (imitations convulsives du monde environnant) ou l'amok. Il constatait les contradictions entre psychiatres affirmant qu'il n'existait ni schizophrénie ni paranoia en Afrique, et ceux qui les redécouvrent ds les rituels religieux.  Devereux appelait à distinguer normalité naturelle et normalité culturelle, et Bastide lui-même distinguait les hallucinations normales rituelles des Indiens des plaines de celles de la constitution morbide d'un individu.Ruth Benedict traitait les Kwakiutl de culture paranoïaque. Le latah ne frappe que les femmes, l'amok '&quot;spreee killing&quot;) que les hommes.
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 	<itunes:summary><![CDATA[Dans une conférence "embarquée" (sur les routes de Bourgogne) sur la psychiatrie tropicale (voir deuxième document audio), le dr Régis Airault nous dit notamment que les malades non occidentaux ne se prennent jamais pour Dieu (même s'ils peuvent se prendre pour le prophète). Si cela était avéré, ce serait un intéressant indice contribuant à étayer la théorie selon laquelle la culture occidentale est bien fondée encore, qu'elle le sache ou non, sur un socle "théologique" pour lequel Dieu est un sujet quasi-humain, dont la supériorité se trouve dans sa capacité de jugement suprême, mais qui peut aussi être amené à partager le sort de ses créatures : autrement dit, puisqu'en Occident, Dieu peut se prendre pour un homme, il n'est pas très étonnant que l'inverse soit possible. En revanche, dans les philosophies orientales qui développent le thème d'un Divin coïncident avec tout le Réel, ce type de positionnement délirant trouve peu d'appui. Roger Bastide remarquait déjà il y a quarante ans que le "démon de l'exotisme" pouvait pousser médecins et ethnologues à se précipiter sur les cas spectaculaires comme l'hystérie arctique,le latah (imitations convulsives du monde environnant) ou l'amok. Il constatait les contradictions entre psychiatres affirmant qu'il n'existait ni schizophrénie ni paranoia en Afrique, et ceux qui les redécouvrent ds les rituels religieux. Devereux appelait à distinguer normalité naturelle et normalité culturelle, et Bastide lui-même distinguait les hallucinations normales rituelles des Indiens des plaines de celles de la constitution morbide d'un individu.Ruth Benedict traitait les Kwakiutl de culture paranoïaque. Le latah ne frappe que les femmes, l'amok '"spreee killing") que les hommes.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Pourquoi une "antisociologie"  ? / Antisociology : what for ?</title>
   <pubDate>Thu, 23 Jul 2009 21:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Fonder l'anti-sociologie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   There exists an underrated affinity between a liking for totality and sociology . Even when antibolchevic, historical sociology was tempted by totalism, if not totalitarianism. Perhaps, we must take note of this desire which corresponds in part to a reality : a human totality which truly exists, especially today, through a developing era of global civilization. Therefore maybe we should also limit sociology to the study of this "total totality" independently from the other lifeworlds organizing themselves on smaller territories. Il existe une affinité méconnue entre goût pour la totalité et la sociologie. Même antibolchevique, la sociologie historique fut tentée par le totalisme, sinon le totalitarisme. Peut-être faut-il prendre acte de ce désir d'objet qui correspond en partie à une réalité : il existe bien de la totalité humaine, surtout à l'âge d'une civilisation planétaire en formation. Mais alors, peut-être faut-il aussi limiter la sociologie à l'étude de cette "totalité totale", indépendamment des autres, plus restreintes en liens sociaux et en territoires. L'antisociologie est ici un outil pour découvrir l'objet réel et limité de la sociologie, tout en libérant d'autres disciplines -éventuellement encore inédites- pour l'étude d'autres objets sociaux. 
