Bien des disciplines n'ont pu s'instituer sur un chemin réellement "scientifique" (avec toute la charge de guillemets que cette prétention suppose) qu'en se révoltant contre elles-mêmes, en sortant des autoroutes construits par leurs prédécesseurs qui écrasaient tout sur leur passage, de toute la puissance de leurs mobilisations institutionnelles, et de toute la solidité des refoulements rendant leur critique impossible.
Après l'anti-psychiatrie (qui a sorti les Fous des forteresses asilaires), ou l'anti-psychanalyse qui, avec Lacan lui-même et sa "passe" a sorti les patients des pattes des "analystes patentés" (mais très tentés de capturer les vaches à lait), après la "critique de l'économie politique", qui, a hélas, été vite récupérée par l'économisme, je crois que nous en sommes là -bien tardivement- pour la sociologie. Et d'emblée, déclarons ceci : il n'existe aucune sociologie scientifique possible qui ne commencerait par une critique radicale de la société qui l'emploie, aucune sociologie sérieuse qui ne s'érigerait d'abord sur une affirmation "anti-sociétale" radicale.
Ni délinquant, ni anarchiste, ni misanthrope, ni moine, un anti-sociologue est simplement quelqu'un qui, ne voulant pas mourir totalement idiotisé par l'autrui collectif, et ne confondant pas les hommes avec l'homelette fusionnelle qu'on nomme aujourd'hui "espèce humaine", ou "société mondiale", désire poser clairement quelques principes d'optique sociale : on ne peut voir nettement le social qu'en s'en extrayant (imaginairement et expérimentalement, s'entend), de même que le meilleur point de vue pour étudier le mouvement d'un fleuve n'est pas le plus fort du courant, mais plutôt la berge.
Un "vrai" sociologue vous affirmera que rien ni personne n'échappe au social, au culturel, révélant dans cette insistance passionnée (et passionnelle) son caractère de militant totalitaire pour une religion où la société a remplacé Dieu. Encore que l'intérêt de Dieu, n'en déplaise à notre sympathique grand-prêtre Michel Onfray, c'était qu'il ne prétendait pas vivre le destin de sa créature à sa place : la liberté du sujet avait des fondements théologiques. D'accord, donc, pour un athéisme post-chrétien, à condition que l'A-Dieu qu'il institue ne soit pas pire que la fiction précédente : à savoir qu'il ne remplisse le petit château de l'âme de toutes sortes de contrôles a priori et a posteriori du bonheur, définissant absolument tout du sujet jouisseur et travailleur, voire de son orientation sexuelle.
Cependant, bien que nous ne disposions guère pour le moment que des figures de la liberté divine pour représenter la liberté humaine, le plus urgent est de reconnaître (voire de crééer) un "espace vide" où la fiction de la souveraineté individuelle puisse s'instituer, comme cheminement d'un devenir du "soi" parmi les êtres humains et dans la nature.
Autant dire que l'anti-sociologie n'est pas un projet facile, dès lors qu'elle refuse la voie royale ordinaire de la théologie, et notamment de la théologie durkheimienne prétendant remplacer la première, encore que le pauvre croyait bien faire face aux folies anti..dreyfusardes.
Il nous faut donc inventer un contre-dogme, en l'occurrence une contre...trinité (ce qu'avait déjà subodoré mon ami Dany-Robert Dufour) ou mieux, une tétralogie : nous définirons ainsi l'essence de la vie humaine, au delà de sa vie animale, comme un combat permanent entre quatre instances, irréductibles sans pathologie mortelle : le Sociétal, le Civil, le Familier et l'Individu.
Ces quatre vocables étant usés, abusés et constamment anamorphosés, autant les redéfinir complètement en eux-mêmes et dans leurs relations.
-Notons en préalable qu'ils représentent chacun des aspects de l'animalité humaine pré-parlante, qu'on trouve déjà chez les autres primates, mais que les modèles d'origine sont transposés, décalés et transformés par la nouvelle position qu'ils prennent dans la culture langagière (depuis quelques dizaines et peut-être centaines de milliers d'années).
