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Qu'est ce que la Géo-Anthropologie ? Qu'est-ce que l'anthropologie pluraliste ?


Assujettis à la Reconnaissance : Hegel, Lacan... et la poursuite (pluraliste) du chemin vers la liberté

Nous ne pouvons vivre sans être reconnus. Mais, reconnus seulement comme des signifiants, nous oscillons entre le néant de réalité qu'est le symbole et sa totalisation. Il nous faut donc une place pour trouver la paix. Mais le symbolique nous trouble par son défilement, son ambiguité, son inconsistance ou sa rigidité. Nous en restons tous névrosés (pour ceux qui n'y sont pas transfixés comme "psychotiques"). Reconnus seulement symboliquement, nous sommes aussi guettés par la constante tentative des sociétés de s'emparer de la langue et du parler. Le chemin de liberté est donc difficile, précaire, souvent invisible.
Une certaine distance entre deux pôles nous permet d'éviter à la fois de sombrer dans la dialectique sociologique du maître et de l'esclave, et dans le malaise métaphysique du Tout et du Néant. Ce chemin, à peine esquissé ou repéré par Lacan après Freud, c'est celui d'une place seulement déterminée par la conjonction entre Familiarité (ancrée en nature) et Singularité du sujet du symbolique (ancrée dans l'indétermination de la place de chaque Un). Il s'agit d'une résistance de la psychanalyse au surmoi sociétal,mais aussi d'une résistance à une certaine psychanalyse comme religiosité et comme académisme.
Pour le dire autrement: la métaphore paternelle -signifiant zéro des "rapports" humains qui libère des significations empiriques pour permettre la symbolisation- est paradoxale : elle ne réalise sa fonction de permettre une place reconnue à chacun qu'au prix que ce soit une place semblable pour chacun. Pris dans le sens de la mesure comptable, cette loi qui garantit les places garantit aussi la réduction des sujets à l'unité de compte.
Ceci est aussi insupportable pour notre besoin de reconnaissance que la guerre entre frères pour devenir le père tout puissant. Or ce paradoxe, Freud et Lacan en détiennent chacun un morceau, sans qu'on ait vraiment depuis songé à les assembler : Freud a été obsédé par la récurrence du meurtre du père, au point de finir par constater que l'antisémitisme tueur de juifs (et l'obligeant à s'exiler en Angleterre) en était une pénultième résurgence. Lacan a été obsédé par le côté automatique (et informatique avant l'heure) de la loi symbolique des lignages, qui, à l'instar de de la chaîne de Markov, conserve une place en la déplaçant, sans se préoccuper de son contenu. Mais que cet automatisme protecteur de la métaphore paternelle soit aussi ce qui donne récurrence au meurtre du père, et ce d'autant plus que la société dissout la différence de contenus entre le Père et le Fils (ce que la tradition occidentale opère par le christianisme), voila qui semble lui avoir échappé, tout fasciné qu'il était finalement par les mathèmes.Comment continuer la métaphore paternelle pour qu'elle ne se recourbe pas en métonymie d'une domination intégrale de la totalité sur l'infime individualité ? On doit lui rendre un contenu, un corps, ou plutôt puisqu'elle n'a jamais cessé d'en avoir, lui trouver un corps adapté à l'époque. L'égalité entre les citoyens rendus abstraits ne suffit plus, pour incarner la forme moderne du père comme place de chacun, séparée par de l'attente . La pluralité des façons de vivre ensemble peut lui rendre un contenu : car cette pluralité représente (comme signifiant de base de la société-monde supportable et soutenable ) le principe même du respect de la singularité comme autonomie et comme différence. Ne nous contentons plus d'aimer notre prochain comme nous-même : aimons aussi notre lointain , notre différent, notre étranger en lui-même. Ce n'est qu'un des nombreux préceptes qui indiquent que ce qui doit désormais nous séparer du fusionnalisme psychotisant, c'est moins la lignée des pères que le père comme "autre culture".
Effort considérable s'il en est, et qui, certainement, comportera un reste mortel ! Mais ici la culpabilité et son pardon
peuvent se satisfaire du fait qu'en respectant dans toute sa puissance d'existence l'autre façon d'exister.... nous
agressons aussi beaucoup moins nature et culture qu'en les emportant dans un discours unique. Pour une raison simple : respecter substantiellement une façon de vivre différente implique de limiter notre croissance et de ne pas envahir le territoire de transhumance ou de convivialité de l'autre. Nous ne pouvons être limités que par la pluralité.
Dans cette "solution", psychisme et environnement peuvent donc se concilier, et cela de façon politique et laïque. Sans la pluralité, au contraire, l'éco-religion risque de reprendre et de transposer simplement le mécanisme du meurtre du père et de la gestion de sa culpabilité projetée en agressivité.