 Cette orientation a des effets heuristiques immédiats : par exemple une sociologie réellement "syndémologique", se consacrant seulement l'étude des "totalités" peut découvrir que les grandes guerres du XXe siècle furent en réalité une seule grande guerre civile européenne. Ce n'est pas seulement dans l'après-coup que cet objet "unique" apparaît : l'Europe comme champ culturel global, mais c'est une hypothèse au moins aussi réaliste que les hypothèses soutenant des histoires au fond encore nationalistes, comme si l'identitarisme suffisait à définir une séparation de sociétés. D'autres exemples peuvent être soulevés, qui mettent notamment en cause la tendance des ethnologies à nommer "société" la bande auto-identifiée comme un "nous", alors que l'évidence factuelle voudrait que dans certains cas les ennemis intimes font partie de la même société.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      Il existe une affinité méconnue entre goût pour la totalité et la sociologie. Même antibolchevique, la sociologie historique fut tentée par le totalisme, sinon le totalitarisme. Peut-être faut-il prendre acte de ce désir d'objet qui correspond en partie à une réalité : il existe bien de la totalité humaine, surtout à l'âge d'une civilisation planétaire en formation. Mais alors, peut-être faut-il  aussi limiter la sociologie à l'étude de cette &quot;totalité totale&quot;, indépendamment des autres, plus restreintes en liens sociaux et en territoires. L'antisociologie est ici un outil pour découvrir l'objet réel et limité de la sociologie, tout en libérant d'autres disciplines -éventuellement encore inédites- pour l'étude d'autres objets sociaux.       <br />
       Cette orientation a des effets heuristiques immédiats : par exemple une sociologie réellement &quot;syndémologique&quot;, se consacrant seulement l'étude des &quot;totalités&quot; peut découvrir que les grandes guerres du XXe siècle furent en réalité une seule grande guerre civile européenne. Ce n'est pas seulement dans l'après-coup que cet objet &quot;unique&quot; apparaît : l'Europe comme champ culturel global, mais c'est une hypothèse au moins aussi réaliste que les hypothèses soutenant des histoires au fond encore nationalistes, comme si l'identitarisme suffisait à définir une séparation de sociétés. D'autres exemples peuvent être soulevés, qui mettent notamment en cause la tendance des ethnologies à nommer &quot;société&quot; la bande auto-identifiée comme un &quot;nous&quot;, alors que l'évidence factuelle voudrait que dans certains cas les ennemis intimes font partie de la même société. 
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     <div>
      La sociologie est sans doute appelée à évoluer selon une logique de pluralité : si elle peut, entant que fascinée par les &quot;grandes totalités&quot;  se resserrer autour  des pratiques de la syndémologie, elle doit aussi donner lieu à des disciplines spécifiques et irréductibles les unes aux autres : émiologie, ou point de vue proche à propos des liens de proximité; nomologie, ou étude des tendances à rationaliser les rapports sociaux et leur mesure ou leur règle; koinologie , ou prise en compte de l'engagement des sujets dans le sens.  Dire que ces orientations sont toutes partie prenante de l'anthropologie semble correct. En revanche en faire des &quot;servantes&quot; de la sociologie, c' est s'abandonner encore une fois à la tendance &quot;totalisante&quot; qui a imprégné cette discipline, qu'on le veuille ou non et même dans sa variante élitiste ou ultra&quot;individualiste&quot;. L'individualisme, en effet, n'est qu'une manière de situer le sujet dans la totalité et de lui imputer -en l'aliénant profondément- des comportements identiques aux autres dans une logique globale. Ce qui n'a rien à voir avec la reconnaissance des altruismes propres au groupe de proches, à la familiarité et au &quot;monde de vie&quot;. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>       <br />
       L’objet spécifique de la syndémologie (sociologie) et sa destinée possible</b>       <br />
              <br />
              <br />
       L’un des effets de la « globalisation » est de nous confronter avec un phénomène plus ancien mais que nous ne percevions que malaisément du fait du « brouillage » qu’entraînait la diversité conflictuelle des nations.  Ce phénomène, c’est la formation et le lissage d’une « sphère continue » autour des groupes et des individus et tissée à la fois d’idéologie et de normes.  C’est probablement seulement cette sphère qui est l’objet de la démarche durkheimienne, laquelle vise juste, tout en étant dépendante de son illusion fétichiste propre.       <br />
       La preuve que la sociologie est immédiatement tombée dans ce fétichisme est que Durkheim, comme la quasi-totalité de ses successeurs, subit la croyance que cette « conscience collective » a plus ou moins toujours existé, alors que son existence substantielle est en réalité relativement récente (elle est liée aux totalitarismes de facto des Etats-Nations modernes). Même de grands empires comme ceux issus du Néolithique (et dont Rome est un des derniers exemplaires) tiennent essentiellement par la contrainte militaire ou par la hiérarchie religieuse et aristocratique, et non par « la conscience collective ». Ce sont des assemblages contraints par force –ce que Durkheim reconnaît tout de même comme solidarité mécanique, mais en en réservant plutôt la détermination aux formations « primitives », ce qui est une erreur manifeste- qui laissent toujours subsister en eux-mêmes et sur leurs périphéries des socialités autonomes et agonistiques. Celles-ci n’attendent qu’un moment de faiblesse de ces grandes dictatures pour s’émanciper et jouer leur propre carte politique.  