-Ainsi le Sociétal "premier" est-il la limite extérieure de la socialité des primates, la surface de choc ou de contact que rencontrent de petits groupes familiers qui suffisent en grande partie à la vie et à la reproduction. Chez l'humain en conversation, il devient d'une part le mouvement d'intégration de groupes toujours plus grands dans la vie domestique, et d'autre part il modifie le familier en instituant ses propres catégories : la parenté naturelle, par exemple, (pour un peu carrément niée par nombre d' anthropologues) est largement remaniée voire réinventée par le Sociétal comme premier objet du Politique.
-Le Familier (tout comme le Sociétal) a incontestablement une origine biologique, au sens d'une histoire spécifique filtrant les échanges génétiques généralisés et produisant les principaux attachements vitaux des individus. Mais avec l'institution progressive d'un Sociétal plus englobant et structurant, le Familier devient, dans son essence, une forme de résistance vitale à la mobilisation générale. Pendant longtemps, il a été l'instrument direct du Sociétal, au détriment de sa puissance propre (celle de la convivialité, par exemple). Désormais en état de subordination fonctionnelle, cellule "de base" du Sociétal, il est en même temps souvent le dernier "refuge" d'un individu entièrement pris en charge "sociétalement". Le discours permanent sur la famille, et le rôle que les sociologues en vue jouent dans ce discours, ne fait que changer le Familier en chambre d'observation et de saisie des individus, à qui il ne reste parfois que le hall d'immeuble, entre deux caméras.
-L'individu, bête noire du sociologue classique (de Durkheim à Bourdieu), pour qui c'est toujours un uniforme qui parle à un autre uniforme, existe aussi chez les primates, même dans la recherche de la solitude. Mais chez l'homme parlant (Homo Fans), l'individu devient, à la place de l'image de soi dans le monde, l'objet d'une quête ardente et désespérée. L'individu en question –qui n'a rien à voir avec son homonyme, pantin de la théorie économique dite à tort libérale- n'est rien d'autre que la recherche de ce qui, "en soi" ne serait justement pas social, ni même familier, mais serait "soi". Ce désir, précisément construit comme rétroaction négative au bombardement du Sociétal, a beau être "utopique" (comme l'indique par exemple le harcèlement publicitaire se déplaçant dans tous les interstices possibles de la pratique d'Internet, en quête du "profil" de chacun d'entre nous), tout comme il est utopique de penser se débarrasser des moustiques ou des mouches, est néanmoins "suractivé" par la pression sociétale. Ce qui ne revient pas à dire que l'individu (mot qui est sans doute l'un des plus banals et les moins bien compris de tout notre vocabulaire) soit une pure création de la culture sociétale. Il s'agit bien d'une réalité, mais qui se trouve pour ainsi dire "forcée" à la poursuite de soi (au "souci de soi", aurait dit Michel Foucault) par la mortelle pression littéralement géo-logique (au sens d'une société planétaire) s'exerçant sur nos corps vivants et sur leurs capacités naturelles d'indépendance relative et d'autonomie. La liberté, thème bateau des philosophes et des théologiens, revient ainsi à l'âge de la sociothéologie, comme exigence de survie et en même temps auto-poiétique, autocréation.
J'ai assez conscience que faire admettre l'individu dans la considération sociologique (et même anti-sociologique) est une modalité défensive qui peut gêner les individus réels : ceux-ci ont surtout en effet besoin... qu'on ne les fasse surtout pas entrer comme catégories dans le discours commun, qui finit toujours pas des lois et par des inspecteurs qui frappent à la porte, au nom des meilleurs principes (par exemple écologiques). Il n'y a rien de plus exaspérant, par exemple, que de voir arriver un militant nudiste vous faire signer une pétition pour découper la côte sauvage en zones autorisées, lorsque par hasard, vous vous êtes mis à poil pour faire sécher votre slip. Rien ne sera dès lors plus fatal ni plus ironique, que de voir dans 50 ans des inspecteurs se réclamant de l'anti-sociologie venir importuner les individus parce qu'ils ne sont pas assez "autonomes" ! (De vastes nombres sévissent d'ailleurs déjà dans le "travail social", au nom de principes proches).