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Samedi 25 Février 2012 - 13:04
Mardi 28 Février 2012 - 00:28
Denis Duclos
Lu 885 fois


1.Posté par Debra le 27/11/2012 16:21

Hmmm...
Lots here that I have a hard time sinking my teeth into, and I am not sure that I understand everything, either.
There is a fantastic black hole in this text (from my analytic perspective...).
Where is Woman ?
What.. black hole did SHE sink into ? (Ladies running around with tasers, and wearing BOOTS and army fatigues do not qualify for the "she" pronoun in my vocabulary either...perhaps we need to invent another pronoun for these.. mutants ? Like the witches in "Macbeth" ? English has the advantage over French of being able to say... "it" and "they")
Without woman to act as.. copula ? intermediary ? father and son are drawn into the same configuration as Eteocles and Polyneice, and that is not very conducive to life.
Perhaps the black hole that Woman sinks into has something to do with the structure of Judaïsm ?
I believe that Judaïsm organizes human experience according to a distinctive opposition in which woman's place is on the private stage, not the public one, and the home is woman's domain. This.. private aspect of the Jewish experience must necessarily remain... in the shadows in order to underpin the world, and hold it up. Outside... the academic ?wrangling about what such and such means, for example. Inside... the ceremonies, the ritual, and practice which are essential to Judaïsm, but which cannot remain.. private if they receive unwanted.. PUBLICity.
I take it that the paternal metaphor has ceded terrain to a... maternal metonymy in your formulation ? Right ?
Displaced feminine, from my perspective.
I think that we do not at all agree on equality, or egalitarianism though.
For me... it is the symptom of creeping maternal metonymy. (In the end... when you are on all the scenes, you are.. nowhere at all. The body is not.. ubiquitous...)
For instance...
Mozart's D minor Fantasy for pianoforte ? is divided into two radically different parts, one in minor key, the other in major.
2/3 of the way through the tortured, chromatic minor part, there is a long, chromatic scale starting with A, and going up two octaves.
Theoretically, the chromatic scale is.. interesting. On a well tempered keyboard, what characterizes the chromatic scale is that each successive note is.. equidistant. Pure... metonymy, you might say. The... equality of all of the notes taken in succession...
But... since there is no difference in intervals, chaos arises.
There is no... music. Very flat, and uninteresting. Our ears are attuned to picking out differences. We need them, we are starving for them.
2/3 of the way through the harmonic part in D major, with a few chromatisms thrown in, there is a two octave long scale starting on A too, but in D major, not chromatic.
And... it is music.
Restored... order. The intervals are not equidistant.
Whew. What a relief...
Think about the end of "Don Giovanni".. after Don Giovanni gets carted off by an imposing Commandeur for throwing a big, fat tantrum, there is a party (in D major...), and everybody celebrates.. the RESTORATION of order in the face of rampant... libertinage, in all senses of the word.
That myth still speaks to us, doesn't it ?
As well it should...
Too much liberty.. kills liberty.
Sigh.

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