Il n’en va pas de même de la « société » actuelle, préparée, construite et verrouillée dans les laboratoires du nationalisme et de l’étatisme, et qui, si elle devait se démanteler sous les coups d’une crise économique ou d’une invasion, ne serait absolument pas susceptible de laisser place à des foisonnements de groupes, mais resterait pour ainsi dire passivement disponible à une remise en marche sous contrôle extérieur. Celui-ci ne tarderait pas à son tour à être absorbé dans le fonctionnement global de ladite « société ». Ce fait, absolument flagrant, n’a pourtant pas été relevé significativement par les historiens professionnels reconnus. Il s’établit pourtant avec évidence  à l’occasion des derniers conflits mondiaux qui n’ont pas pu, sauf  situation locale « fossile » (comme les Balkans ou le Caucase) modifier durablement les structures consolidées : les ennemis vaincus ont même été priés de reconstituer rapidement leur propre société (Allemagne, Italie, Japon) afin de tenir leur rang dans le « concert des Nations ». Même momentanément défaite par le conflit, la « société des nations » s’est ainsi imposée, et avec elle la quintessence de ce qu’on nomme aujourd’hui société : la totalité d’une population érigée en Etat, et imposant sa parfaite dictature à chacun de ses membres.        <br />
              <br />
       Pour que cette dictature  du peuple fonctionne, ce qu’on nomme les médias est une institution indispensable, voire centrale et fondamentale. En effet, pour que la fiction du « peuple » puisse s’imposer, il faut que « l’opinion » puisse se donner à voir, et prouver sa propre existence comme émanation de ce « peuple ». De même la « culture » produit une diversité d’objets qui, liés les uns aux autres par le commentaire, forme un film de connivences, d’échanges, de création de traditions orales et imaginaires qui conforte la « réalité » de la totalité sociale. Pour éviter les risques de fragmentation ou de dispersion –pourtant très éloignés- des appareils fonctionnent en permanence pour fabriquer de l’unité : systèmes scolaire et université, système juridique, et surtout marché des emplois et des affectations.       <br />
              <br />
       Ce qui n’est rien d’autre qu’un modèle fictif, mais correspondant à certaines possibilités historiques, et surtout à la convergence d’intérêts de toutes les classes et groupes qui vivent de ce « marché commun » des esprits et des corps, est devenu une sorte de réalité, de « fait social ».  Or, une fois bien rodé dans la limite protectrice de la frontière nationale, ce modèle commence à se constituer au niveau mondial, le seul proprement incontestable : une planète, une humanité, une économie, etc.  Nous assistons à sa mise sur pied, alors que la mentalité nécessaire à son accomplissement est déjà largement «acquise ». En un sens, l’objet réel et unique de la sociologie, pressenti à son corps défendant par Marcel Mauss, est le « phénomène social total », réellement total : la société des êtres humains « planétisés ».       <br />
       Rétroactivement, nous pouvons considérer que là était l’unique but des « formations sociétales » plus petites et en compétition apparente (ou ponctuellement réelle).       <br />
              <br />
       Or, la planétisation qui réalise le concept de société humaine, au sens où il est probable que, dans l’action des protagonistes visant un idéal, il n’ait jamais existé qu’une seule société (même lorsque leur groupement, étudié par les ethnographes, semble petit, isolé, et sujet à des conflits permanents avec les voisins), demeure une pure fiction, et une fiction qui doit s’imposer contre d’autres, qui lui sont hostiles. En ce sens, les sociologues qui se croient mandatés par la science pour décrire la réalité, ne décrivent en réalité que le fantasme qu’ils partagent avec leurs congénères : fantasme d’un unique « machin » recouvrant et absorbant tous ses « membres », leur inspirant chaque mot et chaque acte.  Et ce qui est frappant, c’est que le moment même de la réalisation effective de cet idéal de contrôle global extrêmement ancien correspond à une telle exagération de ses caractéristiques, qu’il risque aussi d’être le moment de sa démystification et de sa destruction.       <br />
              <br />
       Pour dire les choses clairement : il est possible que l’objet des sociologues –la société – soit vouée à la destruction du fait que, se trouvant enfin réalisée après des milliers d’années d’histoire « post-néolithique », elle laisse alors apparaître sans fard sa raison d’être unique –permettre à des classes spéciales de profiter de la mobilisation de l’immense masse  rassemblée sous leur houlette-. De sorte que la prophétie marxiste doit être doublement inversée. Première inversion : ce n’est pas le communisme qui invente la société mondiale coextensive à l’humanité ; c’est au contraire cette dernière qui révèle combien sa propre réalité est liée à l’inégalité parmi les hommes. Deuxième inversion : ce constat ne conduit pas à finaliser « le communisme » comme société parfaite, d’où on aurait simplement « retiré » l’inégalité due aux classes, mais à opposer à cette société totale, une pluralité qui, enfin, laisse aux êtres humains une possibilité de « respirer ».        <br />
              <br />
       En un sens, le seul objet actuel et consistant d’une sociologie qui ne se veut pas totalitaire, c’est de suivre la destinée de destruction de la « société », et d’assister ou de témoigner de l’émergence d’une pluralité planétaire qui prendra sa place.        <br />
              <br />