Mais c'est un paradoxe que j'assume en me disant (peut-être illusoirement) qu'un argumentaire de respect de la solitude (qui n'est ni l'isolement, ni le solipsisme, ni l'égoïsme, ni l'érémitisme, ni le monachisme, et qui, en fait, n'a pas encore de vrai contenu conceptuel), peut au moins éviter d'inciter nos inspecteurs et à nos militants à se précipiter trop vite, et à faire diversion, le temps que cette solitude magnifique trouve à se cacher encore plus profondément, à découvrir son silence adéquat.
-Le Civil et la civilité : c'est le domaine où l'être humain rencontre autrui hors du Familier mais également hors des surplombs des grandes institutions de la masse, nécessairement hiérarchiques. C'est le lieu de la politique par excellence : non pas celle de la gouvernance, vanité des vanités, mais celle des compromis entre les diverses instances, et cela grâce à une présence des personnes. C'est aussi le lieu de l'émergence des règles, et peut-être même de celle du langage, ou de la parole performative et constamment fondatrice.
-Un autre aspect de la justification du présent discours est qu'il est impossible de vivre LA solitude humaine (même en la débarrassant de tout attachement de fugueur, ou de toute nostalgie infantile) sans lui donner un sens qui résonne socialement : c'est là, d'ailleurs que réside toute la difficulté d'une anti-sociologie, qui soit aussi une anti-théologie, car un hédonisme qui se libère de la bulle de séductions commerciales du système-monde ne peut que se référer à une "libre jouissance" du sujet, telle que, jusque là, elle a été donnée par les mystiques en attribut de Dieu.
Que faire, donc ? Rien d'autre que parvenir à faire la place à l'individu comme quête de singularité et de solitude, même au risque qu'au bout de la perspective demeure ouverte la possibilité d'un téléologisme non pas religieux (forme de reddition au dogme sociétalisé), mais au moins poétique. Il faut que chacun respecte ce "lieu vide" de mots et de savoir préalable qui serait la fin (ou l’avant-commencement) du point de vue sur le monde que chacun constitue, ou, ce qui revient au même, du point de vue du monde sur lui-même via les personnes.
L'apeïron, l'ouvert, l'aventure, doit substituer son point d'interrogation aux certitudes dogmatiques de toutes les religions, alors que la sociologie durkheimienne ou non, comme participante d'un ensemble de savoirs sur les pratiques collectives, ne fait que contribuer à relayer le dogme religieux par un dogme sociétal. Pour permettre à la science d'être légitime et à la loi de ne pas étouffer la vie, le dernier mot, en somme, ne doit rester ni à la science, ni à la loi, mais à "l'apeïron". Or celui-ci, pour prolonger de manière nécessaire la formule de Popper sur les "sociétés ouvertes", ne se retrouve que dans des sociétés ouvertes... à la reconnaissance de l’aspect non sociétal de l'individu humain. Le seul point fondamental du programme anti-sociologique est donc une formule paradoxale : il s'agit d'admettre que le Sociétal et le Familier produisent, dans leur conflit avec l'individu,... de la singularité humaine, absolument non sociétale, mais aussi non sociale et non familière, absolument non partageable ni échangeable, et pourtant condition de tout partage et de tout échange. En effet, seule la fiction qu'il peut n'exister aucun lien fermant d'avance le champ des liens possibles (aucun ensemble de tous les ensembles humains) nous permet d'obtenir la liberté de remanier tout ensemble qui le prétendrait, implicitement ou non.