       Notons bien que cette pluralité  ne revient pas à reconstituer artificiellement des « nations » ou des peuples  là où, de facto, il n’y en a plus qu’une (ou un). Mais elle consiste à créer les conditions institutionnelles de la liberté d’exister comme « groupe naturel » ou « groupe familier », y compris du point de vue de la production des moyens de vivre, ceci à l’intérieur d’une totalité réduite à la fonction de « champ conversationnel». Les classes exploiteuses (y compris les bureaucrates d’Etat) y sont supprimées du seul fait que soit garantie la possibilité d’une autonomie du monde de vie. Il reste, évidemment, une certaine réalité (mais diminuée et partialisée) à la sphère sociétale, mais elle consiste en résultante d’un pacte entre groupes autonomes, et qui ne remet jamais en question leur liberté. Ce pacte donne lieu, évidemment, à l’ équivalent d’un « service commun », mais celui-ci se trouve toujours contrôlé par les groupes de vie, et, d’autre part, il est lui-même divisé selon certains principes anthropologiques concernant les grandes « variantes de l’homme », à savoir les dimensions primordiales de la pluralité : ainsi les « gens des villes », « des campagnes », de la « nature », ou de la « culture », occupent-ils dans cette perspective des espaces-temps différents dont aucun ne peut prétendre comme aujourd’hui imposer leur  souveraineté partielle aux autres, et réciproquement.  La sociologie, dans cette visée du futur, se doit d’étudier comme un objet réel la capacité de chaque dimension anthropologique à devenir une «société », bien que dans un sens radicalement relatif aux autres et à leur perennité.  Alors qu’aujourd’hui, l’institution globale tendant  à tout saisir en elle-même, la sociologie en est réduite à étudier ces formes d’absorption, et à faire admettre comme éternel et universel le « fait sociétal ».       <br />
              <br />
       Le premier postulat d’une telle sociologie relativiste (ou pluraliste) est que la totalité comme forme sociale est à la fois une tendance humaine irrépressible (pour des raisons en partie non sociologiques) et une pathologie sociale inhumaine. Surtout, quel que soit le jugement de valeur qu’on porte sur elle, elle n’est pas –et de loin- la seule possibilité de lien social offerte aux êtres humains. Il en existe d’autres, caractérisés par la limite de souveraineté, la pluralité, la division des domaines, la séparation des dimensions, l’autonomie des groupements communautaires ou sociaux.       <br />
              <br />
       La question de la dérive vers une langue unique (l’anglais international) permettant l’intercompréhension globale en soulève une autre : est-ce que la pluralité est possible dans ce cadre ?  Nous n’avons pas de réponse à cela, mais il est, en revanche, certain, que l’actuelle résistance des langues n’est pas une garantie pour une réelle pluralité. En effet, d’une part, chacune d’elle correspond à une entité homologue, à une globalité « miniature » qui reprend en son sein les problématiques de la globalité « globale ». Il existe un parallélisme grandissant qui rend d’ailleurs les langues toujours plus traductibles entre elles, et modifie la nature de leur diversité dans le sens de la globalité.  En revanche, même si l’anglais international triomphe à certains niveaux d’unification culturelle, on pourrait supposer que sa « redivision » dans des expériences quotidiennes structurellement différentes sur le long terme peut produire une pluralisation plus profonde : les structures de la langue commune restent en apparence les mêmes, mais les domaines d’expérience séparés ne tardent pas à construire des « parlers » qui doivent à nouveau être traduits sur la base d’une transmission interpersonnelle des expériences. On ne peut non plus éliminer l’hypothèse que des affinités se manifestent entre langues et fonctions : un peu comme dans le Rome tardive, le grec était parlé pour la culture, et le latin pour les questions juridiques.       <br />
              <br />
       Voir aussi l'article:manuel d'antisociologie
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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   <title>Frankenstein, le Loup-Garou, Hulk : une époque marquée par l'inquiétude de l'ambivalence de l'homme / Frankenstein, the Werewolf, Hulk : an era marked by anxiety about the ambivalence of Man</title>
   <pubDate>Fri, 17 Jul 2009 23:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Histoire d'un chercheur / a researcher's story]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
      
   Since Mary Shelley, the fact that Good can turn into Evil and that human reason can turn into insanity has become a serious concern. Denis Duclos' work on the dangers of social passion and the risks attached to reason is bearing witness to this recurring anguish . It aims at showing the ambivalence of the "Societal" as a condition to politics and at the same time creating the most dangerous pathologies in Man to harm himself and nature. If the "Societal" is at stake - less as a conversation than as a "globality" - then plurality becomes an unavoidable object of reflection. Depuis Mary Shelley, on s'inquiète du fait que le bien peut s'inverser en mal, et que la raison humaine peut se révéler la pire des folies. Le travail de Denis Duclos (sur les dangers de la folie comme sur les risques de la raison) est un "passage de témoin" quand à cette angoisse d'époque. Il vise au fond, et en fin de compte, l'ambivalence du Sociétal à la fois comme condition de la politique et comme organisation des pathologies les plus irréversibles de l'homme sur lui-même et la nature. Et si le Sociétal est en cause -moins comme rationalité que comme globalité-, alors la Pluralité devient un objet de réflexion inévitable. 
  
 Pour Hobbes, l'homme était un loup pour l'homme. Pour nos contemporains, l'homme (comme société globale) peut se révéler à la fois indispensable et catastrophique pour chaque homme. Il faut prendre acte de ce déplacement sémantique considérable. Le travail de Denis Duclos est un cheminement sur cette ligne de fracture en mouvement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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              <br />
       Pour Hobbes, l'homme était un loup pour l'homme. Pour nos contemporains, l'homme (comme société globale) peut se révéler à la fois indispensable et catastrophique pour chaque homme. Il faut prendre acte de ce déplacement sémantique considérable. Le travail de Denis Duclos est un cheminement sur cette ligne de fracture en mouvement.
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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   <title>Inactualité de Marx : la limitation du Sociétal par les mondes de vie / Non-actuality of Marx : limitation of Societal intrusion by Lifeworlds</title>
   <pubDate>Mon, 13 Jul 2009 15:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Papers, réflexions, interventions, réactions, propositions... / papers, reflections, reactions, interventions, proposals]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Marx was a great thinker, able to release the true unity of societal dimension from the fetishism of the commodity : work. But the speed of capitalism evolution has transformed today the task of the intellectuals. We must understand that behind the fetishism of societal work (and its computerised version) another truth emerges : the Societal world will never be able to repay with  work or service  the lifeworlds  for the part of lifetime it has borrowed from them.   Marx fut un grand penseur, capable de dégager la véritable unité du Sociétal derrière le fétichisme de la marchandise : le travail. Mais la rapidité des évolutions du capitalisme transforme aujourd'hui la tâche de l'intellectuel : nous devons voir que derrière le fétichisme du travail sociétal (et sa version informatisée) se profile une autre vérité. Celle que le Sociétal ne pourra jamais rembourser par du travail ou du service le temps de vie qu'il prend aux mondes de vie familiers. Les grandes turbulences actuelles de la valeur n'expriment pas seulement la baisse tendancielle du taux de profit, mais l'hésitation de plus en plus souffrante entre les séductions qu'offre le Sociétal et la seule valeur fondamentale de l'humain : l'ensemble non calculable des agréments et des affects liés à son monde de vie. Cette hésitation exprime elle-même une vérité encore cachée : que la séduction technologique 'représentant la forme actuelle de la séduction du Sociétal, (tout comme l'organisation militaro-civile représentait la séduction de la civilisation antique) atteint nécessairement une limite. Il est possible que dans la phase à venir la révolte et la résistance des mondes de vie conduisent à exiger du sociétal un remboursement plus direct de sa dette envers nous : en termes de temps libre, d'autoproduction et surtout d'arrêt des mobilisations agressives qui ne peuvent plus être justifiées ni par l'existence d'un ennemi extérieur, ni par l'invention d'un ennemi intérieur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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   <title>La religion complotiste et sa tendance totalisante invasive : conspiracy as a religion : its invasive and globalizing tendency</title>
   <pubDate>Sat, 11 Jul 2009 01:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Papers, réflexions, interventions, réactions, propositions... / papers, reflections, reactions, interventions, proposals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   An extraordinary phenomenon remains the strong tendency from individuals and impassioned groups to deny reality  for a hidden purpose. It is important to study this syndrome of the "sign tracker", not as a psychiatric category (paranoid tendency) but as an indication of the absolute certainty of any collective or individual views based on pre-positionned stands. We will explain why we refute this substitutive belief, not because any of these facts cannot be proven, but because the obsession of finding clues mobilizes  all cerebral and relational activities. And this mobilization is in contradiction with the time used by reasonable politics and family life. Un phénomène extraordinaire demeure la tendance forte de personnes et de groupes passionnels à nier la réalité tout en y substituant une vérité cachée. Il est important d'étudier ce syndrôme du "pisteur de signes", non pas parce qu'il relèverait d'une catégorisation psychiatrique (tendance paranoïde) mais parce qu'il témoigne du caractère de "certitude" indestituable de toute passion, de tout discours collectif et individuel organisé autour d'une posture dans la vie. Nous expliquerons pourquoi nous nous refusons à ces croyances de substitution, non parce que tel ou tel fait ne pourrait pas être "prouvé" mais parce que l'obsession de la preuve mobilise toute l'activité cérébrale et relationnelle. Et cette mobilisation est contradictoire avec l'occupation du temps par la politique raisonnable et par la vie avec les siens.