Une anti-sociologie est enfin partie prenante d'une anti-science de l'homme, dans la mesure même où ne resterait bientôt sur le ring scientifique, et avec toutes ses dents, que le personnage farouche du cognitiviste , dont la cognerie aveugle n'a d'égal que sa volonté de maintenir le dogme de la possible objectivation de l'homme par l'homme. Or cette objectivation, qui signifie simplement domination (sous l'angle stalinien lorsque Staline fit détruire l'école de Prague, ou sous l'angle étasunien, lorsque fut commandée à Alan Sokal la destruction par le rire de l'intelligentzia française, (structuraliste parce que déterminée à se défendre de la domination en délégitimant celle-ci) n'est qu'un rêve de robotisation de soi et d'autrui. On peut -et on doit- objectiver presque tout de l'homme, sauf le fait que pour être un scientifique humain, il faut parler à ses congénères, ce qui implique de ne pas les envisager comme des objets.
Et c'est ce que nous enseigne le début de l'anti-anthropologie : s'intéressant à l'épineuse question de l'origine du langage, elle redécouvre à chaque fois (la dernière en date étant celle de la re-trouvaille jorionienne de la connexion symétrique pré-aristotélicienne) qu'on ne peut entrer en parole en commençant par signaler ou par définir, mais seulement... en parlant. Ce qui veut dire que, tant que les moins méchants des cognes (itivistes) n'ont pas réussi à comprendre ce que veut dire John Langshaw Austin par "performatif", ni ce qu'il finit par entendre par là, à savoir n'importe quelle parole, ils ne sont pas mûrs pour abandonner ne serait-ce qu'une parcelle du ring des sciences humaines aux autres êtres humains, éventuellement plus pacifiques, et moins tenus par la passion de l'emprise. Or, tant que durera la dictature de la volonté de dominer en objectivant l’autre sur la scène de la science, celle-ci appartiendra à la technique et non à la culture, et nous serons voués à la gestion des populations et non à la démocratie pluraliste.
Par ailleurs, dans ce monde de la gestion comme pénultième avatar de la domination de chacun par le "TOUS" autoproclamé, inutile de dire que les chercheurs en sciences de l'homme et de la société ne sont que kapos ou des détenus du panoptisme universitaire cellularisé, des employés crétinisés d'un universel "Brazil" de la pensée, pas des savants inspirés par la noble liberté du savoir.
Anti-Sociology
Many disciplines have only been established on a sustainable "scientific" path (with all the quotes this contention implies) by rebelling against themselves, leaving the main highways, duly built by their predecessors who crushed everything on their passage, using the full power of their institutional mobilizations, and the solidity of self-repression making any criticism impossible.
After Anti-psychiatry (which released mad people from fortress-asylums), or Anti-psychoanalysis with Lacan himself trying to free analysands from greedy authoritarian "licensed analysts" by creating "the pass”, after Anti-economy, first invented by Marx (before having been rediscovered by Marc Guillaume in the eighties) but which has unfortunately been quickly exploited by main-stream economists, I think we are now at this point with late sociology. It is time to declare this with some solemnity : any possible scientific sociology should begin without a radical criticism of the society which is employing sociologists. No serious sociology could set itself up without claiming first to be radically "anti-societal".
Neither offender nor petty criminal or anarchist, misanthropist or monk, an anti-sociologist is simply someone who, not wanting to die completely zombified by gregarism, and not confusing mankind and people with the collective melting called "global society", wants to lay out some clear principles for a social perspective. In this regard, he or she must extract himself (herself) one moment from the flock in order to define different precise kinds of societal entities. Without extracting oneself from the confusing and not pre-defined stream (notionaly and experimentally, of course), how would it be possible to work out any pertinent definition of society ? Don’t we remember the heraclitean lesson ? : the best perspective to study the movement of a river is not the strongest current, but rather the bank (event if the bank will be moved on its turn, but on a slower pace).
A "real" sociologist will assure you that nothing and nobody escapes society or culture revealing in this impassioned insistence his (her) activism favouring a totalitarian society where the social fact has replaced God. Although God’s concern, whatever our nice high priest Michel Onfray has told us, was not pretending living the destiny of His creature in its place: the liberty of the subject had theological foundations. Okay, so, for a post-Christian atheism, provided that the “God-bye” it establishes is not worse than the previous fiction: namely, that it will not fill the “small castle of the soul” with all kinds of a priori controls and a posteriori happiness, defining absolutely everything about the Subject as a worker, a consumer as well as a sexed being.