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      Un phénomène extraordinaire demeure la tendance forte de personnes et de groupes passionnels à nier la réalité tout en y substituant une vérité cachée. Il est important d'étudier ce syndrôme du &quot;pisteur de signes&quot;, non pas parce qu'il relèverait d'une catégorisation psychiatrique (tendance paranoïde) mais parce qu'il témoigne du caractère de &quot;certitude&quot; indestituable de toute passion, de tout discours collectif et individuel organisé autour d'une posture dans la vie. Nous expliquerons pourquoi nous nous refusons à ces croyances de substitution, non parce que tel ou tel fait ne pourrait pas être &quot;prouvé&quot; mais parce que l'obsession de la preuve mobilise toute l'activité cérébrale et relationnelle. Et cette mobilisation est contradictoire avec l'occupation du temps par la politique raisonnable et par la vie avec les siens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le thème de la "grippe manipulée" : comment nous attribuons "aux Autres" nos propres fantasmes meurtriers</b></div>
     <div>
      Nous commencerons, pour bien nous faire comprendre, par faire aux autres ce que nous ne voulons pas qu'ils nous fassent : leur attribuer les pires intentions, et les désigner à la vindicte publique.        <br />
       Par exemple, il serait facile de procéder &quot;à la façon&quot; des pisteurs de complot, en rapprochant les faits suivants : c'est une 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Un phénomène extraordinaire demeure la tendance forte de personnes et de groupes passionnels à nier la réalité tout en y substituant une vérité cachée. Il est important d'étudier ce syndrôme du "pisteur de signes", non pas parce qu'il relèverait d'une catégorisation psychiatrique (tendance paranoïde) mais parce qu'il témoigne du caractère de "certitude" indestituable de toute passion, de tout discours collectif et individuel organisé autour d'une posture dans la vie. Nous expliquerons pourquoi nous nous refusons à ces croyances de substitution, non parce que tel ou tel fait ne pourrait pas être "prouvé" mais parce que l'obsession de la preuve mobilise toute l'activité cérébrale et relationnelle. Et cette mobilisation est contradictoire avec l'occupation du temps par la politique raisonnable et par la vie avec les siens.]]></itunes:summary>
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   <title>Les paradoxes de la mondialisation politique / Paradoxes of the political globalization</title>
   <pubDate>Fri, 10 Jul 2009 09:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Papers, réflexions, interventions, réactions, propositions... / papers, reflections, reactions, interventions, proposals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sphere of management and sphere of knowledge (noosphere) are merging beyond capitalist  turbulences. Progressively, they form a new natural environment for the familiar world, relatively safe from any particular (poltical or economic) intrusion. The familiar world could then rebuild its own values ( friendship, social interaction, enjoyment of life, etc.) far from the rat race, which  would become less and less recognized as carrying any worth. Gestiosphère et noosphère sont en train de se fondre, au delà des bouffées capitalistes. Ce faisant elles forment progressivement un "ciel" naturalisé, situé à une certaine distance régularisée, lissée, vis-à-vis du monde familier. Ce dernier pourra alors envisager de reconstruire ses propres valeurs (amitié, convivialité, "long fleuve tranquille", etc.), au plus loin des systèmes de course du rat, de moins en moins intéressants ou reconnus.  Ce retour sur soi, laissant les derniers "coureurs" solitaires sur leur piste de suicide dans l'illimité (anomie du capitalisme ou de la technobureaucratie), peut aussi favoriser la pluralité, car il existe plusieurs façons de vivre le familier, entre singularité et civilité. 
 En quelque sorte, le verrouillage des clefs de voûte du système global sur ses propres valeurs de gestion "grise" protège paradoxalement une certaine "libération" du Familier qui se trouve désormais en mesure de renoncer aux hystéries hiérarchistes (toujours plus haut au dessus de la tête des autres), pour s'accepter enfin comme telle. Les passionnés du pouvoir continueront leurs terribles croisades, mais recruteront moins de gens. Leurs yeux seront toujours aussi fous, leurs mâchoires aussi serrées, leurs doigts aussi pointés, leurs âmes aussi concentrées sur la volonté d'asservir et de torturer (il n'est que de regarder le trombinoscope des prélats de Mgr Lefebvre pour se souvenir de ce qu'ont eu à subir les peuples lorsqu'ils suivaient de telles personnalités). Mais ils le feront entre eux, sans réussir cette fois à entraîner dans le malheur des millions d'êtres humains terrorisés. 
  
  
 (Libres propos théoriques en conduisant au milieu des chauffards st-luciens) 
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       En quelque sorte, le verrouillage des clefs de voûte du système global sur ses propres valeurs de gestion &quot;grise&quot; protège paradoxalement une certaine &quot;libération&quot; du Familier qui se trouve désormais en mesure de renoncer aux hystéries hiérarchistes (toujours plus haut au dessus de la tête des autres), pour s'accepter enfin comme telle. Les passionnés du pouvoir continueront leurs terribles croisades, mais recruteront moins de gens. Leurs yeux seront toujours aussi fous, leurs mâchoires aussi serrées, leurs doigts aussi pointés, leurs âmes aussi concentrées sur la volonté d'asservir et de torturer (il n'est que de regarder le trombinoscope des prélats de Mgr Lefebvre pour se souvenir de ce qu'ont eu à subir les peuples lorsqu'ils suivaient de telles personnalités). Mais ils le feront entre eux, sans réussir cette fois à entraîner dans le malheur des millions d'êtres humains terrorisés.       <br />
              <br />
              <br />
       (Libres propos théoriques en conduisant au milieu des chauffards st-luciens)       <br />
       
     </div>
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Gestiosphère et noosphère sont en train de se fondre, au delà des bouffées capitalistes. Ce faisant elles forment progressivement un "ciel" naturalisé, situé à une certaine distance régularisée, lissée, vis-à-vis du monde familier. Ce dernier pourra alors envisager de reconstruire ses propres valeurs (amitié, convivialité, "long fleuve tranquille", etc.), au plus loin des systèmes de course du rat, de moins en moins intéressants ou reconnus. Ce retour sur soi, laissant les derniers "coureurs" solitaires sur leur piste de suicide dans l'illimité (anomie du capitalisme ou de la technobureaucratie), peut aussi favoriser la pluralité, car il existe plusieurs façons de vivre le familier, entre singularité et civilité. En quelque sorte, le verrouillage des clefs de voûte du système global sur ses propres valeurs de gestion "grise" protège paradoxalement une certaine "libération" du Familier qui se trouve désormais en mesure de renoncer aux hystéries hiérarchistes (toujours plus haut au dessus de la tête des autres), pour s'accepter enfin comme telle. Les passionnés du pouvoir continueront leurs terribles croisades, mais recruteront moins de gens. Leurs yeux seront toujours aussi fous, leurs mâchoires aussi serrées, leurs doigts aussi pointés, leurs âmes aussi concentrées sur la volonté d'asservir et de torturer (il n'est que de regarder le trombinoscope des prélats de Mgr Lefebvre pour se souvenir de ce qu'ont eu à subir les peuples lorsqu'ils suivaient de telles personnalités). Mais ils le feront entre eux, sans réussir cette fois à entraîner dans le malheur des millions d'êtres humains terrorisés.  (Libres propos théoriques en conduisant au milieu des chauffards st-luciens)]]></itunes:summary>
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   <title>Quand l'Un est danger, le Pluriel sauve (bilan de trente ans de recherches en sciences de l'homme)</title>
   <pubDate>Fri, 03 Jul 2009 18:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Denis Duclos</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Histoire d'un chercheur / a researcher's story]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis le début des années quatre-vingts, j'ai travaillé sur des objets en apparence aussi divers que l'accident dans la chimie ou le nucléaire, le meurtre en série, la conduite automobile en Europe, la civilité, la démocratie des passions, les sondages d'opinion ou la théorie de la conversation. Je souhaiterais montrer ici (dans quelques conférences audio) que, non seulement tous ces objets s'assemblent dans une unité problématique que je souhaite pertinente et consistante, mais encore qu'ils forment chacun des étapes nécessaires dans un raisonnement implicite, mais qui peut et doit être enfin explicité. Le risque est une notion aux relents technicistes. Mais on peut aussi l'envisager comme la version technique de la pathologie sociale. En ce cas, du côté des solutions, nous pourrions observer que celles qui font l'objet de redondance, sont au Risque (d'accident) ce que la pluralité est à la pathologie générée par l'Un (unitaire, unicitaire et unaire combinés). Pour faire comprendre aux techniciens (ou aux technophiles), le sens de ma recherche depuis des années, je travaillerai ici la métaphore comparant  la pluralité à la rendondance.  Je citerai pour mémoire l'accident récent de l'A 330  (1er Juin 2009) qui établit un lointain écho à l'accident canonique de la centrale nucléaire de Three Mile Island il y a presque exactement trente ans ( 28 mars 1979) , en ceci que dans les deux cas ce sont des systèmes secondaires d'information et de correction  centralisés qui ont joué un rôle important dans l'événement néfaste. Je suggère simplement qu'il serait intéressant de revenir sur le concept de "mode commun" (ou d'élimination de la redondance) établi par Charles Perrow, mais encore d'analyser si le "mode commun" n'est pas simplement la traduction systémicienne du refus politique et culturel de la pluralité.  