However, as yet we can only represent human freedom with figures of divine freedom, a most urgent need is to recognize (or even to create) some metaphysical space where the fiction of individual sovereignty could be established as a path to become “oneself” among human beings and nature.
In other words, Anti-sociology is not an easy project, since it denies the usual practice of theology, including the Durkheimian one. So we must invent a cons-dogma, and in this case a cons ... plurality (that had already be sensed by my friend Dany-Robert Dufour). We’ll thus define the essence of human life (beyond its animal-life aspect), as an ongoing struggle between four irreconcilable instances : Societality, Civility, Familiarity and Individuality.
These four words being worn, abused and constantly anamorphized, it is worth to completely redefine themselves and their relationships.
–Let us note in the outset that each of them represent an aspect of the pre-talking human animality, and is already to be found in other primates; but the original models have been shifted and processed by the new position they take in a linguistic culture (for a few tens and perhaps hundreds of thousands years).
Thus, the "primitive" Societality is the outer limit of primates’sociality, the impact or contact surface encountered by small familiar groups that are in large part sufficient to life and reproduction. Among Humans in conversation, Societality, on one hand concerns the integration of ever larger groups in domestic life, and on the other hand, it alters Familiarity in establishing its own categories: natural kinship, for example, is negated, altered and recreated by society.
- Familiarity (like Societality) has unquestionably a biological origin, in the sense of a specific history filtering widespread genetic exchange and providing major vital attachments to individuals. With the gradual establishment of an inclusive and broader societal structure, Familiarity becomes, in essence, a form of vital resistance to general mobilization in war, work and consumption. For centuries it has been a direct instrument of Societality at the expense of its own power (the tribes, for example). Now in a state of functional subordination, a basic unit of Societality, Familiarity is also often the last "safe harbor" for a fully "societally" supported individual .The ongoing discourse on family and the role that sociologists play in this game, have changed Familiarity in an observation chamber and a mean of seizure of individuals, who are left only a shallow yard behind their building for privacy, and between two surveillance cameras.
-The individual, « bete noire » for most of classical sociologists (Durkheim to Bourdieu), to whom the person is mainly a uniform speaking to another uniform, also exists among primates, even in search of solitude. But in speaking-humanity (“Homo Fans”), the individual becomes, instead of denoting a notion of the “Self” in the world, the subject of a fierce and desperate search. The individual in question -which has nothing to do with its homonym, the puppet of the so-called “liberal economic theory” is nothing than the side of the "Self" which is supposed not to be social, or even familiar, but just… "self" . This desire, precisely constructed as a negative feedback against the Societal bombing on individuals, may well be "utopian" as it is utopian to think of getting rid of mosquitoes or flies (as shown, for example, by advertisements targeting at all possible interstices of the most intimate Internet practices). However, this urge for individuality is powerfully over-activated by the very societal pressure. This is not to say that the individual (probably one of the most mundane and least understood word of all our vocabulary) is a pure creation by societal culture. It is indeed a reality, but which is virtually "forced" to pursue the ideal of “oneselfness” ("caring for oneself," would say Michel Foucault) because of the literally “geo-logical” pressure that global society puts on our living bodies and on their natural abilities to act independently and autonomously. Liberty, this commonplace theme in philosophy and theology, thus comes back at the age of sociotheology, as a requirement for survival and self-creation.
I quite realize that bringing people into sociological (and even anti-sociological) consideration is a defensive mode that can interfere with real people: indeed, they chiefly need not to be registered as categories of a common discourse, which always ends with laws and inspectors knocking at their door, on behalf of the best principles (eg green ones). There is nothing more exasperating, for example, than to see a nudist militant trying to make you sign a petition to cut the wild coast into authorized areas, where by chance, you got naked just to dry your underwear. Nothing would therefore be more fatal or more ironic than seeing, tomorrow or in 50 years, inspectors claiming anti-sociology coming to annoy people because they will not be sufficiently "independent"! (Large numbers are already rampant in "social work" on behalf of nearby principles).
But it is a paradox that I accept, saying (perhaps deceptively) that arguing in favour of loneliness (which is neither isolation nor solipsism, nor selfishness, eremitism, or monasticism, and in fact does not yet find its conceptual content), can at least avoid encouraging our inspectors and our supporters to rush too quickly, and as a diversion, can give time for this wonderful solitude to hide even deeper, and to discover its proper silence.
-Civility: it is the area where humans meet others outside Familiarity, but also outside large overhanging institutions, necessarily hierarchical. This is the place of Politics “ par excellence”: not governance, but Politics that compromise between various bodies, thanks to the presence of “real” persons (that is living beings deeply engaged in performing their characters). It is also the place where rules are emerging or dying. Maybe it represents the “felicity condition” context, through which performative speeches acts are constantly refounding humanity.
Another way to justify the position we hold here, is that it is impossible to experience human loneliness (even by getting rid of all childhood nostalgia) without giving it a meaning that socially resonates. Here lies a special difficulty of Anti-sociology : it must also become an anti-theology because when it comes to free oneself from the bubble of commercial enticements by the world-system, we can only refer to a "free enjoyment" of the Subject, as it has been given until then, to a few mystiques as a gift from God.
What then? Nothing but opening a legitimate territory to the poetic quest for individuality and loneliness, even at the risk of non religious teleology (which is a form of surrender to societal dogma). Everyone must respect this 'empty' topos where words and prior knowledge are not mandatory, and where ends and begins the very point of view on the world that is everyone as a social being, or, equivalently, from the perspective of the world on itself via people. Openness, adventure, should substitute their question marks to the dogmatic certainties of all religions, while sociology, as a participant in collective practices, only contributes to replace religious dogma by societal dogma. To allow science to be legitimate and the law not to stifle life, the last word, in short, should neither be uttered by science nor law, but by "apeiron” (Openness). But this, in order to apply the Popperian formula on “open societies”, must necessarily be extended to ... the recognition of the non-societal part of each individual human. The only fundamental point of Anti-sociological program is then paradoxical: it is to admit that Societality is shaping and informing Familiarity, while, at the same time “pushing” each individual to act as if he (or her) was totally free not to enter in the magic circle, and to choose, without any constraint, to confront chaos and non significant reality.
An anti-sociology is also involved in an Anti-Human Science, as far as the new cop-gnitivist human-scientist character claims to remain undefeated and with all his teeth on the scientific ring, his fierce hatred against “bloody post-modernists” being matched only by his desire to maintain the dogma of the free objectification of man by man.
But this objectification is only a dream of robotizing oneself and others. It simply means ruling without any contest : like, in stalinian terms, when Stalin ordered to blast the Prague School, or in American terms, when Alan Sokal was supported to pull the French structuralist intelligentsia to pieces, just because the latter were determined to defend themselves from dominion by delegitimizing it on the field of science…
We can and we must objectify almost all aspects of man, except the fact that to be a scientific man, one must talk to one’s congeners, which means not seeing them as objects. And that is what teaches us a beginning anti-anthropology, which, focusing on the thorny question of the origin of language, rediscovers each time (the latest being the jorionian re-detection of pre-Aristotelian symmetric connection) that we cannot enter speech by starting to define or signal anything or anyone, but only ...by speaking.
This means that, as long as the least evil cop-gnitivist fails to understand what John Langshaw Austin meant by "performative" or what he was ultimately meaning, that is any speech act is a performance, the global gang of cognitivists are not ready to give not even a tiny plot of the human sciences territory to humans beings. And if so, as long will last a strong will to dominate the scene of science by objectifying people, this scene will not be stylized by culture but only operated by technology, and we then will be committed to population management and not to pluralist democracy.