      <div><b>1. la comparaison entre Risque/Redondance et Pathologie Sociétale/Pluralité est-elle licite ?</b></div>
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      Le risque est une notion aux relents technicistes. Mais on peut aussi l'envisager comme la version technique de la pathologie sociale. En ce cas, du côté des solutions, nous pourrions observer que celles qui font l'objet de redondance, sont au Risque (d'accident) ce que la pluralité est à la pathologie générée par l'Un (unitaire, unicitaire et unaire combinés). Pour faire comprendre aux techniciens (ou aux technophiles), le sens de ma recherche depuis des années, je travaillerai ici la métaphore comparant  la pluralité à la rendondance.  Je citerai pour mémoire l'accident récent de l'A 330  (1er Juin 2009) qui établit un lointain écho à l'accident canonique de la centrale nucléaire de Three Mile Island il y a presque exactement trente ans ( 28 mars 1979) , en ceci que dans les deux cas ce sont des systèmes secondaires d'information et de correction  centralisés qui ont joué un rôle important dans l'événement néfaste. Je suggère simplement qu'il serait intéressant de revenir sur le concept de &quot;mode commun&quot; (ou d'élimination de la redondance) établi par Charles Perrow, mais encore d'analyser si le &quot;mode commun&quot; n'est pas simplement la traduction systémicienne du refus politique et culturel de la pluralité.        <br />
       
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     <div><b>2. Pensées et recherches en spirale pour établir la continuité d'un phénomène humain central : la pluralité comme régulateur ultime.</b></div>
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     <div style="position: relative;">Sociologue/anthropologue, Denis Duclos est directeur de recherche au CNRS, (Commission de Science Politique), Ses recherches portent sur les risques majeurs,  les peurs sociétales, la géo-anthropologie de la société-monde, l'anthropologie pluraliste</div>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Depuis le début des années quatre-vingts, j'ai travaillé sur des objets en apparence aussi divers que l'accident dans la chimie ou le nucléaire, le meurtre en série, la conduite automobile en Europe, la civilité, la démocratie des passions, le...]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Le risque est une notion aux relents technicistes. Mais on peut aussi l'envisager comme la version technique de la pathologie sociale. En ce cas, du côté des solutions, nous pourrions observer que celles qui font l'objet de redondance, sont au Risque (d'accident) ce que la pluralité est à la pathologie générée par l'Un (unitaire, unicitaire et unaire combinés). Pour faire comprendre aux techniciens (ou aux technophiles), le sens de ma recherche depuis des années, je travaillerai ici la métaphore comparant la pluralité à la rendondance. Je citerai pour mémoire l'accident récent de l'A 330 (1er Juin 2009) qui établit un lointain écho à l'accident canonique de la centrale nucléaire de Three Mile Island il y a presque exactement trente ans ( 28 mars 1979) , en ceci que dans les deux cas ce sont des systèmes secondaires d'information et de correction centralisés qui ont joué un rôle important dans l'événement néfaste. Je suggère simplement qu'il serait intéressant de revenir sur le concept de "mode commun" (ou d'élimination de la redondance) établi par Charles Perrow, mais encore d'analyser si le "mode commun" n'est pas simplement la traduction systémicienne du refus politique et culturel de la pluralité.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Denis Duclos</itunes:author>
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